#elle fait bien de la considérer comme ça d'accord
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e642 · 2 months ago
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J'écoutais un podcast d'une meuf qui parlait de ses expériences avec les hommes et elle mettait en exergue les nombreux désavantages à fréquenter un homme. À la fin, elle a conclu en disant "c'est pas vrai, les hommes n'aiment pas les femmes". Ça m'a fait réfléchir parce que moi aussi je me suis souvent fait cette remarque. Tout comme la remarque les femmes n'aiment pas vraiment les femmes. C'est vrai que quand je regarde mon passif avec les hommes et même quand je regarde autour de moi, que je me documente sur certains sujets, je me dis que les hommes aiment la projection de leur désir sur les femmes. Ils aiment ce qu'elles peuvent leur apporter, le désir qu'elles vont leur faire exprimer, l'idylle qu'ils pensent qu'une femme doit être, la possibilité de se sentir puissant, mais dans le fond.. si on parle d'un amour intrinsèque à la personne, je n'ai jamais eu l'impression que les hommes pouvaient aimer en ce sens. Contrairement aux femmes qui aiment elles de manière profonde et bien plus complète. Elles œuvrent pour un vrai confort mental, un respect parfois sans faille, un amour singulier et adéquat avec un reflet de leurs intentions. De plus, quand on voit l'avancée pitoyable des droits des femmes, du manque d'accès aux mêmes choses, mêmes traitements, mêmes vies, bloqués par les hommes avant tout, on peut se demander pourquoi ? Pourquoi prétendre aimer les femmes si au final, il n'y a aucune réelle conviction ni volonté de faire évoluer leur vie et leur bien-être ? En fait, la plupart ne veulent pas faire baisser leur image, droit, qualité de vie, en revanche, ils ne veulent pas l'augmenter non plus. L'inaction de tous les hommes, leur engouffrement récurrent dans des schémas que l'on sait toxiques, violents, sexistes, invisibilisants ne me fait pas me dire qu'ils ont des intentions louables à notre égard. J'ai plutôt l'impression qu'on est enfermées avec des hommes qui au mieux ne feront rien pour anéantir le peu de chose qu'on a, juste nous maintenir dans ça, et au pire, d'autres qui s'efforceront de récupérer chaque miette de privilèges pour finir d'assoir leur droits abusifs et restrictifs. Maintenant, la part de volontaire reste à déterminer mais il n'en reste pas moins certain que j'ai du mal à considérer leur amour avec de la valeur. Même le peu d'émotions qu'ils ont, ont un goût factice, perfide et persuasif. J'ai toujours ce sentiment désagréable de redevance, que si j'étais aimée par un homme, je lui devrais quelque chose. Presque lui dire merci de ne pas restreindre mon existence même s'il ne l'élève pas. Sûrement que je manque de critères et que je gagnerai à les rehausser mais qu'il resterait toujours ce moment où je me rendrais compte qu'il n'a aucune volonté d'être à mes côtés en étant mon égal et en prenant au sérieux les enjeux actuels. Si les hommes nous "aiment" de cette manière c'est parce qu'ils savent que sans leur action, leur aval presque, rien ne changera. Ça ne les culpabilise pas à échelle individuelle, ils nient même, mais finalement ils participent juste à l'emprisonnement des femmes. J'étais donc d'accord avec elle mais le constat m'angoisse à chaque fois.
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mista3833 · 1 year ago
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MA FILLE,MA VICTOIRE (2)
Je faisais des étirements quand je reçois un appel vidéo de Sandro
Oh merde!!!Qu'il est matinal,lui!!!Que faire ???
Je cours jeter un œil dans le miroir
Pas si moche que ça...
*Hi!!!
*Je t'ai réveiller?
*Mais non,je suis une fille très matinale et toi quoi de neuf??..
*Tous usé...
On se mit à rire
*T'as un beau sourire Sánchez
*Merci, toi également
*Te moque pas
*Ben non je suis sérieuse, regarde ça.
Je lui montre mes doigts croisés
*Je te crois pas besoin de ça. Alors notre sortie, ça tienne toujours?
Notre sortie ??? Ah c'est vrai, il m'avait inviter,hier.....
*Oh!!J'avais complètement oublier, je vais en parler aux filles.
*Et après tu me rappelles ?
*Non,je t'envoie un texto,c'est mieux
*D'accord, à tout de suite
*Comme tu le dis
Laisse-moi vérifier mon compte insta
-Oh nom d'un chien, malgré ma foutue tenue,j'ai 5k,ces gens sont à considérer.
Passons aux commentaires
-Rien à signaler,ils me félicitent tous
Hmmm...si papa voyait ça...
-Hello Réa!!!
-Fifi,allez rentre
-Tu faisais quoi là?
-Ben rien
-T'as pas regardée sur instagram,tu fais la une.Dis-moi donc,c'est qui ce type par qui tu te faisais enlacer hier soir,et avec qui tu es reparti?
-M'enlacer?Il m'a juste empêcher d'embrasser le sol
-Et pour le remercier, tu passes la soirée à te faire mâter par lui et après vous  êtes reparti ensemble.
-Écoute-moi bien journaliste en herbe,je n'ai rien à te dire sur ma vie, je suis pas un ado,j'ai dix-huit ans,et je peux bien me gérer toute seule.
-Très bien mademoiselle Sánchez.Un conseil Sers-toi de la pilule ou d'un condom
-Sors de là toi,j'en assez de toi,va voir ton gaillard
-En parlant de gaillard, il m'a confier que tu lui faisais des effets...
-Il peut toujours rêver debout,lui
-Tu ne l'aimes pas?
-Mais non bordel et laisse-moi tranquille
Mon téléphone sonne sur l'écran Ma Nishou
Naïda???
-Tu ne réponds pas?
-Ouais mais il faut que tu dégages de là
-Ça va,je me rends
-Surtout ne triche pas
-T'inquiète, je vais pas écouter derrière la porte(Filisya se retire)
-Allô Nishou
-T'étais où la vache???
-Ton langage, Naïda
-Désolée, alors que s'est-il passé avec le beau Alphonso????
-Comment sais-tu qu'on était ensemble ???
-On était pas loin, alors tu l'as embrasser ??
-Embrasser ??? Je ne ressens rien pour lui,j'aurai du mal à l'embrasser d'ailleurs
-Jure
-On laisse tomber,on a prévu quoi pour aujourd'hui?
-Oh rien... si t'as prévu une tête à tête avec ton apollon ,écris le et informe le que t'es libre ce soir ,que t'es tout à lui et...
-Je peux placer un mot Naïda?.
-Crache
-Tu trouves pas que tu vas un peu trop fort ??
-Comment ça ?
-Tu parles de tête à tête, je te rappelle que j'ai connu ce type rien qu'hier
-Et alors ? Ceci n'empêche pas cela,tu sais?
-Attends j'ajoute Laïla en ligne
L:*-Coucou!!!
-Salut !!!
L:*-Il t'a séduit,le coeur ?..
-Qui ça ?..
L:*-Alphonso
N:*-Elle dit ne pas être intéressée..
L:*-Quoi tu plaisantes ? Ce type à un corps de rêve
-Ah bon!!!
N:*-Tu devrais lui dire oui..
-Pourquoi ??
L:*-Pour sa déclaration amoureuse
-Il ne m'a fait aucune déclaration
L:*-Et pourquoi selon toi,il t'invite �� dîner ?
-Il avait dit promenade
N:*-La différence,il est où ?
L:*-Il t'a mâter toute la soirée
N:*-Et là, elle tombe dans ses bras
L:*-L'enlacer..
N:*-L'invite à boire
L:*-La ramener
N:*-L'invite à sortir
-Taisez-vous, ça suffit, je dois vous laisser
L:*-N'oublie pas, aucune réponse négative
-Et pourquoi ?..
N:*-Il est trop crunk pour lui dire non
-Réa ???? Tu veux bien descendre,un moment ???
-J'arrive mom,Je dois vous laisser les filles,à plus
L:*-On t'attend déjà
N:*-Bonne chance
Je fais ma routine de tout les jours, sauf le jogging,trop fatiguée et je descends rejoindre la famille
-Bonjour la maisonnée...Besoin de moi ici???
-On pourrait savoir qui est ce garçon, qu'on a vu t'enlacer?demande ma mère
-Filisya ne me dis pas....
-Hurle pas après ta sœur, t'es sur la première page de Ticket crie mon père
-Fais voir
-Tiens et dis-moi que c'est pas toi
-On se calme puisqu'on ne voit même pas nos visages
-Tu pourrais lire au moins le chapô?intervient Luka
La benjamine des Sánchez n'a pas rater l'occasion pour se faire remarquer,enlacer dans les bras de son amant qui n'est autre que le fils du premier ministre durant l'inauguration d'hier. La petite Sánchez a enfin trouver chaussures à ses pieds...Cette famille ne va donc jamais cesser de nous impressionner....
-Ils ont vraiment écrit ça, moi qui pensait...
-Être inaperçue ajoute mon père
-Évidemment mais ses paparazzis font chier
-Réa !!!
-Je monte me changer, je vais faire un tour
-Tu vas où ???
-Je sors maman
-je sais,pour aller où et avec qui?
-Manger un morceau, seule.
-Où ?.
-Maman, lâche-moi un peu
-Si tu vas retrouver ce type,je te jure que je vais te gueuler
Je n'y prête même pas attention à ses menaces.
Je monte dans ma chambre, préviens Sandro et je me prépare...Je me prends  en photo et je publie sur insta
@RéaSánchez Un rencard...
@Naïda854 Ouh lala,j'adore ta robe
@RéaSánchez merci Nishou
@LaïlaLaïla Tu es splendide
@RéaSánchez gentille Layoo
@FifiFilisyaSánchez je vais le dire à maman
@RéaSánchez ton compliment me va droit au cœur Fili, ma chérie à Moi
@FifiFilisyaSánchez je t'aime trop
@LukaLuisJosephSánchez il y a de l'amour dans l'air
@RéaSánchez attention tu risques d'être contaminer
@Lexandrophoto un rencard ???
La sonnerie de mon téléphone retentit,je mets sur haut-parleur
-Tu es prête, je suis là
-Où ?..
-Devant ton portail
-Recule, je veux pas qu'on te voit
-Tu as lu le journal ?
-Ma mère, allez fait demi-tour, je te rejoind à pied
-Ta robe te sied à merveille
-Merci et comment sais-tu que je porte une robe?
-Je suis un des followers de Réa Sánchez
-Je vois,j'arrive
Filisya rentre dans ma chambre
-Alors sœurette, c'est vrai ce que t'as mis sur insta ?
-Un peu...Ils m'ont harceler non??Je vais les laisser croire et les manipuler... Bon je m'en vais,à plus tard
-Mon bisou
Je lui fais la bise et je me sauve.
Dans deux minutes, j'étais avec Sandro dans sa voiture
-Je t'ai ramener des fleurs
-Le bouquet de rose rouge là derrière,c'est pour moi ???
-Rien que pour toi...tu m'as manquer
-Tu m'as manquer aussi
J'ai dit ça ???
-Alors ce que t'as dit sur insta est donc vrai, t'as flasher sur moi
-Et toi me mâter durant toute une soirée
-Qui ne t'aurais pas mâter...hein,dis-moi ?
-On va où ???
Je voulais tout simplement changer de sujet
-On va prendre un morceau à l'Oasis et ensuite on fera ce que tu veux
Il est sérieux lui?Il risque gros si je fais ce que je veux...
-Très bien...Ensuite on ira chez toi
-Chez moi?
-Oui...Chez toi
-Non,on ne peut pas y aller car j'aurai un interview du genre indiscrète par ma mère et...
-Elle est journaliste ?.
-Non,styliste... Tu devrais te poser pour une maison de mode,t'as tout ce qu'il faut pour être mannequin
-Tu crois?
-Oui,si je  te le dis...Je travaille avec mes parents. Pour mon père, je suis un entrepreneur et pour ma mère,un photographe
Photographe?Sérieux,oh non c'est trop beau,tout ça...
-J'adore me faire prendre en photo
-Tu vois?Raison de plus pour être mannequin... Tu devrais travailler avec ma mère... Je vais lui en parler,peut-être que tu trouveras une place chez elle.
-C'est gentil,mais je veux pas devenir mannequin
-Dommage... On y est Mlle. Sánchez
Il s'arrêta me tend une casquette noire avant de porter la sienne
-Pourquoi ???
-C'est vrai que ça ne servirait à rien contre les paparazzis, mais on ne peut pas prendre le risque
Sandro avait pris avec lui ses lunettes noires et moi j'y avais pas penser
Tant mieux que mal,je me contente de ma casquette..
Je mets ma casquette, Sandro vient m'ouvrir la portière ensuite on rentre au sein de l'Oasis,on se rends au restaurant où on vote pour une table au coin..On commande la même chose
-Si t'as pris le cabrit parce que moi,j'en veux... Sache que je ne te félicite pas.
-Ce n'est pas vrai du tout,j'adore le cabrit... Alors dis-moi...
-Que veux-tu entendre ?
-Parle-moi un peu de toi
-De moi?Il y a pas grand chose à dire
-En un mot...
-En un mot?Je crois que désinvolte me va à merveille
-T'es désinvolte..Intéressant... t'as quel âge?
-J'ai 18,mais je préfère 19
-L'âge exacte ?
-Les deux
-Tu plaisantes ?
-Mais non je suis entre 18 et 19
-D'accord mais je sais que ça n'existe pas
-Pour moi si,je suis universitaire et toi?
-Moi en un mot c'est joyau,le joyau des Alphonso,je suis entre 20 et 21
-L'exacte c'est?
-Les deux
On se mit à rire
-Tu m'as eu,je t'ai eu
Le serveur revient en souriant
-Vos commandes
-Merci
-Merci monsieur
Sandro se mit à manger et moi à picorer dans son assiette en riant
-T'es trop sympa toi...
J'allais enfin porter ma fourchette à la bouche,il m'arrêta d'un geste
-Laisse je vais t'aider
-Comment?
-Tu ne feras qu'ouvrir la bouche, Mlle Sánchez
Quel  gentleman !!!!
On passa un très bon moment ensemble, ensuite je décide de rentrer.
On s'arrêta pas trop loin de chez moi.
Assis dans la voiture, on se regardait, mais il finit par briser le silence
-Tu es belle
-Merci, toi aussi t'es très beau avec tes longs cheveux et ton piercing
-Tu aimes?..
-Oui,tu me ressembles
-Je te ressemble ?
-Ben oui,mon vieux
-Si tu me le redis,t'auras ta punition
-Tu crois???
-Tu devrais rentrer
-Tu te lasses déjà de moi?
-Mais non,demain je vais à la plage, tu veux venir ?
-J'adore la mer
-Je passe te prendre à huit heures, ça te va?
-Bien sûr, merci pour cette journée et aussi pour les fleurs. Là maintenant je dois rentrer
-Soit prudente
Je lui fais une bise, prend le bouquet pour m'en aller, il me retient le bras en souriant
-Qu'est-ce qu'y a?Je te manque déjà ??
-Je t'aime...
Je me contente de lui faire un sourire et je rentre...Un des gardes me prend mon bouquet, je le remercie gentiment et je me demandais que vais-je bien leur raconter pour le bouquet?
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claudehenrion · 2 years ago
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Sur les risques d'une guerre nucléaire en Europe
  Une chose me choque profondément, à chaque fois, c'est qu'on parle de la guerre en Ukraine en ne prenant en considération que le seul ''angle de vue'' ukrainien : Zélensky veut (on le comprend !) des tanks lourds, des avions, des missiles longue portée, et les seules discussions tournent autour de ''Qui va les lui fournir, quand, en quelles quantités''... comme si ce conflit se déroulait sans agresseur. Si on parle des russes, c'est pour les insulter, dire que leur chef est fou et eux des sauvages, ou qu'ils sont au bout du rouleau : la révolte couverait dans le pays (Tu parles !)...
Il y a une semaine, je concluais un ‘’édito’’ par : ''Ne jamais perdre de vue les Lois dites de Murphy : “Si une chose a une chance d’aller mal, elle ira mal, un jour”, et : “S'il existe au moins deux manières de faire quelque chose et si l’une de ces manières peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un pour emprunter cette voie”. Dit autrement : Lorsqu'une possibilité de catastrophe existe, il est rare que, avec le temps, elle ne se réalise pas. On avait dit ça au lendemain de la seconde guerre mondiale –qui risque d'être  bientôt ''la deuxième'', si on continue-- et c'est au nom de cette probabilité statistique qu'avait été réduit le nombre des Etats ''autorisés à faire la bombe''. On n'en est plus là, aujourd'hui !
The Bulletin of the Atomic Scientists (composé de 13 prix Nobel) annonce avoir avancé son "HORLOGE DE L'APOCALYPSE" de 10 secondes, nous apprend l'excellent Blog ''TTSO''. Il serait donc, à cet instant, 23 h 58 mn et 30 secondes. (NDLR : plus on est proche de minuit, et plus le risque de conflit nucléaire est élevé). Une précision, qui explique cet éditorial : jamais, depuis sa création en 1947, on n'a frôlé de si près la catastrophe, ce qui devrait attirer un peu l'attention, hein ? Mais non : tout le monde a l'air de s'en foutre ! Pour ma part, je n'ai qu'un seul espoir : que cette ''P.....'' de guerre idiote s'arrête sans que des conditions inacceptables la repoussent de quelques mois... mais contrairement à la cohorte des ''experts de l'Ukraine'', ou ''experts de la Russie'',  voire ‘’des deux'', je  ne trouve pas superflu de penser à ''ce qui dérange'' avant, plutôt que, comme nos amateurs immatures, de ''réagir en improvisant sur l'obstacle'', comme d'hab'.
Car, au fond, ces ''experts auto-propulsés'' qui polluent tous les ''JT'' (NB - LCI s'en est fait une spécialité : ''LCI, la chaîne spécialiste des spécialistes spécialisés en spécialités'' !) ont la même structure intellectuelle que les ''experts pour JT'' qui ont fait d'une sorte de grippe renforcée un confinement mortel, et ont détruit l'école, les enfants, l'industrie, les énergies... et les stocks de paracétamol, de moutarde et de ''PQ'' ! D'où que je ne croie pas un seul mot de leurs soi-disant prévisions qui ne sont que leurs fantasmes : depuis le 24 février 2022, ils dissertent entre eux... sur l'effondrement de la Russie... qui  serait en faillite un jour, en pleine guerre civile le lendemain, en folie poutinienne le surlendemain, et ainsi de suite... mais est encore là, et détruit les stocks d'armes de l'Occident. Le dilemme est entre ''ne rien faire et abandonner l'Ukraine à l'appétit de son immense voisin'' –qui est exclu-- et ''trop en faire et provoquer (une seconde fois) des risques insensés’’ –qui devrait être exclu aussi. D'accord , ''c'est pas facile'', mais il semble bien que nos myop-issimes aient opté pour le second membre... ce qui est une folie.
Je les écoute, consterné, se gargariser de mots con-venus (''La victoire totale de l'Ukraine'', ''La défaite de la Russie'', ''La prison pour Poutine'')... comme si la partie adverse était le Liechtenstein ou Saint Marin. Tout est si simple, pour eux : on livre à Zelensky, autant qu'il en veut, des tanks énormes de 50 à 60 tonnes valant 8 à 10 millions d'€uros l'un (Assurance contre le vol incluse, pour ce prix-là !). Le russki honni ne pipe pas...  L'Ukraine reprend le Donbass russophone (fastoche !) et la Crimée (russophone aussi, elle n'attend que ça ! Et tant pis pour l’ex-droit des peuples à l'auto-détermination : c'est Uncle Sam qui décide !). Poutine laisse faire, bien entendu, assez soulagé, au fond de lui. Et on signe la paix (Мир prononcé Mir, en russe, et on sait que Avec Mir, on se sent beau et bien dans ses vêtements !). Poutine est content, ses 7000 bombinettes sont sauvées, on se quitte bons amis, et lui demande à être jugé pour toutes les horreurs dont aucun soldat ukrainien (tous doux et angéliques puisque ''du bon côté''...) n’est capable, tout le monde sait ça...  Nos experts disent n'importe quoi... La preuve ? L'Occident est sans cesse obligé d'augmenter ses fournitures, en gamme, en nombre, et en puissance. Si ces ''experts'' sans expertise et sans neutralité ont raison, tous nos dirigeants sont des crétins masochistes... qu'ils sont peut-être, finalement, en y réfléchissant bien !
N'étant pas compétent, je ne préjuge pas de ce qui va se passer dans 3, 6 ou 12 mois : personne n'a les moyens d'une prévision honnête. Je décris juste ce que je constate, objectivement. Et je vois que ces mêmes ''va-t'en guerre'' discourent comme si la Russie ne possédait pas 7000 ogives nucléaires de toute taille, et que, à force de monter en gamme dans les matériels que nous livrons à un homme (et pas à un régime, pas à une démocratie, pas à un vieil état habitué aux tensions internationales : à un homme que rien n'a préparé à assumer ce rôle absolument fondamental), on risque de se rapprocher dangereusement du moment où l'ours va voir ''rouge'', ce qui, pour un ancien coco, du KGB en plus, n'est jamais bon signe !
Je sais qu'il est plus facile de critiquer que de proposer des solutions qui n'auraient aucun des inconvénients des uns et des autres. Les horreurs nazies (car celles, en gros comparables, des ''rouges'' ont été ''oubliées'' par le talent de la ''propaganda'' communiste) et le syndrome de Munich doivent effectivement être inoubliables : les démocraties ont alors cédé à la violence, en espérant éviter la guerre... et elles ont récolté le déshonneur, d'abord, et la guerre aussi, bien sûr. Je sais aussi que la réponse n'est pas facile à imaginer face au vrai problème tel qu'il se pose : ''Faut-il mourir vitrifiés pour Kiev ?'' Les hésitations des gouvernants –qui ont un reste de raison, malgré Ursula-- prouvent que ''rien n'est simple, quand tout est compliqué''... sauf les précautions à prendre, qui ne peuvent et doivent être prises... qu'avant.
Les USA, une fois de plus plus malins que les européens, ont fait semblant de livrer 31 ''Abrams''... Mais pas question pour eux de toucher à leurs forces armées : ce qui est à eux est à eux... alors que nous déshabillons nos cache-misère pour un oui pour un non. Sommes-nous stupides ! Les chars européens seraient opérationnels à l'été 2023, mais  les gros chars ''made in USA’’... dans un an ou deux, au mieux. Ou plus ! L'Allemagne a cru à ce gros bobard d'Uncle Sam et a cédé. Après des mois de refus, Berlin a offert 14 chars de combat Leopard à l’Ukraine. Et Sholtz, lâchant sur toute la ligne, a autorisé les pays ayant des Léopard (fabriqués par l'Allemagne) à les imiter, ce qu'ils font aussitôt.  la Pologne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, la Norvège ou le Portugal devraient se foutre à poil rapidement : ces dizaines de Leopards sont un grand pas de plus dans l'escalade. Jusqu'où ? A quand les avions ‘’furtifs’’ ? Une fois franchies les bornes, y'a plus de limites !
Si l’on ajoute les 14 Challenger britanniques et les 31 Abrams US,  l’Ukraine devrait bientôt pouvoir compter sur une grosse centaine de chars lourds occidentaux... ce qui est insuffisant pour Zelensky qui en réclame 300 ''pour, dit-il, repousser les Russes, au printemps''. Le problème ? Les armées européennes sont déjà à l'os : si l’Allemagne ne peut donner "que" 14 Leopard sur les 320 dont elle dispose, c'est parce qu'il en reste moins de 200 opérationnels. Et pour les  chars français Leclerc, ne pas trop compter sur eux : leur production a été arrêtée en 2006 et nous n'en avons que  226 exemplaires, en tout… dont un bon nombre ont été ''cannibalisés'' pour les pièces de rechange, et "la plupart sont non opérationnels", affirme ''le Canard enchaîné''. Traduction : nos armées, déjà en guenilles, seront sans armes  en cas de ''vraie'' guerre (et non de ces si mal-nommées ''Opérations extérieures'' qui permettent, grâce à ce nom, de sauver un peu la face en faisant comme si...).
Mais rassurez-vous, cette générosité n'est pas perdue pour tout le monde : le think-tank ''FDD’’ (Foundation for Defense of Democracies) a calculé que le coût des équipements transférés par le pays de l’OTAN à Kiev équivaut à 22Mds$ (lire : 22 milliards de dollars !) d’exportations militaires américaines à venir, car les pays donateurs vont devoir remplacer ce ''matos'' par des équipements plus modernes et donc plus chers. C’est une super bonne nouvelle pour les marchands d'armes US.    Devinez qui sont, une fois de plus, les dindons de la farce ? Et qui seraient les principales victimes d'un élargissement de cette guerre à des armes nucléaires, même dites ''défensives'' (sic !) ?  Même avec un vieux gâteux complètement amorti à la tête du pays, le business US reste décidément le meilleur du monde ! Et nous, les européens, nous sommes comme toujours excellents dans le rôle de Gribouille
H–Cl.
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leroyaumedesmots · 4 years ago
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"Please don’t punch him too hard in the face. I like his face." (Huma)
— Ne le frappe pas trop fort sur le visage. J'aime bien son visage.
— Quoi ? Uma ! Tu es supposée me secourir !
Les bras croisés, les lèvres pincées, Uma le jaugea du regard un instant, comme si elle prenait sa remarque en considération, puis secoua la tête.
— Nah. Je ne viens pas au secours des idiots. C'est ton problème.
— Uma !!
Harry essaya de se débattre, mais il s'était fait solidement ligoter à la chaise et avait perdu toute liberté de mouvement. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était tourner la tête en direction de son capitaine qui affichait à présent un sourire goguenard, prenant visiblement un certain plaisir à son impuissance. Juste à côté d'elle, Mal arborait une expression similaire, ce qui était encore plus frustrant pour Harry. Pourquoi fallait-il que le seul moment où ces deux-là tombaient d'accord, ce soit à ses dépends ? Il n'avait rien fait ! Rien qui ne méritait d'être ligoté à une chaise et menacé de se prendre des coups sur le visage en tout cas.
— Je suis innocent ! s'exclama Harry. Vous n'avez aucune preuve contre moi !
Le poing de Mal jaillit devant lui, frôla sa joue et son oreille et s'abattit sur le dossier de la chaise, la faisant basculer en arrière. Avec une agilité et une habitude certaine, elle bloqua le bas du siège avec son pied, l'empêchant de tomber totalement à la renverse. Harry se retrouva  penché en arrière de force, dans une position d'autant plus inconfortable que le visage de Mal se trouvait à quelques centimètres du sien, dominateur et menaçant.
— Tu sais exactement ce que tu as fait, Hook, gronda-t-elle avec colère. Tu as empiété sur mon territoire. Et ne prétends pas que ce n'est pas toi, tu as signé avec ton nom, imbécile !
Harry grimaça. Ouais, peut-être qu'il avait fait ça. Et peut-être que, effectivement, cela n'avait pas été le moment le plus intelligent de sa vie. Mais...mais c'était l'expression de sa créativité la plus sincère ! Elles devraient le savoir !
— L'art ne respecte aucune frontière et aucune limite de territoire, répondit-il simplement, d'un ton calme et même un peu philosophique.
Cela ne fit que décupler la colère de Mal qui redressa violemment la chaise et lui asséna un coup de genou dans le ventre.
— Tu es volontairement venu devant MON repère pour y dessiner un horrible graffiti de poulpe armé d'un crochet, avec un milliard de cœurs autour. C'est de la pure provocation, et le pire, c'est que c'est de la provocation de mauvais goût !
Harry ne put s'empêcher de ricaner, repensant à la beauté de son œuvre. Un sourire fier aux lèvres, il plongea ses yeux dans ceux de Mal, qui brillaient d'un vert menaçant. Mais cela n'avait aucun effet sur le garçon, qui continua de sourire avec satisfaction. Après tout, la provocation était sa spécialité.
— C'est l'expression de mon amour, susurra-t-il. Tu es en colère parce que tu es jalouse de ne jamais avoir rien fait de tel pour ta princesse.
Peut-être qu'il n'aurait pas dû dire ça. Il le réalisa au moment où les yeux verts étincelèrent de malfaisance, et n'eut pas le temps de réagir, même pas pour appeler Uma au secours, que le poing de Mal s'abattit sur lui, en plein milieu de son visage, lui écrasant le nez dans un craquement étourdissant. Le sang jaillit en même temps que la douleur, et, aveuglé le temps d'un instant, Harry ne vit pas l'interaction entre les deux filles, mais il l'entendit très distinctement.
— BORDEL MAL, JE T'AVAIS DIT PAS LE VISAGE !
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oeild-translation · 4 years ago
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Volume I, Chapitre 1 (Partie 2)
Après trois jours supplémentaires passés avec Violet, Oscar se tint à nouveau sur ses lourds pieds. Il était inspiré par une scène spécifique. 
L'histoire qu'il faisait écrire à Violet racontait les mystérieuses aventures d'une fille solitaire. Ayant quitté sa maison, elle entrait en contact avec de nombreuses personnes, dans des endroits en tous genres, et ainsi, grandissait. 
Sa source d’inspiration était sa fille décédée. 
À la toute fin, elle reviendrait au foyer qu’elle avait quitté. Son père, qu'elle avait laissé derrière elle, l'attendrait, incapable de dire si c'était bien elle, tant elle avait grandi. La fille, découragée, le supplierait de se souvenir, évoquant la promesse qu'ils avaient échangée dans le passé. 
Qu'elle lui montrerait un jour qu'elle pouvait traverser le lac proche de leur maison en marchant sur les feuilles tombées sur l'eau. 
"Les humains ne peuvent pas marcher sur l'eau.
__ Je veux juste l'image. Dans l'histoire, je vais la faire assister par un esprit aquatique dont elle avait gagné la protection divine pendant son aventure.
__ Même ainsi... Je ne suis pas faite pour cela. La fille de cette histoire est enjouée, attachante et naïve. Elle est différente de tout ce que je suis." 
L'écrivain et la poupée de souvenirs automatique se disputaient. C'était parce qu'Oscar avait demandé à Violet de mettre des vêtements similaires à ceux de son personnage principal et de la jouer sur le bord du lac. Il était allé jusqu'à lui faire faire le ménage, le linge, et d'autres types de travaux domestiques, en plus, requérait une telle faveur. Il la traitait presque comme si elle était un factotum. 
Bien qu'elle soit une femme diplomatique et professionnelle, Violet se dit : "Quelle personne pénible..." 
"Votre couleur de cheveux est peut-être un peu différente, mais ils sont blonds, juste comme étaient ceux de ma fille. Si vous les laissiez dénoués, et que vous mettiez une robe d'une pièce, sûrement...
__ Maître, je ne suis qu’une secrétaire. Une poupée de souvenirs automatique. Je ne suis ni votre épouse ni votre concubine. Je ne peux pas non plus devenir une remplaçante.
__ J-je sais cela. Je n'aurais pas ce genre d'intérêt pour une jeune fille comme vous... C'est juste... votre apparence... Si ma fille était vivante, elle serait certainement devenue un peu comme vous... c'est ce que je pense." 
L'absence d'expression de Violet qui refusait obstinément vacilla en entendant cela. 
"Je pensais que votre entêtement était trop fort, mais alors, votre jeune demoiselle est décédée ?" Elle se mordit légèrement la lèvre. Son visage laissait paraître un conflit  avec sa propre conscience. 
Il y avait une chose qu'il avait comprise à son sujet au cours des derniers jours. C'était qu'elle s'en tenait au côté "juste" quand elle était tiraillée entre le bien et le mal. 
"En tant que poupée de souvenirs automatique... je souhaite exaucer les souhaits de mon client... mais je me demande si celui-ci n’enfreint pas mes règles de travail..." 
Bien qu'il se sentit coupable pendant qu'elle marmonnait des réflexions pour elle-même, il donna encore une autre impulsion : 
"Si vous pouviez construire l'image de cette fille comme une adulte, revenant à la maison et tenant sa promesse, cela me donnerait tout de suite la volonté d'écrire. Pour de vrai. Si c'est un dédommagement, je peux vous donner n'importe quoi. Je peux payer le double du prix d'origine. Cette histoire est très importante pour moi. En l'écrivant, je veux en faire un jalon de ma vie. S'il-vous-plaît.
__ Mais... Je... ne suis pas une poupée à habiller...
__ Alors, je ne prendrai pas de photos.
__ Vous en aviez l'intention ?
__ Je vais le graver dans ma mémoire et écrire l'histoire avec. S'il-vous-plaît." 
Violet y réfléchit avec un visage maussade, mais finit par perdre face à la persistance d'Oscar, et lui obéit. Elle était peut-être du genre à ne pas supporter la pression. 
Seulement pour cette fois, il abandonna sa vie d’enfermement et partit de lui-même dans sa ville acheter des vêtements raffinés et une ombrelle pour Violet. La tenue se composait d'un chemisier blanc tout de dentelle sur une jupe bleue lacée à la ceinture par un ruban.  Quant à l'ombrelle, il en avait pris une cyan rayée de blanc à volants. Lorsqu'il la lui donna, elle l'ouvrit, puis la ferma, puis l'ouvrit, puis la ferma ; la faisant tourner avec un intérêt éveillé. 
"L'ombrelle est-elle bizarre ?
__ C'est la première fois que j'en vois une aussi adorable.
__ Ne portez-vous pas vous-même des vêtements mignons ? Ce n'est pas à votre goût ?
__ Je porte ce que le président de ma compagnie me suggère. Je ne visite pas très souvent moi-même les magasins de mode." 
C'était comme un enfant qui s'habillait selon ce que sa mère lui disait. 
__ Il se pourrait qu'elle soit bien plus jeune qu'elle ne le pense elle-même. 
Même quelqu'un d'aussi mature qu'elle ressemblait à une petite fille ainsi, ne serait-ce que légèrement. 
Alors que Violet n'avait pas encore changé d'avis, il lui demanda immédiatement de se changer dès qu’il eut fini ses achats. 
Il était tôt dans l'après-midi, un peu nuageux à l'extérieur. Il ne semblait pas qu'il allait pleuvoir, mais l'atmosphère s'y prêtait. L'air frais qui permettait de sentir l'arrivée de l'automne n'était pas encore assez froid pour piquer la peau. 
Oscar avait décidé d'aller à l'extérieur en premier, et d'attendre. Il installa une chaise en bois à côté du lac, en fumant une pipe. Alors qu'il avait été en quelque sorte prévenant et n'avait pas fumé depuis qu'elle était arrivée, la sensation de la fumée qui pénétrait son ventre se répandit à travers lui. Quelques minutes à en souffler des bouffées en forme d’ellipses qui s'ensuivirent. 
La porte d'à côté aux cliquetis de plus en plus insupportables s'ouvrit avec un bruit grinçant. 
"Excusez-moi pour l'attente." 
Il tourna seulement sa tête au son de cette voix aimable. "Vous..." 
"...ne m'avez pas fait tant attendre,” voulait-il dire, mais les mots ne vinrent pas, car son souffle se coupa une seconde. Il ravala brusquement un long soupir. Il était aussi sidéré que la première fois qu'il avait vu Violet.
Elle était trop belle avec ses cheveux détachés - une beauté qui aurait volé le temps de quiconque l'aurait regardée. Ses cheveux habituellement tressés s'étalaient doucement, formant de légères courbes. Ils étaient plus longs que ce qu'il avait imaginé. Et, surtout... 
__ Si ma fille avait pu grandir comme elle était...aurait-elle... 
Lui aurait-elle montré sa silhouette guindée après s'être apprêtée ? Alors qu'il se le demandait, quelque chose de chaud monta dans sa poitrine. 
"Maître, comment me trouvez-vous, alors que je porte les vêtements que vous m'avez donnés ?" Apparue au milieu d'un monde de couleurs d'automne, la jeune fille à la beauté inhumaine prit l'ourlet de sa jupe et essaya de la faire tourbillonner sur place. "Avec ceci, je n'ai qu'à faire comme si je traversais le lac, c'est ça ? Mais Maître, n'est-ce pas une scène que vous voulez vraiment écrire ? Plutôt que de simplement me déplacer dans cette tenue, même si c'est pour quelques secondes, ce serait mieux si je me montrais en traversant véritablement le lac. Maître, laissez-moi faire s'il-vous-plaît. Je suis spécialiste des activités physiques, donc même si ce n'est qu'un peu, je peux suivre vos attentes," expliqua Violet, comme toujours inexpressive et indifférente, ne prêtant aucune attention à Oscar, qui était submergé de trop d'émotions et incapable de répondre autre chose que des "aah" ou des "uuh". 
Celle qui se tenait là était une fille différente de la sienne. Bien qu'elle possède les mêmes cheveux dorés, il n'y avait aucune douce lueur dans ses yeux. 
Violet appuya l'ombrelle fermée contre son épaule tout en la serrant fermement dans une main. Elle prit une large distance du lac, le regardant fixement comme si elle examinait avec soin sa surface. 
Les teintes de l'automne flétries et tombées, ces feuilles mortes flottaient sur l'eau. Le vent était instable, soufflait, s'arrêtait, soufflait, s'arrêtait. L'air inquiet, Oscar l'observa alors qu'elle léchait un de ses doigts mécaniques avec le bout de sa langue, confirmant la direction dudit vent. 
En marchant gravement , elle lui jeta un coup d'œil et sourit faiblement. "Ne vous inquiétez pas. Tout... sera comme le Maître le souhaite." 
Après avoir déclaré cela avec une voix douce, Violet s’élança dans une large foulée. Bien que sa distance d'élan fut considérable, elle passa devant les yeux d'Oscar en un instant. Une telle vitesse était comparable au vent lui-même. 
À une courte enjambée de son entrée dans le lac, elle donna un coup de pied ferme à la terre. L'impact était suffisant pour creuser le sol. La force tenace de ses jambes lui permit de bondir à une hauteur effrayante. La manière dont elle sauta lui donna l'impression qu'elle allait grimper les escaliers vers le ciel. 
Oscar resta bouche-bée à cette action si loin de celles des gens ordinaires. À partir de ce moment, il vit tout au ralenti. 
Au point critique du saut, Violet leva largement la main qui tenait l'ombrelle et l'ouvrit aussitôt. C'était presque comme l'éclosion d'une fleur. L'ombrelle à volants se balança magnifiquement  et, au moment prévu, le vent balaya ses jambes. Sa jupe et son ombrelle se gonflèrent d'air, son jupon blanc dépassant en rabats. Juste devant ses yeux, ses bottes lacées enjambèrent doucement les feuilles mortes à la surface de l'eau. 
Cet instant. Cette seconde. Cette image. 
Elle se grava dans sa mémoire, aussi claire que s'il en avait pris une photo. Une fille avec une ombrelle suspendue et une jupe voletante, marchant sur la surface d'un lac. 
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Elle était comme une sorcière. 
Les mots de sa fille le jour de sa mort lui revinrent. 
"Un jour. Je te le montrerai un jour, d'accord ? Sur ce lac près de notre maison. Pendant cette période de l'automne où les feuilles qui tombent dérivent à la surface de l'eau. Un jour... Je te le montrerai, Papa." 
Il y avait une voix. La voix de cette fille, qu'il avait fini par oublier, résonnait dans son esprit. 
__ Tu n'en avais aucune idée, n'est-ce pas ? J'aurais voulu que tu continues à m'appeler, même une centaine de fois de plus. 
"Je te le montrerai un jour, d'accord ?" 
"Papa", dirait sa voix douce et zézayante. 
"Je te le montrerai un jour, Papa." 
__ Ta voix était plus agréable à écouter que n'importe quelle musique. 
"Je te le montrerai un jour." 
__ Aah, c'est vrai. Avec cette voix que tu as, tu avais innocemment dit que tu essaierais de me divertir, n'est-ce pas ? Nous avions fait une promesse. J'avais oublié. Je l'avais oubliée. Je n'ai pas pu me souvenir de toi pendant longtemps, alors je suis heureux de te voir. Même si ce n'est qu'une illusion, je suis heureux de te rencontrer. Mon adorable petite dame. La mienne, à moi. Mon seul et unique trésor partagé avec cette personne. Je savais qu'elle ne pouvait pas être réalisée. Mais je l'ai quand même promise. Cette promesse, ainsi que ta mort, m'ont rendu inutile, tout en me maintenant en vie jusqu'à présent. Elles ont allongé ma vie jusqu'à ce point. J'ai vécu dans le désordre, à la recherche de vestiges de toi. Je m'en suis voulu pour ça. Mais ce moment, le moment où quelqu'un qui n'est pas toi paraissait comme toi pour moi, ce moment fut une rencontre du destin, des retrouvailles et une étreinte pour un instant. Il se peut que je sois encore en vie parce que j'ai voulu en être témoin. Depuis toujours, j'ai envie de te voir, toi dont je ne peux même pas murmurer le nom par tristesse. Tout ce temps, j'ai voulu voir ton joli visage. Le dernier membre de ma famille qu'il me restait. Toujours, toujours. Depuis le début, j'ai désiré te voir. Je t'aimais. 
Il était tellement heureux qu'il avait envie de rire. "Fu... uh... uh..." Mais seuls des sanglots vinrent. 
Les larmes coulaient comme si elles commençaient à redonner du mouvement au temps immobile et gelé d'Oscar. 
"Aah... " Il pouvait entendre le tic-tac d'une horloge. Son cœur autrefois glacial émettait désormais des bruits sourds. "Je ... vraiment, vraiment..." Il couvrit son visage avec ses mains, mais réalisa que les rides en avaient horriblement augmenté. 
Pendant combien de temps au juste était-il resté figé depuis que ces deux-là étaient mortes ? 
"...j'aurais voulu que tu...ne meures pas..." murmura-t-il avec des sanglots dans la voix, son visage déformé par les larmes. "J'aurais voulu que tu vives, vives, que tu grandisses, devienne grande..." 
__ ... et que tu me montres à quel point tu serais devenue belle. J'aurais voulu te voir de cette façon. Et après t'avoir vue comme ça, j'aurais voulu mourir avant toi. Avant toi. Après que tu aies pris soin de moi. C'est comme ça que je voulais mourir. Pas, à la place, que je m’occupe de toi jusqu’à ta mort. Pas comme ça. 
"Je veux te voir..." 
Des larmes débordèrent des yeux d'Oscar, descendirent le long de ses joues et se répandirent sur le sol. Le bruit de Violet qui s'enfonçait dans le lac résonna dans son monde maculé de larmes. L'instant lumineux avait disparu, et la voix de sa fille, dont il avait pu se souvenir, fut bientôt oubliée à nouveau. L'illusion d'un visage souriant, elle aussi, disparut comme des bulles de savon. 
Oscar boucha encore plus son champ de vision, couvert par ses mains, en fermant les paupières. Il reniait ce monde où il l'avait perdu. 
__ Ah, ce serait bien si je mourais maintenant. 
Peu importe pendant combien de temps il s'apitoyait sur son sort, les deux ne reviendraient pas. 
__ Mon cœur, ma respiration, s'il-vous-plaît, arrêtez-vous. Depuis que ma femme et ma fille sont mortes, c'est comme si j'étais mort aussi. Alors, qu'il en soit ainsi maintenant. Tout de suite, à cette même seconde. Je veux être frappé par une balle et tomber raide mort. C'est tout juste comme quand les fleurs ne peuvent pas continuer à respirer si leurs pétales tombent. 
Cependant, même s'il faisait ce vœu plusieurs centaines de millions de fois, rien ne changerait. Ayant déjà imploré ces plusieurs centaines de millions de fois, il en était bien conscient. 
__ Laissez-moi mourir, laissez-moi mourir, laissez-moi mourir. Si je dois de toutes façons être seul, alors laissez-moi être mort à leurs côtés. 
Rien ne s'était réalisé par ses prières. Rien, et pourtant... 
"Maître-" 
... au-delà du monde duquel il s'était lui-même isolé, il pouvait entendre la voix d'une chose dont le temps s'écoulait maintenant comme le sien. Avec des respirations irrégulières, elle se dirigeait vers lui. 
__ Je suis en vie. 
Il était encore en vie. Et, de son vivant, il luttait actuellement pour laisser la prospérité à ceux qu'il aimait, sous une forme ou une autre. 
Il n'y avait pas de rêve qui se concrétiserait juste par les prières de quelqu'un, mais avec une vision engluée dans l'obscurité, que la lumière du soleil ne pouvait atteindre, Oscar supplia tout de même : "Dieu, s'il-te-plaît..." 
__ Si je ne dois pas encore mourir, que cette fille puisse au moins être heureuse, même si ce n'est qu'à l'intérieur d'une histoire. Que cette fille soit heureuse. Et à mes côtés. Qu'elle soit à mes côtés, pour toujours. Même si ce n'est qu'à l'intérieur d'un conte. Même en tant que fille imaginaire. Qu'elle soit à mes côtés. 
Il ne pouvait pas s'empêcher de le souhaiter. Après tout, sa vie continuerait. 
Alors qu'Oscar pleurait, anéanti, manquant d'égard pour ses années, Violet arriva à côté de lui, complètement trempée après avoir rampé hors du lac. Des gouttelettes s'écoulaient d'elle. Les habits dont elle était vêtue étaient également ruinés. Pourtant, l'expression la plus joyeuse qu'elle avait eu jusqu'alors, qui pouvait même être qualifiée de sourire, se dessinait sur son visage. "Vous avez-vu ? J'ai fait trois pas, c'est ça ?" 
Incapable de dire qu'il n'avait pas réussi à en être témoin à cause de ses larmes, il répondit en reniflant : "Hm. Yup, j'ai bien vu. Merci, Violet Evergarden." Du plus profond de son cœur, son respect et sa gratitude étaient immenses.
__ Merci d'avoir rendu cela possible. Merci. C'était vraiment comme un miracle. 
Comme il lui répondait qu'il ne pensait pas que Dieu existait, mais que s'il y en avait un, c'était probablement elle, Violet lui dit : "Je suis une poupée de souvenirs automatiques, Maître." Elle se contenta de répondre ainsi, sans nier ni confirmer l'existence des dieux. 
Plus tard, Oscar lui réchauffa un bain, comme elle était complètement trempée. 
Elle ne se montrait pas pour les repas. Pourtant, elle utilisait la salle de bain tous les jours et reposait très probablement son corps dans la chambre qui lui avait été donnée. C'était une poupée mécanique qui ressemblait à un être humain. 
__ Vraiment, la civilisation est étonnante ces derniers temps. Les progrès de la science sont révélateurs. 
Il était hors de question qu'il la laisse avec ses habits mouillés, même si elle était une fille artificielle. Elle avait probablement besoin de vêtements de rechange, alors tout d'abord, il prit son peignoir, qui était relativement propre, et se dirigea vers la salle de bain. Comme personne d'autre que lui ne l'avait utilisée depuis un certain temps, par réflexe, il y entra sans frapper et finit par la voir alors qu'elle n'avait encore rien mis. 
"Ah, je suis déso...lé...Eh ?" Il déglutit sec de surprise. "EEEH ?!" 
Ce qui se reflétait dans les yeux d'Oscar était un spectacle plus captivant et plus magnifique que n'importe quelle statue de femme nue. Des gouttes d'eau coulaient de ses cheveux dorés. Ses beaux orbes bleus ne pouvaient pas être représentés, même dans un tableau. Ses lèvres, en dessous, étaient d'une forme délicate. Son cou était svelte, sa clavicule remarquable, ses seins rebondis et son corps dessinait des courbes féminines. 
Elle possédait des bras prothétiques, c'est-à-dire des parties de son corps qui allaient de ses deux épaules au bout de ses doigts, comme si elles avaient été mises en place de force. Mais c'était les seules. En dépit des nombreuses cicatrices, à part les bras, le reste était clairement la peau dénudée d'une chair vivante. Les parties molles et bombées aussi, lui montrèrent qu'elle était un être humain et non une poupée robotisée. 
Sous le choc de voir tout ce en quoi il croyait jusqu'alors mis sens dessus dessous, il finit par examiner son corps nu à plusieurs reprises. 
"Maître," appela Violet avec une voix qui sonnait comme un reproche à Oscar, qui demeurait figé sur place et qui la reluquait avec un étonnement excessif. 
Ce fut alors qu'il réalisa finalement toutes ses erreurs. 
"UAAAAAAH ! UAAAAAH ! UAAAAAH-AAAAAH !" 
Le fait qu'Oscar était celui qui criait contribua à l'issue de cet incident. 
Après avoir hurlé à pleins poumons, le visage rouge écarlate et pleurant à moitié, il avait demandé : "Alors, vous êtes humaine ?" 
S'enveloppant dans une serviette, Violet rétorqua : "Maître, vous êtes vraiment une personne pénible." Alors qu'elle chuchotait ceci tout en baissant un peu le visage, ses joues étaient légèrement teintées de rose.
"Poupée de souvenirs automatique". Cela faisait longtemps que ce nom avait provoqué un scandale. 
Son créateur était un chercheur en matière d'automates : le Professeur Orlando. Son épouse, Molly, était écrivaine, et tout avait commencé lorsqu'elle avait perdu la vue. Devenue aveugle, elle avait sombré dans une profonde dépression, à cause de son incapacité d'écrire, ce dont elle avait fait le sens de sa vie, et s'affaiblissait de jour en jour. 
Ne supportant pas d'en être le témoin, le professeur construisit la première poupée de souvenirs automatique. C'était une machine qui transcrivait les mots d'une voix humaine - en d'autres termes, qui servait de secrétaire. 
Il était dit que les livres de Molly avaient ensuite remporté des prix littéraires de renommée mondiale, et l'invention du professeur Orlando avait été réellement considérée comme quelque chose de nécessaire pour le cours de l'histoire. Bien qu'il ait d'abord eu l'intention de n'en faire qu'une que pour son épouse bien-aimée, avec le soutien d'un grand nombre de personnes, cela devint plus tard très célèbre. 
Désormais, une poupée de souvenirs automatique pouvait être louée pour des prix raisonnables, et des établissements pour les emprunter avaient également été établis. En outre, il y en avait un autre type. Les personnes qui écrivaient en tant que secrétaire comme les poupées de souvenirs automatiques étaient désormais affectueusement désignées par le même nom. 
"Poupées de souvenirs automatiques", c'est cela. 
Oscar en parla à son ami après le départ de Violet, et il sembla qu'elle était quelqu'un de célèbre dans ce domaine. 
Quand il lui raconta qu'il l'avait d'abord prise pour une poupée artificielle, ce dernier éclata d'un grand rire. 
"Tu vis vraiment sous un rocher. Comme si une machine aussi belle pouvait exister. 
__ C'est parce que tu avais dit qu'elles étaient artificielles...
__ La technologie humaine n'a pas encore atteint ce niveau. C'est juste que ces poupées robotisées existent aussi. Mais elles sont plus mignonnes. Mais, j'ai pensé... que ce ne serait pas un bon remède pour toi, un casanier qui n'interagit pas avec les autres. Cette fille est une taciturne, mais elle a le pouvoir de restaurer les gens. Elle était bien, n'est-ce pas ?
__ Yep." 
C'était une taciturne, mais en effet, c'était une bonne fille. 
"Elles ne valent pas Violet Evergarden, mais le prochaine fois, je t'enverrai une secrétaire qui n'est pas humaine, pour que tu aies une assistante d'écriture pour un certain temps." 
Finalement, un paquet fut livré à la maison au bord du lac. Il contenait une petite poupée, complètement différente de violet Evergarden. C'était une dactylographe mécanique qui traitait toutes les sortes de voix humaines et en faisait des documents, revêtue d'une jolie robe et assise calmement sur le haut de son bureau. 
__ Je vois ; c'est vraiment extraordinaire.
"Cependant, je ne peux pas la comparer à elle..." Il sourit amèrement, regardant la chambre qu'il lui avait prêtée et où elle n'était plus là. 
S'il lui arrivait de dire "Je suis si seul", il était sûr qu'elle lui répondrait de sa voix qui sonnait si bien : "Maître, vous êtes une personne si pénible". Elle le dirait sans expression, avec seulement un petit sourire sur les lèvres. 
Même sans qu’elle soit avec lui, il avait le sentiment qu'il pouvait entendre cette voix.
Suivant (Chapitre 2) (à venir)
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fallenrazziel · 5 years ago
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Les Chroniques de Livaï #463 ~ LA LIBERTE COMMENCE OU FINIT L'IGNORANCE (mars 846) Hannes, capitaine de la garnison
L'histoire de Livaï comme vous ne l'avez jamais lue. ​Le personnage le plus populaire de L'Attaque des Titans, le soldat le plus fort de l'humanité… Qui est-il vraiment ? Qu'a-t-il dans le coeur ? Qu'est-ce qui a fait de lui ce qu'il est ? Je me suis mise en devoir de répondre à ces questions en vous livrant ma propre vision de sa vie, de ses pensées, des épreuves qu'il a traversées, ainsi que celles des personnes qui l'ont côtoyé, aimé, admiré, craint, détesté. Si j'essaie le plus possible de respecter le canon, quelques libertés seront prises sur les aspects de sa vie les plus flous. Quelques personnages seront également de mon invention. Livaï, un homme que l'on croit invincible et inatteignable… Est-ce bien sûr ? Jugez-en par vous-mêmes.
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J'arrive en courant, hors d'haleine, au QGR, en espérant trouver de l'aide ! Ouf, j'avais pas cavalé comme ça depuis longtemps, je manque de souffle ! Faut vraiment que je freine sur la bibine et le tabac si je veux vivre vieux...
Je pénètre dans la cour, mais bien évidemment, presque tout le monde est couché. Il règne un silence bienvenu après le boucan que les émeutiers ont produit dans le quartier des réfugiés. J'entends encore les cris des femmes et des enfants, exigeant qu'on leur donne de quoi manger et un endroit plus sain et propre où dormir... Il doit pourtant être deux heures du matin et ces pauvres gens ne dorment pas, à cause de leurs ventres vides ! Il me faut des renforts avant que ça tourne mal ; mes gars là-bas ne pourront pas contenir cette colère toute la nuit... Et si les réserves sont pillées, il n'y aura vraiment plus rien pour personne !
Ouf, ouf, putain de point de côté... Je reste immobile un moment, au milieu de la cour, à me tenir le flanc, puis je regarde autour de moi. Un petit point rouge près d'un bâtiment troue l'obscurité et me signale une présence. C'est quelqu'un qui se grille une sèche ou je m'y connais pas ! Je suis bien tenté de crier pour réveiller tout le monde mais je peux au moins aller voir si on peut m'aider par là.
Je m'approche en clopinant, peu glorieux, et distingue petit à petit une silhouette assise sur les marches menant dans l'aile du bataillon. Si c'est un explorateur, ça peut faire mon affaire ; une foule en colère, c'est de la gnognotte comparée aux titans ! Je me place devant l'individu et constate vite que je le connais.
C'est le caporal Livaï. C'est donc vrai qu'il dort pas ?! Bon, en tout cas, ça m'arrange, il peut me sauver la mise ! Caporal ! Vous me reconnaissez, je suis le capitaine Hannes, on s'est déjà vu ! Il lève vers moi son visage lunaire à l'expression ennuyée, aux yeux cernés même par nuit presque noire, et me salue de la main. Pardonnez-moi de ne pas avoir le temps de causer mais... nous avons un problème dans le quartier des réfugiés ! On essaie de forcer les portes des réserves et certains de mes gars ont été blessés ! Si ça continue, ça pourrait vraiment mal tourner ! On a besoin de renforts, de gars solides pour calmer la situation ! Les gens vous connaissent, vous êtes une célébrité... S'ils vous voient de notre côté, ils retrouveront la raison peut-être... C'est vraiment une chance que vous soyez là, un don du ciel ! Si vous pouviez venir, vous et quelques-uns de vos camarades, vraiment, je...
Il semble assimiler toutes les informations que je lui donne d'un seul coup, et en quelques secondes, le voilà sur ses pieds. Je le dépasse de plusieurs centimètres et pourtant je sens une énergie émaner de lui, qui me ratatine à tel point que je me sens petit. Vous allez venir ? Parfait, il ne faut pas traîner ! Le caporal se dirige vers le bâtiment où dorment les explorateurs et cogne ses bottes contre le sol afin de les réveiller. Je glisse une tête timide dans la pièce remplie d'ados endormis ouvrant péniblement les yeux, les cheveux ébouriffés, et le caporal leur ordonne de s'habiller en vitesse car il y a une urgence à régler. Il désigne lui-même les soldats qui doivent se lever et ni une ni deux, sans demander d'explication, ils obéissent de façon exemplaire, sans rechigner.
Wouah, c'est impressionnant... Si une telle discipline existait dans la garnison...
Tandis que nous retournons à l'extérieur afin d'attendre les élus, j'aperçois une lumière s'allumer à l'étage. Un grand blond aux cheveux sur les yeux - le capitaine Zacharias, je pense, je le distingue grâce à la lumière de la lune - demande à voix haute quel est ce raffut. Le caporal l'informe qu'il part en expédition dans le quartier des réfugiés afin de calmer une révolte, et Zacharias lui ordonne de l'attendre car il compte bien venir lui aussi. Vous y allez tous les deux ? Merci beaucoup ! Mais... ne devriez-vous pas en informer le major ? Le caporal rétorque qu'il se passera de ses ordres cette fois car c'est une urgence, et si Smith ne s'est pas réveillé - sa chambre donne sur l'autre façade -, autant le laisser dormir ; il lui fera un rapport plus tard. D'accord, comme vous voulez !
En quelques minutes, une petite escouade est mise sur pied et j'emmène tout ce beau monde motivé vers le lieu de l'incident, situé à un peu plus d'un kilomètre. Pendant le trajet, je ne peux m'empêcher de me sentir honteux à l'idée que tant de mes collègues aient pu dire des choses si insultantes à leur sujet alors qu'ils n'hésitent pas à venir à la rescousse quand on le leur demande. Moi aussi fut un temps je considérais leur régiment comme inutile, mais depuis ce jour... je me suis rendu compte à quel point nous nous sommes montrés vaniteux et somnolents. Les titans ont toujours été nos ennemis, une menace planant sur nos têtes, et seuls les explorateurs ne l'ont jamais oublié. Je ne pourrais plus tolérer d'entendre de telles choses à leur sujet, pas après avoir vu tant de gens mourir... Je repense à Carla... et aux deux petits... Bon sang... J'ai tellement rien pu faire...
Mais en marchant aux côtés de ces soldats d'élite, je me sens comme rempli d'espoir. Je me fiche de ce qu'on dit sur eux, moi je crois en leur mission. Il n'y a qu'eux pour nous sauver et nous devrions tout faire pour les épauler au lieu de les dénigrer ! Si jamais un seul garde a un mot plus haut que l'autre dès demain, je sais que je...
Nous arrivons à peine sur place que j'entends la cloche d'alerte. Merde, ça veut dire que ça tourne vraiment mal ! Il faut éviter d'en venir aux armes coûte que coûte ! Caporal, capitaine, il faut faire vite ! Ils marchent plus rapidement, me dépassent avec leurs subordonnés et débouchent en pleine lumière, près de l'entrepôt attaqué. Des lampes se sont renversées et ont commencé à mettre le feu ; tout l'endroit est illuminé comme en plein jour mais on peut encore l'éteindre si on traîne pas. Les explorateurs se saisissent de leurs capes et les utilisent afin de contenir les flammes. Ils hésitent pas à se jeter eux-mêmes sur les foyers brûlants afin d'empêcher la propagation.
Je constate que mes hommes tiennent encore la porte, mais certains sont à terre, ne sachant que faire face à cette foule armée de fourches ou de gourdins qui les menace, menée par la faim et l'incertitude sur son avenir. Il y a des mômes parmi eux, on peut pas les frapper quand même... C'est alors que le caporal s'avance vers eux.
Il est très calme, les mains dans le dos, et les regarde avec attention. Il n'y a aucun jugement, aucune colère sur son visage ; je décèle même ce que je pourrais considérer comme... de la peine ; de la compréhension... Il écarte les mains vers eux et commence à leur parler de façon très familière, comme un gars du peuple. Il leur explique qu'il ne faut pas céder à la panique, que si tout le monde reste calme, il n'y aura pas d'accident. Ils l'écoutent tous avec attention - pas de doute qu'ils savent tous qui il est, même s'ils l'ont jamais vu -, et les cris cessent totalement. Seule la voix du caporal résonne aux alentours.
Il expose les choses de façon simple. Si tout le monde se sert sans penser aux autres, il n'y aura plus rien à manger. Et les titans attendent sûrement que ça, qu'on finisse par s'entretuer et crever de faim. Ils ont le droit d'être en colère, et il y a de quoi, mais les soldats ne peuvent qu'obéir aux ordres et ils ne méritent pas d'être tabassés. Si chacun rentre dans le rang, la nourriture sera distribuée comme d'habitude dans le calme et l'ordre dès le lever du soleil. Ca ne sert à rien de vouloir tout piller, cela ne changera rien à la situation, et demain ils seront encore plus affamés. La faim et l'insécurité sont des choses concrètes, qui peuvent rendre fous si on y cède ; mais l'humanité est forte et doit lutter contre ça. Les titans seront vaincus, il en fait la promesse, mais il veut que cela soit pour quelque chose ; pas pour une poignée de survivants incapables de penser plus loin que leur prochain repas.
Les fourches s'abaissent et les gourdins tombent à terre. Une petite fille vient se réfugier dans les jupes de sa mère et montre le caporal du doigt en demandant tout haut "c'est Livaï, maman ?" Elle se met à sourire radieusement et fait le salut militaire devant lui. Il ne lui répond pas mais me demande immédiatement de distribuer quelque chose au moins aux enfants, histoire qu'ils tiennent la nuit, car ce n'est pas cela qui va épuiser nos réserves.
Zacharias, occupé à redresser nos soldats blessés, se glisse dans l'entrepôt et en ressort avec des provisions, qu'il se met à distribuer aux petits. Les adultes restent sages et n'essaient pas de forcer les choses ; ils sont décidés à attendre demain. Demain... c'est devenu plus qu'un mot pour tous ces pauvres gens...
Mais... caporal, je ne suis pas sûr que vous avez le droit de décider de distribuer des vivres, encore moins à cette heure... Je ne voudrais pas me montrer ingrat, mais... Il me fait signe de me taire et j'obéis sans piper mot. Il regarde les gamins manger leur pain avec appétit, sans rien dire, et je décèle de la satisfaction sur ses traits. Une jeune exploratrice vient nous informer que l'incendie a été maîtrisé et le caporal hoche la tête.
Pfiou ! Cette nuit a été mouvementée, mais apparemment, le bataillon est encore populaire parmi le peuple. Ils ont réussi à venir à bout de cette révolte, alors que nous... Pourquoi n'ai-je pas été capable de leur tenir ce discours moi-même, alors que la caporal a exprimé très exactement ce que je pensais ? Au fond je crois savoir. Ils ne m'auraient pas écouté, ils m'auraient lynché. Mais on ne s'en prend pas au caporal Livaï. Il leur a parlé leur langage, comme s'il l'avait parlé toute sa vie. J'ai toujours entendu dire que c'était pas son fort, la parlotte, mais quand il s'y met, ça fait son effet !
Il est le meilleur soldat de l'humanité, ils le savent. Et ils lui sont reconnaissants. Moi aussi.
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helshades · 5 years ago
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ne le prends pas mal mais est-ce que tu aurais le même discours si c’était ta fille à qui il avait fait ça ?
C'est une question intéressante. Pour répondre avec honnêteté, il faut d'abord considérer le fait que je n'ai pas de fille ; ensuite, faire remarquer que Jane Gailey, elle, soutient la sienne qui affirme avec force depuis 1997 qu'elle a pardonné à son violeur, entre autres raisons pour la nécessité de se reconstruire : Samantha Geimer est une sacrée bonne femme qui a un discours particulièrement cohérent et intransigeant sur le statut des victimes de viol, non seulement face à elle-même mais face à une certaine critique féministe qui a extrêmement mal pris son refus d'être utilisée par des militants pour une cause politique après avoir été utilisée par cet homme. Madame Geimer ayant souvent fait remarquer qu'il lui avait été beaucoup plus difficile de se remettre du battage médiatique que du viol en lui-même, et qu'en réalité elle avait pu vivre l'acharnement judiciaire contre son violeur comme un second viol, autrement violent.
Samantha Geimer, soit dit en passant, est plus tendre avec sa mère que je ne l'eusse été, il me semble. Elle a une analyse très fine sur la notion de responsabilité (qu'elle sait ne pas confondre avec le blâme, mais en notant qu'il s'agit aussi de reprendre possession de soi lorsque l'on se pose en sujet agissant plutôt qu'en simple objet) et revendique la sienne dans les événements ayant concouru au viol, notamment d'avoir caché à sa mère qu'elle avait accepté de poser seins nus pour le photographe lors d'une séance précédente. Sur le fond, je suis d'accord avec elle, mais je dirais tout de même que l'attitude de la mère était sans doute trop permissive.
De fait, dans ses histoires d'atteinte ou d'abus sur mineur dont nous avons connaissance aujourd'hui qui remontent aux années 1970, les parents sont trop souvent absents, les pères en particulier (Vanessa Springora, autre femme d'intelligence, à qui l'on ne pourra pas reprocher d'avoir pardonné à son violeur, a pu insister sur son propre manque d'une figure paternelle) mais également les mères, qui paraissent un peu abandonner leurs filles à leur sort entre les mains d'inconnus, qui plus est dans un contexte généralement louche. Mme Geimer a eu des mots durs contre ceux qui ont pu accuser sa mère de prostituer sa fille pour servir sa propre soif de gloire et je respecterai son jugement entre tous, mais en mon for intérieur je sais que ce qui lui est arrivé ne me serai jamais arrivé, certainement pas de cette manière.
J'ai beau avoir une longue liste de griefs contre ma propre mère qui eût fait les délices du père Simon, je peux louer sans arrière-pensée mon éducation, et si je suis bien sûr plus jeune d'une génération que Samantha Geimer, et d'une dizaine d'années que Vanessa Springora, je me souviens d'avoir entendu tôt ma mère formuler son opinion sur la permissivité de l'époque (elle-même avait vingt ans lors de l'affaire Polanski). Il y a une question de milieu social, aussi, le petit monde intellectuel d'alors étant beaucoup plus « libéré » sexuellement, soi-disant, que le nôtre, que les autres... Bref, on ne m'aurait certainement jamais laissée seule avec un étranger, surtout pas pour un reportage photographique où j'aurais dû poser pour finir dans un magazine objet de contemplation de n'importe qui. Née en 1986, j'appartiens pourtant à une génération entrée souvent tôt dans la vie sexuelle et sans complexe, mais en toute connaissance de cause et j'arguerai, avec une frontière nette entre les adultes et moi.
En d'autres termes, je doute fort que j'eusse mis ma propre fille dans une situation pareille. Même si, bien évidemment, et malheureusement, nombre de violeurs d'enfants et d'adolescents se passent sans problème de la permission des parents pour atteindre leurs victimes. Mais, une fois encore, dans d'autres circonstances.
De toute manière, le fait est que le point central de l'affaire Polanski est rapidement devenu, s'il a jamais été autre chose pour le public (hormis ceux qui ont accusé Samantha Gailey de mensonge), une histoire de vengeance. Et c'est là que le bât blesse, à mon sens. Pour diverses raisons, dont j'espère l'intégrité de mon propre jugement, je partage le point de vue de Samantha Geimer : afin de se reconstruire en tant que sujets, les victimes de traumatismes psychologiques doivent pouvoir dépasser le stade victimaire à un moment donné, et ce n'est pas la première fois que j'entendrais une ancienne victime déplorer que ses proches ont plus de mal qu'elle quelque part à se remettre de ce qui lui est arrivé... En l'occurrence, si j'étais Jane Gailey, ma fille me dirait de lâcher prise, et cela doit compter un peu, dans l'histoire. En outre, d'un point de vue juridique, et j'y suis assez attachée, il n'y a pas de revanche qui tienne. On ne se fait pas justice soi-même. (Dans Antigone, je prendrai toujours le parti de Créon.) On ne fait surtout pas justice au nom des autres, parce que non seulement c'est outrepasser ses prérogatives citoyennes mais on en vient également très vite à se passer du point de vue de la victime, en réalité.
Et c'est là tout le problème, le vrai problème de cette histoire. Dans la soif de vengeance d'une famille de victime, ce n'est pas la voix de la victime qui s'exprime, même lorsque celle-ci, dans le cas d'un meurtre par exemple, ne peut être entendue. Dans tout événement traumatique, la victime, à qui son libre-arbitre a été arraché temporairement, doit pouvoir se réapproprier tant son corps que son esprit. Elle doit surmonter le trauma d'avoir été momentanément dépossédée d'elle-même : pour ce faire, il faut être accompagnée dans sa reconstruction psychologique et non pas sans cesse ramenée en arrière, à son état de dépossession de soi, par son entourage. Or, ce que dit Samantha Geimer avec force depuis plus de quarante ans maintenant, c'est qu'absolument personne, et surtout pas la militance féministe, n'a pris en compte son point de vue à elle, tout à son envie d'épingler un homme célèbre (et Roman Polanski n'était pas en odeur de sainteté aux États-Unis à l'époque, qui réalisait de grands films sur des sujets tabous pour l'Amérique) pour un crime de surcroît passablement excitant pour le voyeurisme latent du grand public...
Effectivement, on doit faire aussi remarquer que d'un point de vue légal le pardon accordé par la victime pèse peu dans la fameuse balance de la Justice. Toutefois, ici, le violeur a été reconnu coupable d'un crime contre sa victime, condamné à de la prison, a purgé sa peine, avant d'être menacé d'incarcération à nouveau, mais cette fois pour motifs strictement politiques. Si tant est que la victime ait une fois compté dans cette histoire, cela n'a définitivement plus été le cas dès 1978. Les problèmes alors posés sont autant juridiques qu'��thiques. Et par la force des choses, quarante ans après, l'acharnement judiciaire a créé une seconde victime de cette affaire, où la figure de la première se délite et disparaît alors qu'elle devient simple prétexte, maigre symbole désincarné. Samantha Geimer avait raison.
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newt--x · 5 years ago
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J'ai écris sur Amino un truc à propos de mon père et je pense que c'est la meilleure manière dont j'aurai pu parler de ça, donc voici le post :
Mon père a appelé.
En fait, il appelle depuis des jours. Tout comme mon frère. Si vous vous souveniez pas, il a un fils un peu plus jeune que moi.
Il a appelé la seconde où je suis rentré•e des cours et j'ai été obligé•e de lui parler.
J'ai détesté ça.
Je veux pas lui parler. Je veux pas de lui dans ma vie. Je veux pas qu'il m'aime et je l'aime pas. Je le connais pas et il me connaît pas.
Qu'il arrête de chialer en pensant à la vie qu'il a loupée en faisant la plus grosse erreur de sa vie (d'après lui) en nous laissant et qu'il apprenne à aimer sa foutue femme et mon putain de frère a la place. Pas que j'aime pas mon frère.
Iloucha, je veux bien lui parler. Il y peut rien. C'est mon petit frère et il a rien demandé.
Par contre, notre père et sa femme peuvent aller se faire foutre, la même pour mes grands parents. Je veux pas d'elleux dans ma vie. Je veux pas aller les voir en Russie, je veux pas qu'iels foutent la maison à mon nom "parce que je suis l'aîné•e donc c'est la tradition de me donner la maison familiale", je veux pas les considérer comme ma famille.
Ma famille se résume à mes frères Avtandil, Dimitri et Iloucha. Peut être à ma mère aussi si elle arrête de me traiter comme une merde. Je veux pas les autres, d'accord ? J'aime aucun d'entre vous. Babouchka, dedouchka, papa, allez vous faire enculer, m'en fous que vous pleuriez dans votre oreiller parce que je vous manquais, ou que vous pensez à moi en vous regardant dans la glace.
Fallait y penser quand j'avais 4 mois et que j'avis besoin de mon père. Fallait y penser quand j'avais 6 ans et que je voulais mon père. Fallait y penser quand j'avais 10 ans et que je rêvais d'un père.
Fallait y penser avant. C'est trop tard, tirez vous de ma vie.
Je. Vous. Connais. Pas.
Et je vous aime encore moins. Laissez tomber et aimez mon frère comme il le mérite, faites en votre héritier, votre aîné, et oubliez moi.
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lesessaisdesplin · 2 years ago
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La double pensée
Le sujet de ce billet est un phénomène qu'on retrouve de temps en temps sur internet ou dans milieux politiques/militants : la double-pensée. Il y a une ressemblance avec le concept de doublepensée dans 1984, mais je ne suis pas d'accord avec la manière dont c'est présenté dans le livre, donc ce n'est pas (exactement) de ça que je parle ici. C'est d'ailleurs pour ça que je l'écris différemment. Bref, ce n'est pas ça le sujet.
C'est un phénomène qui se retrouve assez fréquemment au sein de l'extrême-droite, avec des memes ou des affirmations contenant des idées sauvages et révoltantes, mais présentées sous une façade d'ironie, d'humour ou de second degré. C'est quelque chose qui a en particulier explosé sur 4chan dans les années 2010, avec par exemple la phrase "hitler did nothing wrong", mais aussi la figure de Pepe the frog. À ce sujet, je conseille le très bon documentaire "Feels Good Man", qui parle de Pepe, et qui présente le fonctionnement de ces memes à deux lectures. Il montre comment ce groupe de personnes vont le présenter comme du second degré pour pouvoir le poster sur des pages de memes, ou si ils doivent se défendre devant des tribunaux, mais tout en profitant et en soutenant le message au premier degré dans des contextes différents et moins publiquement visibles. Et surtout, le caractère décentralisé et désorganisé de ce phénomène : les individus qui postent ce genre de choses peuvent être d'accord à des degrés très divers avec le fond raciste (ici) du message. Beaucoup d'entre eux postent sincèrement de l'humour noir, "edgy", sans être du tout d'accord avec le fond et en le considérant comme absurde. Pourtant, une autre partie profite bel et bien du fait que ces idées se répandent, en les soutenant au premier degré en profitant du fait qu'elles sont déjà là. On peut voir un lien entre ce phénomène et celui des "alternative facts", où on affirme quelque chose à la fois comme une hyperbole et comme une vérité.
En sortant du contexte particulier de l'extrême-droite, la double-pensée consiste à exprimer quelque chose qui superpose deux idées contradictoires, de manière à ce que l'interprétation ironique serve de bouclier et de diversion en protégeant l'interprétation premier degré. C'est la fameuse blague de schrödinger, qui est une blague si elle t'a offensé mais qui est très sérieuse si tu es d'accord avec. Ça permet de prétendre que les idées présentées sont ironiques ou pas sérieuses dans un contexte où on est face à un public pas convaincu, ou convaincu du contraire, mais tout en répandant et en soutenant ces idées, et en les normalisant auprès du grand public (et là, on peut faire un lien avec la fenêtre d'Overton). C'est une manœuvre qui est fondamentalement malhonnête, puisqu'on avance voilé pour dévier les critiques sans avoir à les affronter. On répand des idées sans qu'elles aient à affronter leur contradiction.
Partout où il se développe, ce phénomène crée spontanément une armée de gens qui vont prétendre (de bonne foi ou non) que c'est uniquement du second degré et qu'il y a une panique pour rien, soutenant de fait la propagation du message. Ceux qui à l'inverse sont d'accord avec le message au premier degré (et qui sont de bonne foi, qui l'assument), ne les contredisent pas : bien que cette "armée" semble dénigrer en surface les positions en lesquelles ils croient, ils en sont en fait les alliés objectifs, consciemment ou non. Mais il y a quelque chose qui passe souvent sous le radar de ceux qui parlent ou étudient le phénomène : c'est que l'extrême-droite n'est pas la seule à le nourrir et à le pratiquer.
Beaucoup de mouvements progressistes (ou qui y ressemblent) fonctionnent exactement de la même manière. Par exemple, des slogans comme "all cops are bastards", "men are trash" ou "kill all men" reproduisent les mêmes dynamiques, avec d'un côté des gens qui vont exclure systématiquement des gens en fonction de ce genre de critères, et donc les prendre au premier degré, et d'un autre côté des gens qui prétendent le plus sérieusement du monde que ce sont des exagérations, que personne ne défend réellement ces idées à la lettre, et que ceux qui le dénoncent exagèrent ou mentent, ou nourrissent une "panique morale" artificielle. Ce n'est pas simplement une situation où il y a des gens qui sont moins extrêmes que d'autres : par exemple, quand des socialistes disent qu'ils ne veulent pas collectiviser les moyens de production et qu'il ne faut pas avoir peur d'eux, ils ne disent pas pour autant que personne ne veut ça et que les communistes n'existent pas. Le problème n'est pas simplement d'utiliser une exagération, il est dans le fait de prétendre que personne n'applique ces doctrines à "all men", ou "all cops", alors qu'en réalité c'est bel et bien le cas.
Ce phénomène est quelque chose qu'on retrouve chez des extrêmes, par nature. En effet, devoir séduire des gens qui sont initialement opposés à eux, c'est un besoin spécifique aux extrêmes d'un paysage politique donné, puisque par défaut les "apolitiques" vont rejeter leurs idées comme farfelues et trop éloignées de la norme (la norme "centriste"). Mais attention, je ne critique pas le fait d'être extrême en soi. De toute façon, si on devait s'évaluer sur ce critère là, les idées que j'exprime sont bien plus extrêmes qu'une bonne partie des progressistes, par exemple des transactivistes qui s'accommodent du genre et qui n'osent pas l'abolir. Être extrême par rapport à un cadre politique donné n'est pas un mal en soi, mais il faut simplement avoir conscience du fait que les risques de tomber dans ce genre de fonctionnement est plus grand au fur et à mesure qu'on s'éloigne d'une position consensuelle.
Avant de conclure, je voudrais faire un petit point second degré : je ne dis pas qu'il est mal en soi de faire quelque chose d'ironique ou au second degré qui mette en scène des idées potentiellement horribles ; ce qui compte, c'est d'être clair et transparent sur les idées qu'on défend réellement, de se moquer des idées qu'on met en scène si c'est réellement ce propos qui est défendu. Le vrai problème est dans le fait de prétendre que personne ne défend celles qu'on met en scène.
Quoi qu'il en soit, il est assez hypocrite de la part de nombre de mouvements "progressistes" qui fonctionnent comme ça, de le reprocher à des mouvements réactionnaires ou de prétendre que ça ne se retrouve que chez eux, puisqu'ils y a exactement la même chose côté progressiste. J'encourage tout le monde à être vigilant par rapport à ce genre de pratiques, qui sont tentantes mais dangereuses et malhonnêtes, auxquelles on peut participer sans forcément s'en rendre compte, et qui nuisent à tout le monde. N'arrêtez pas d'être extrêmes, arrêtez seulement de tomber dans les pire comportements qu'une position contestatrice peut générer.
E
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sofya-fanfics · 6 years ago
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Retrouvailles
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Résumé :  Et si Jefferson avait aidé Belle à s'échapper plus tôt dans la saison 1, que se serait-il passé ?
Disclaimer : Once Upon a Time est une série de Edward Kitsis, Adam Horowitz et ABC.
Elle ouvrit les yeux. Elle venait de passer une nuit agitée, des rêves étranges étaient encore venus perturber son sommeil. C'était toujours le même rêve avec cette personne. Elle ne savait pas de qui il s'agissait, mais elle était sûre que c'était un homme. Elle n'arrivait jamais à voir son visage. Il lui arrivait parfois de se demander si cet homme était réel, si elle l'avait déjà rencontré, ou si elle l'avait inventé.
À vrai dire, elle n'arrivait plus à distinguer le vrai du faux. Tout ce dont elle se rappelait, c'était son prénom, Lacey, et qu'elle était enfermée dans cette pièce minuscule depuis des années avec pour seule visite celle des infirmières qui lui faisaient prendre différentes sortes de cachets. Et il y avait aussi cette femme qui était venue la voir quelques rares fois. Lacey ne savait pas qui elle était, mais ses visites l'effrayaient, c'était comme si cette femme lui voulait du mal. Mais à ces moments là, elle repensait à cet homme et ça la rassurait. Elle arrivait à espérer que quelqu'un l'attendait quelque part et qu'il viendrait la chercher. Malgré les jours qui passaient dans cet endroit abominable, elle voulait garder espoir. Elle s'assit sur son lit et replia ses genoux vers sa poitrine. La porte s'ouvrit et un homme entra, tenant un plateau repas. Elle imagina qu'il devait être le matin, elle avait complètement perdu la notion du temps. Elle regarda l'infirmier qui posa le plateau devant elle. C'était la première fois qu'elle le voyait.
« Je ne vous avais jamais vu auparavant, osa-t-elle dire.
-C'est ma première journée, répondit-il simplement. »
Il allait sortir quand Lacey l'interpela une nouvelle fois.
« Attendez ! Quel est votre nom ?
-Jefferson. »
Jefferson la regarda une dernière fois avant d'ajouter :
« C'est une belle journée pour sortir. »
Lacey ne comprenait pas. Pourquoi lui disait-il cela ? Cela faisait des années qu'elle était enfermée. Elle regarda vers son plateau et fut surprise de constater que ses cachets n'y étaient pas. C'était la première fois que quelqu'un les oubliaient. Elle leva les yeux où se tenait Jefferson, mais celui-ci était parti en laissant la porte entrouverte. Lacey fixa la porte quelques secondes, s'attendant à ce que l'infirmier revienne. Elle se leva et tendit l'oreille. Il n'y avait aucun bruit. Elle avança, poussa la porte et sortit dans le couloir. C'était sa chance de s'échapper de cette prison.
Elle marcha le long du couloir et arriva devant le bureau de l'infirmière qui semblait profondément endormie, une tasse de thé encore chaude était posée sur son bureau. Elle regarda vers la porte et vit un homme disparaître, elle reconnu l'infirmier et le suivit. Elle avait l'impression qu'il lui montrait le chemin. Elle arriva dans le grand hall de l'hôpital. La première chose qui la choqua fut toutes ces personnes présentes. Infirmières, médecins, patients. Elle n'était pas habituée à voir autant de monde. Mais malgré tout ce monde, personne ne faisait attention à elle. Ils devaient certainement penser qu'elle n'était qu'une patiente comme les autres. Elle se dirigea vers la sortie, essayant de passer inaperçu. Elle était si près du but, elle ne voulait pas se faire remarquer et retourner dans cet enfer. Elle sortit enfin de l'hôpital et respira profondément. Cela faisait-il combien de temps qu'elle n'avait pas senti les rayons du soleil sur sa peau, le vent dans ses cheveux ? Elle avait cessé de compter après plusieurs mois. Sa tête lui tournait, mais elle refusait de s'arrêter. Elle continua son chemin tout droit, se dirigeant vers la ville.
~00~
Emma se trouvait dans le café de Granny en compagnie de Mary Margaret. C'était une routine qu'elles avaient toutes les deux installé depuis l'emménagement d'Emma. Et cette dernière ne s'en plaignait pas. Elle aimait le fait d'avoir trouvé une véritable amie en la personne de Mary Margaret. Par moment, elle lui arrivait même de la considérer comme sa famille.
La porte du café s'ouvrit et monsieur Gold entra. Le silence s'installa tandis qu'il allait s'asseoir au comptoir. Granny sortit des cuisines et alla à sa rencontre, une enveloppe à la main. Probablement le loyer qu'il venait chercher. Au bout de quelques secondes, il mit l'enveloppe dans la poche intérieur de sa veste, se leva et se dirigea vers la sortit. Il passa à côté de la table d'Emma et de Mary Margaret et leur lança un sourire en coin.
« Mademoiselle Blanchard, Shérif Swan, les salua-t-il. »
Mary Margaret lui répondit poliment et il sortit. Emma eut l'impression d'entendre les personnes présentes dans le café reprendre leur respiration. Décidément, cet homme lui faisait horreur. La seule satisfaction qu'elle avait eu, était de l'avoir mis derrière les barreaux, même si cela n'avait duré que quelques heures. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Si seulement elle pouvait recommencer. La porte s'ouvrit de nouveau, David entra et alla s'asseoir à une table. Emma regarda Mary Margaret qui semblait de plus en plus mal à l'aise.
« Tu veux qu'on s'en aille, proposa Emma.
-S'il te plait. »
Depuis sa sortie de prison, Mary Margaret essayait par tous les moyens d'éviter David malgré que ce dernier faisait tout pour lui parler. Les deux femmes se levèrent et quittèrent le café. Une fois dehors, elles se dirigèrent vers la voiture d'Emma qui était garée sur le trottoir d'en face.
« Je t'emmène au travail si tu veux, proposa Emma.
-Merci, mais ça ira. Il me reste encore du temps, je vais marcher un peu. »
Emma s'apprêtait à lui répondre quand quelque chose attira son attention. Il s'agissait d'une jeune femme brune qui se dirigeait vers une petite ruelle. Elle semblait complètement perdue et le plus étrange fut qu'elle portait des vêtements d'hôpital.
« Emma, tu vas bien ? »
Elle se tourna vers son amie et acquiesça. Elle regarda ensuite la jeune femme qui semblait avoir disparu. Emma se dirigea vers la ruelle, suivit de près par Mary Margaret qui était inquiète de l'attitude de son amie. Arrivée à destination, Emma vit la jeune femme qui regardait partout autour d'elle. Oui, elle était vraiment perdue.
« Excusez-moi, dit Emma. »
La jeune femme sursauta et se retourna. Elle avait de longs cheveux bruns bouclés qui n'étaient pas peignés, le teint blanc et des yeux bleus. Elle était vraiment très belle et devait avoir dans les vingt ans. Emma la regarda bien, mais elle ne la reconnaissait pas. C'était la première fois qu'elle la voyait à Storybrooke.
« Est-ce que l'on peut vous aider ? Demanda Emma. »
La jeune femme ne répondit rien et semblait sur ses gardes.
« Vous êtes perdue ? Tenta de nouveau le shérif. Vous voulez que l'on vous ramène à l'hôpital ? »
La jeune femme écarquilla le yeux et se mit à trembler. Elle était de plus en plus paniquée et fit un pas en arrière.
« Non ! S'exclama-t-elle. Ne me ramenez pas là-bas, je vous en pris. Ne me ramenez pas !
-D'accord, vous n'irez pas à l'hôpital, ne vous inquiétez pas. Mais dîtes-moi au moins votre nom ?
-La... Lacey. »
Emma acquiesça. Lacey se calmait peu à peu, sachant qu'elle ne retournerait pas à l'hôpital.
« Et votre nom de famille ?
-Je... Je ne sais pas. »
Emma et Mary Margaret se lancèrent un regard. Comment pouvait-elle ignorer son nom de famille ?
« Ce n'est pas grave, dit Emma. Venez avec moi, on va tenter de savoir qui vous êtes. »
Mais Lacey ne bougea pas.
« Ne vous inquiétez pas, je vous promets qu'on n'ira pas à l'hôpital. Je veux simplement vous aider. »
Lacey la regarda quelques secondes, se demandant si elle pouvait leur faire confiance. Mais elle n'avait pas d'autre choix. Elle se trouvait dans une ville inconnue, ne sachant même pas son propre nom de famille. Elle finit par acquiescer et suivit Emma qui l'accompagna jusqu'au bureau du shérif.
~00~
Le lendemain matin, Emma arriva à son travail, s'assit derrière son bureau et poussa un soupire. Le mystère Lacey restait entier. Excepté son nom, la jeune femme ne se souvenait de rien. À part avoir était enfermée dans une chambre d'hôpital. En attendant d'en savoir plus, elle vivait avec Emma et Mary Margaret. Cette dernière avait insisté pour qu'elle reste avec elles, le temps qu'elles en sachent plus. « Elle n'a nul part où aller », lui avait dit Mary Margaret, « On ne peut pas la laisser seule ». Et Emma avait fini par accepter.
La porte de son bureau s'ouvrit et Regina entra. Emma soupira. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien encore lui vouloir ? La maire s'arrêta devant de son bureau et s'en plus attendre entra dans la vif du sujet.
« Mademoiselle Swan, j'ai besoin de vous de toute urgence sur une affaire de disparition.
-Bonjour à vous aussi Regina. »
Regina leva les yeux au ciel, agacée.
« Évitez les plaisanteries, cette affaire est très sérieuse. »
Emma se redressa sur sa chaise. Après tout, elle était le shérif de la ville et retrouver les personnes disparus était sa spécialité.
« Qui dois-je retrouver ? Demanda-t-elle.
-Une patiente du service psychiatrique a disparu hier. »
Le visage de Lacey apparut dans l'esprit d'Emma. Serait-il possible qu'il s'agisse d'elle ?
« Pouvez-vous me donner son nom, où une quelconque information qui pourrait m'aider ? Demanda Emma.
-Malheureusement, personne ne connait son nom. »
Emma leva les sourcils. Comment le personnel de l'hôpital pouvait ignorer le nom d'un de leur patient.
« Comment ça, vous ne connaissez pas son nom.
-Cette jeune femme a été retrouvée dans la forêt il y a trois ans. Elle ne se souvenait plus de rien et divaguait. Les médecins ont jugé préférable de la garder dans le service psychiatrique, afin qu'elle ne constitue aucun danger pour elle-même ou autrui.
-Et personne n'a cherché à savoir qui elle était.
-Bien sûr que si, mais les recherches n'ont malheureusement pas été concluantes. »
Regina lui donna une description physique de la patiente et Emma était maintenant persuadée qu'il s'agissait bien de Lacey.
« Je compte sur vous pour la retrouver au plus vite, dit Regina. Je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose. »
Emma acquiesça, lui disant qu'elle allait commencer les recherches. Regina quitta alors le bureau du shérif, satisfaite par cette réponse.
Une chose était sûre, la visite de Regina avait motivé Emma pour découvrir qui était Lacey. Elle savait que la maire lui avait parlé de la jeune femme et une chose était sûre, si Regina avait un lien avec Lacey, cela n'augurait rien de bon. Emma se leva et alla chercher les dossiers des personnes disparues. Storybrooke était une petite ville, cela devrait aller vite, pensa-t-elle. Elle posa les dossiers sur son bureau et commença à les éplucher.
Au bout d'une heure, elle tomba sur le dossier de Lacey French. Ça ne pouvait être qu'elle, pensa Emma. Il n'y avait aucune photo. Emma lut attentivement le dossier. Il ne pouvait s'agir que de la jeune fille qu'elle avait rencontré la veille. Lacey était la fille de Moe French et avait disparu du jour au lendemain il y a trois ans. Emma se souvenait très bien de Moe French, l'homme que monsieur Gold aurait pu tuer si elle n'était pas intervenue. Qu'avait-il pu arriver à Lacey, se demanda Emma. Que faisait-elle à l'hôpital et que venait faire Regina dans cette histoire ? Emma se leva et sortit de son bureau. Elle savait ce qu'elle devait faire, elle devait prévenir Moe qu'elle avait retrouvé sa fille.
~00~
Emma sa gara devant la boutique de Moe et sortit de sa voiture. Elle se dirigea vers boutique et y entra. Le docteur Whale passa à côté d'elle, la saluant et sortit en tenant un gros bouquet de fleurs à la main. Probablement pour une nouvelle conquête qu'il allait tenter se séduire. Elle avança vers le comptoir et se fit accueillir par Moe qui lui sourit. Il avait l'air de s'être parfaitement remis des blessures que lui avait infligé monsieur Gold.
« Shérif Swan, dit Moe. Que puis-je faire pour vous ? »
Emma inspira profondément. Il devait savoir la vérité.
« En fait, répondit Emma, je suis venue parler de votre fille. Y a-t-il un endroit où l'on pourrait parler tranquillement. »
Le sourire de Moe s'estompa et la tristesse s'installa dans son regard. Il lui demanda de la suivre et ils allèrent dans l'arrière boutique. Moe s'assit à la table qui se trouvait au milieu de la pièce et invita Emma à en faire de même. Emma l'observa sans rien dire. Elle se doutait que cela devait être difficile pour lui. Moe attendit quelques secondes et soupira profondément.
« Vous savez shérif, ma fille a disparu il y a maintenant trois ans. J'ai perdu tout espoir de la revoir un jour.
-Monsieur French, il y a du nouveau dans l'enquête sur sa disparition. »
Une lueur d'espoir passa dans le regard de Moe.
« Je pense avoir retrouvé votre fille.
-Vous l'avez retrouvé shérif ? »
Un immense sourire se dessina sur ses lèvres.
« Malheureusement, dit Emma, la jeune femme que j'ai retrouvé n'a plus aucun souvenir, à part son prénom. Mais tout me fait penser qu'il s'agit de votre fille. Je voudrais que vous veniez avec moi, pour confirmer qu'il s'agit bien de Lacey.
-S'il vous plait shérif. Si c'est Lacey, je dois savoir.
-Nous l'avons invité à passer la nuit à l'appartement. Elle est encore chez nous en ce moment. »
Emma lui demanda de la suivre et Moe accepta. Tous deux sortirent de la boutique, que le fleuriste ferma pour le reste de la journée, et ils se dirigèrent vers la voiture d'Emma. En entrant dans le véhicule, Emma vit monsieur Gold de l'autre côté du trottoir. Ce dernier regardait attentivement Moe. Il était hors de question qu'il s'en prenne à nouveau à lui. Emma ferait tout pour protéger Moe et sa fille.
~00~
Moe et Emma arrivèrent à l'appartement de cette dernière au bout de quelques minutes. Ils montèrent à l'appartement, Emma ouvrit la porte et tous deux entrèrent. Lacey était assise dans le canapé, lisant le livre que Mary Margaret lui avait prêté. Elle était complètement absorbée par sa lecture et ne faisait pas attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Moe s'approcha lentement d'elle.
« Lacey. »
La jeune femme se retourna. Elle observa Moe quelques instants, mais ne sembla pas le reconnaître. L'homme s'agenouilla près d'elle.
« Est-ce que tu me reconnais ? »
Lacey le regarda, réfléchissant qui pouvait bien être cet homme, lorsque soudain, une lueur éclaira son visage.
« Papa. »
Moe prit sa fille dans ses bras et se mit à pleurer. Emma sortit de l'appartement pour les laisser seuls.
~00~
Emma se gara devant le bureau du shérif et vit que Regina était entrain de l'attendre. À peine Emma était sortit de sa voiture que la maire se précipita vers elle.
« Je ne pensais pas vous revoir aussi vite, dit Emma.
-Avez-vous réussi à retrouver notre patiente ?
-Effectivement, je l'ai retrouvé. »
Regina sourit.
« Parfait, je vais tout de suite prévenir l'hôpital. »
Regina sortit son téléphone de son sac et commença à s'en aller, mais Emma l'interpella.
« Attendez ! Il se trouve que notre inconnue est la fille de Moe French, Lacey French. J'ai averti son père.
-Que dîtes-vous shérif ?
-Moe est avec elle et je ne pense pas qu'il soit d'accord pour que sa fille soit de nouveau enfermée. »
Le visage de Regina se durcit et elle ne put cacher la colère qu'elle ressentait.
« Cette jeune femme est malade. Elle représente un danger pour elle-même ainsi que pour les autres. Je ne suis pas sûre que vous saisissiez.
-Je saisis très bien. J'ai passé du temps avec Lacey et je peux vous jurer qu'elle n'est pas malade. Tout ce dont elle a besoin, c'est de retrouver une vie normale. »
Regina plissa les yeux. Emma voyait bien que cette situation ne lui plaisait pas, mais elle ne pouvait rien y faire.
« Très bien, dit la maire. J'espère que vous ne faîtes pas erreur. »
Regina partit, furieuse. Pourquoi est-ce que le fait que Lacey reste avec son père la mettait dans un état pareil ? Il était hors de question que Lacey se fasse de nouveau enfermer. Emma ferait tout pour empêcher ça.
~00~
Cela faisait une semaine que Lacey s'était échappée de l'hôpital et elle essayait maintenant de retrouver une vie normale. Elle était retournée vivre avec son père et ses souvenirs commençaient à lui revenir petit à petit. Elle se souvenait de son enfance, de ses années de lycée. Des journée passées dans la boutique de son père, à l'aider. Mais il restait toujours ce voile noir sur ce qu'il s'était passé il y a trois ans. Pourtant tout ceci lui semblait faux. C'était comme si elle avait les souvenirs de quelqu'un d'autre. Elle n'avait parlé de ça à personne. Après tout, à quoi cela servirait-il. Son père serait simplement plus inquiet pour elle qu'il ne l'était déjà.
Lacey avait quand même réussit à le convaincre qu'elle pouvait sortir seule et elle avait décidé d'explorer la ville. Les rues dans lesquelles elle passait lui étaient à la fois si familières et étrangères. C'était une sensation vraiment étrange. Elle avait passé la matinée à aller dans les différentes boutiques de la ville. Elle passa ensuite devant une boutique qui l'intrigua. Elle s'arrêta devant et regarda à travers la vitrine, mais il faisait beaucoup trop sombre. Elle ouvrit la porte et la clochette retentit. Il n'y avait personne au comptoir et elle profita pour regarder les différents objets sur les étagères. Elle trouva sur une table différents livres étalés. Elle en attrapa un et commença à le lire.
~00~
Monsieur Gold posa sa cane et s'assit à la table dans son arrière boutique. Il ouvrit son livre de compte et commença à écrire. Tout ce qu'il avait besoin en ce moment, c'était de se changer les idées. Dommage qu'il n'avait plus son rouet, cela lui aurait permis d'oublier tout ce qu'il s'était passé quelques jours auparavant avec August. Il avait été tellement persuadé d'avoir retrouvé son fils. Il était prêt à réparer ses erreurs, à ne plus être le Ténébreux. Mais maintenant, il avait l'impression d'avoir perdu Baelfire une seconde fois. Il entendit la clochette de sa boutique retentir et soupira. Il se demandait bien qui cela pouvait être. Après tout, il avait récupéré tous les loyers et les deux seules personnes à oser mettre les pieds dans sa boutique étaient Emma et Regina. Il attendit quelques minutes, mais la personne ne semblait pas vouloir partir. Il se doutait qu'il ne s'agissait ni du shérif, ni du maire, elles auraient signalé leur présence depuis longtemps. Il prit sa cane, se leva et se dirigea vers sa boutique. Il y trouva une jeune femme aux cheveux châtains, lui tournant le dos et entrain de lire un livre. Gold soupira. Il détestait vraiment ce genre de client qui se croyait dans une bibliothèque et qui au final n'achetait rien. Il se plaça derrière la jeune femme et signala sa présence.
« Puis-je vous aider ? »
La jeune femme sursauta et reposa le livre.
« Je suis désolée, dit-elle. J'ai commencé à lire la première page et je n'ai pas pu m'arrêter. »
Elle se retourna et Gold crut que son cœur allait s'arrêter. Ça ne pouvait qu'être une illusion. Mais pourtant, ces yeux bleus, cette chevelure châtain, ce teint blanc. Ça ne pouvait être qu'elle. Belle. Il avança lentement vers elle et posa sa main sur son bras. Elle était réelle. Pendant toutes ces années, il l'avait cru morte, il avait cru Regina. Il se maudissait. Comment avait-il pu être aussi stupide pour croire ce qu'elle lui disait.
« Belle ! »
La jeune femme le regarda inquiète.
« Non, je m'appelle Lacey. »
Gold retira sa main. Lacey, bien sûr. Elle ne se souvenait pas de lui. Dans ce monde-ci, elle n'était plus la femme qu'il aimait.
« Est-ce que vous allez bien ? Demanda-t-elle. »
Gold ne put s'empêcher de sourire. Elle était peut-être quelqu'un d'autre à Storybrooke, mais certaines chose ne changeraient jamais.
« Je suis désolé, répondit-il. Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre. »
Lacey l'observa quelques instants.
« Est-ce que je vous connais ?
-Non, on ne se connait pas. »
Lacey acquiesça, déçue.
« Je crois qu'il est temps que je parte. »
Elle se dirigea vers la sortie et entrouvrit la porte avant de se tourner.
« À bientôt. »
Elle sourit et sortit de la boutique. Monsieur Gold resta debout plusieurs minutes à regarder la porte et en serrant sa cane de toutes ses forces. Elle est vivante, pensa-t-il, ayant presque peur d'avoir imaginé toute la scène. Elle est vivante.
~00~
Lacey se leva et se prépara pour cette nouvelle journée. Son père était parti travailler depuis une heure et elle se retrouvait seule chez elle. Elle avait passé une bonne partie de la nuit à se remémorer la rencontre avec cet homme. Elle ne connaissait même pas son nom, pourtant, elle avait le sentiment de l'avoir déjà rencontré. Elle avait demandé à son père s'il le connaissait. Il avait l'air si effrayé et lui avait demandé pourquoi elle lui posait cette question. La seule réponse qu'elle avait eu était qu'il était un homme dangereux et que jamais elle ne devait s'approcher de lui. Pourtant, ce n'était pas le sentiment qu'elle avait eu en le rencontrant.
Lacey prit le livre qu'elle avait laissé sur la table basse du salon et sortit. Elle n'avait aucune envie de rester seule chez elle. Elle marcha un moment dans les rues de Storybrooke et décida de s'arrêter chez Granny. Au loin, elle vit l'homme de la boutique d'antiquité et lui fit un signe de la main. Il lui répondit simplement en hochant la tête et continua son chemin. Elle le regarda quelques secondes avant d'entrer dans le café. Elle s'installa à une table, ouvrit son livre et commença à le lire jusqu'à ce que Ruby vienne prendre sa commande. Lorsque cette dernière revient la servir, Lacey se décida à lui poser des questions sur cet homme. Après tout, si son père ne voulait pas lui répondre, elle trouvera elle-même les réponses. Elle avait déjà parlé avec la jeune serveuse quelques fois et savait qu'elle serait la meilleure personne pour la renseigner.
« Est-ce que je peux te demander quelque chose ? Demanda-t-elle. »
Ruby acquiesça.
« Est-ce que tu connais l'homme de la boutique d'antiquités ? »
Ruby pâlit et écarquilla les yeux.
« Monsieur Gold ! Pourquoi tu veux savoir ça ? »
Monsieur Gold, c'était son nom.
« Simple curiosité, répondit Lacey.
-Est-ce que tu lui dois de l'argent ? »
Lacey secoua négativement la tête et Ruby semblait un peu plus rassurée.
« Surtout ne t'approche pas de lui, ça ne t'apportera rien de bon.
-Pourquoi ?
-Ce n'est pas quelqu'un de bien, Gold est un vrai monstre. »
Ruby laissa Lacey lorsqu'un autre client l'appela pour passer commande. Lacey était perdue dans ses pensées. C'était la deuxième fois qu'on la mettait en garde contre monsieur Gold. Elle était sûre que si elle demandait à une autre personne, elle aurait certainement la même réponse. Peut-être avaient-ils raison et qu'elle devait se méfier. Mais de là à dire qu'il était un monstre. Elle n'était pas du genre à écouter les ragots et préférer se forger sa propre opinion. Elle n'aurait pas su dire pourquoi, mais elle avait l'impression que monsieur Gold était différent de ce qu'il voulait montrer.
~00~
Plusieurs jours étaient passés et Lacey avait installé une routine. Chaque jour, elle aidait son père à la boutique et l'après-midi, quand il n'avait pas besoin d'elle, elle sortait, prétextant aller explorer la ville ou aller voir Ruby, alors qu'elle allait à la boutique de monsieur Gold. Il avait été surpris la première fois qu'elle était retournée dans sa boutique, mais les jours qui suivirent il avait l'air heureux de la revoir. Il la laissait déambuler dans sa boutique, lire les livres anciens qui s'y trouvaient. Elle s'était même proposée à l'aider à ranger. Elle aimait passer du temps là-bas et être avec lui lui semblait familier, comme si se n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient ainsi. Comme tous les après-midis, Lacey était à la boutique, assise derrière le comptoir, lisant le livre que monsieur Gold lui avait prêté tandis qu'il finissait l'inventaire. Par moment, elle le voyait jeter des coups d'œil vers elle, mais cela ne la dérangeait pas et elle aimait cette ambiance apaisante qu'elle ressentait quand elle était avec lui. Elle referma le livre et  toucha avec le bout des doigts les lettres dorées sur la couverture : La Belle et la bête.
« Le livre ne vous plait pas ? »
Lacey leva le regard vers monsieur Gold qui avançait vers elle.
« Si, c'est une belle histoire. Mais j'aurais cru qu'elle se déroulerait autrement. »
Monsieur Gold était maintenant près d'elle. Il prit le livre dans ses mains et feuilleta quelques pages en souriant. Le cœur de Lacey se mit à battre un peu plus fort. Elle ferma les yeux quelques instants, tentant de faire reprendre à son cœur un rythme régulier. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Ce n'était pas la première fois qu'il était près d'elle et qu'ils discutaient de littérature. Elle fut sortie de ses pensées lorsque la porte s'ouvrit. Elle ouvrit les yeux et vit un garçon d'une dizaine d'année entrer.
« Henry, dit monsieur Gold en se dirigeant vers le garçon. Est-ce que je peux t'aider ? »
Henry regarda partout autour de lui avant de répondre.
« C'est bientôt l'anniversaire de ma mère et je voudrais lui acheter quelque chose. »
Monsieur Gold lui montra alors les différents objets à vendre que Henry regardait attentivement. Lacey se leva.
« Il est temps que j'y aille, dit-elle. Merci pour le livre. »
Monsieur Gold acquiesça, ayant l'air déçu de la voir partir aussi vite. Elle le salua, lança un sourire à Henry qui lui répondit et sortit de la boutique.
~00~
Emma ouvrit la porte du café de Granny et y entra. Elle vit Henry assit à une table, plonger dans son livre de conte, une tasse de chocolat fumante devant lui. Elle alla le rejoindre et s'assit en face de lui.
« Hey ! Salua Emma. »
Henry leva la tête, lui répondit avec un sourire et retourna à la lecture de son livre.
« Alors, dit Emma. Où en est-on avec l'opération Cobra ? »
Cette question fit sourire Henry. Même s'il savait qu'elle ne croyait pas au sort, au moins, elle s'intéressait à lui. Il regarda nouveau dans son livre, fronçant les sourcils.
« J'essaye de découvrir qui est mademoiselle French, mais le livre ne parle d'aucune prisonnière. »
Il feuilleta quelques pages et regarda à nouveau Emma.
« C'est comme pour monsieur Gold, je ne sais toujours pas qui il est. Si seulement il y avait des indices, comme la bague de mademoiselle Blanchard. C'est comme ça que j'ai découvert qu'elle était Blanche Neige. »
Emma réfléchit. Elle ne croyait peut-être pas à toutes ces histoires de conte, mais si l'opération Cobra lui permettait de passer du temps avec son fils, alors elle l'aiderait.
« Peut-être sa cane.
-Non, c'est quelque chose de plus personnel, à laquelle il tient. J'ai essayé de trouver quelque chose dans sa boutique, mais il n'y avait rien d'intéressant. Tu te souviens de ce que monsieur French lui avait volé ? »
À vrai dire, se remémora Emma, ce n'était que des objets sans importance, même monsieur Gold avait l'air de s'en désintéresser. Et puis, elle se souvenue. Lorsqu'il avait été arrêté, il avait une tasse avec lui. Ça ne pouvait être que Regina qui lui avait donné quand elle était restée seule avec lui. Il tenait délicatement cette tasse dans ses mains et la regardait comme le plus précieux des trésors. Jamais elle ne l'avait vu agir comme ça. Quand elle lui avait demandé ce qu'était cette tasse, il lui avait répondu avec mépris de s'occuper de ses affaires.
« Une tasse, dit Emma. Ça pourrait être ça ?
-Une tasse ? Demanda Henry. Une tasse blanche ébréchée ?
-Elle était plutôt cassée, il manquait un morceau. »
Henry tourna les pages de son livre jusqu'à ce qu'il trouve l'histoire qui l'intéressait et se mit à sourire.
« Je sais qui ils sont ! Monsieur Gold est  Rumplestiltskin et mademoiselle French est Belle de La Belle et la Bête. C'est le véritable amour de  Rumplestiltskin.
-Je croyais que Belle tombait amoureuse de la bête.
-Dans l'autre monde  Rumplestiltskin et la bête ne font qu'un. Regarde. »
Il tourna le livre vers Emma et lui montra un dessin de  Rumplestiltskin offrant une rose à Belle. Une chose était sûre, elle ne voyait aucune ressemblance entre monsieur Gold et Lacey. Elle reporta son regard vers Henry qui fronçait les sourcils.
« Pourtant, dit-il, à la fin de l'histoire, la reine annonce à  Rumplestiltskin que Belle s'est jetée d'en haut d'une tour après être rentrée chez elle. Si elle est morte, elle ne devrait pas se trouver à Storybrooke.
-Alors peut-être qu'il ne s'agit pas de Lacey. »
Henry écarquilla les yeux, comprenant ce que cette histoire cachait.
« La reine ! S'exclama-t-il. Elle a menti à Rumplestiltskin en lui racontant que Belle s'était tuée alors qu'elle la gardait prisonnière. Ce qui expliquerait pourquoi mademoiselle French était enfermée à l'hôpital.
-Pourquoi est-ce que la reine aurait fait ça ?
-Pour ne pas que Rumplestiltskin ait sa fin heureuse. »
Henry semblait fier de sa théorie. Il était vraiment persuadé que Lacey faisait partie de l'histoire de La Belle et la Bête. Et à vrai dire, Emma avait beaucoup de mal à croire que monsieur Gold puisse un jour se transformer en prince. Il ne fallait pas que Henry parle de cette histoire à Lacey. Cette pauvre fille venait à peine de retrouver une vie normale.
« Tu es sûre ? Demanda Emma. Si ça se trouve, la reine n'a pas menti.
-Elle a menti. C'est pour ça que j'ai vu monsieur Gold et mademoiselle French ensemble. »
Emma se redressa, coupant Henry dans ses explications.
« Quand est-ce que tu les as vu ensemble ?
-Hier, à la boutique de monsieur Gold.
-Et que faisaient-ils ? »
Le jeune garçon la regarda surpris, se demandant pourquoi elle voulait savoir ça.
« Henry, c'est sérieux. Qu'est-ce qu'ils faisaient ?
-Ils parlaient. »
Ce n'est pas bon, pensa Emma. Et si Gold se servait de Lacey pour atteindre son père. Il détestait cet homme. Il a même faillit le tuer ! C'est alors que quelque chose lui revint en mémoire. Elle se souvenait de ce que Gold avait dit à Moe :
« Elle ne reviendra pas et c'est votre faute ! »
Est-ce qu'il parlait de Lacey ? Était-ce pour ça qu'il s'en était pris aussi violemment à Moe ? Parce qu'il croyait qu'il avait fait du mal à sa fille. Mais peut-être qu'elle se trompait et que Gold cherchait seulement à moyen d'atteindre Moe. Il fallait qu'elle en ait le cœur net.
~00~
Emma entra chez le fleuriste. Elle y vit Lacey, assise derrière le comptoir et entrain de lire un livre. La jeune femme leva les yeux vers le shérif. Elle lui sourit, referma son livre et se leva pour l'accueillir.
« Emma, je peux t'aider ?
-Je suis juste venue voir comment ça allait.
-Je vais bien, merci. »
Emma s'approcha et tendit l'oreille. Elle n'entendit aucun bruit. Apparemment, Moe n'était pas là. Tant mieux, pensa le shérif, comme ça elle pouvait lui poser tranquillement des questions.
« Tu arrives à te faire à la vie à Storybrooke.
-Oui, j'ai pris mes marques.
-Et tu as fait des rencontres ? »
Lacey acquiesça.
« Je parle souvent avec Ruby quand je vais au café.
-Et tu n'as pas parlé avec monsieur Gold ? »
L'expression de Lacey se figea à peine une seconde, avant de se reprendre.
« Henry m'a dit qu'il vous avez vu.
-Henry ? Le petit garçon que j'ai croisé ? »
Emma acquiesça, attendant que Lacey continue.
« J'ai été à la boutique de monsieur Gold pour acheter de vieux livres qu'il avait.
-Et c'est tout ? Tu lui as juste acheté des livres ?
-Oui. »
Emma soupira. Lacey venait de lui mentir, elle en était sûre.
« Lacey, je sais quand les gens mentent et tu es entrain de me mentir. »
Lacey regarda ses mains quelques secondes avant de lever les yeux vers Emma.
« Je n'ai pas juste acheté des livres. J'aime bien passer du temps dans sa boutique. On parle de littérature, il m'explique l'histoire des objets qu'il vend. Des fois je l'aide aussi.
-Lacey, je commence à connaître monsieur Gold et crois-moi, ce que l'on raconte sur lui n'est pas tout à fait faux. »
Lacey commença à s'énerver. Elle n'avait pas besoin d'écouter ce que pouvait penser les autres. Elle savait qui était vraiment monsieur Gold et ça lui suffisait.
« J'en sais suffisamment sur lui pour me faire ma propre opinion. J'aime parler avec lui, il me fait rire et c'est l'une des rares personnes dans cette ville à ne pas me regarder comme si j'étais folle. Maintenant Emma, si tu n'as rien à acheter, tu peux sortir. »
Emma acquiesça et se dirigea vers la porte. Elle posa sa main sur la poignée, mais se retourna une dernière fois vers Lacey.
« Fais quand même attention à toi. »
Elle ouvrit la porte et sortit de la boutique.
~00~
Cela faisait maintenant plusieurs jours que Regina avait remarqué leur petit manège. Elle observa Lacey alors que celle-ci sortait de la boutique de monsieur Gold pour se diriger vers le café de Granny et se mit à sourire. Bien sûr, elle avait été furieuse lorsque Lacey s'était échappée de l'hôpital, ceci ne faisait pas du tout parti de ses plans et elle détestait que tout ne se passe pas comme elle l'avait prévu. Mais une chose était sûre, dans ce monde-ci où dans l'autre, elle ferait tout pour que Rumplestiltskin n'ait pas sa fin heureuse. Regina reprit son chemin jusqu'à la boutique de Moe. Il était maintenant temps qu'elle s'en mêle. Elle vit le fleuriste sortir de sa boutique et charger plusieurs bouquets dans sa camionnette.
« Moe ! Appela-t-elle. »
Celui-ci lui sourit timidement et la salua, tout en continuant de charger sa camionnette.
« Est-ce que je peux vous aider ? Demanda-t-il.
-Je voulais juste prendre des nouvelles de vous et de votre fille. Encore une fois, je suis désolée pour ce qu'il c'est passé. Si j'avais su que Lacey était votre fille, j'aurais tout fait pour que tout se passe autrement.
-L'important, c'est que Lacey soit rentrée et que nous pouvons continuer à vivre comme avant. »
Regina acquiesça.
« C'est vrai, mais je m'inquiète pour elle. »
Moe s'arrêta de travailla et fixa la femme devant lui.
« Comment ça ?
-Cela fait plusieurs jours que je la vois aller dans la boutique de monsieur Gold et j'ai peur qu'il ne s'en prenne à elle. Après ce qu'il vous a fait. »
Moe passa sa main dans les cheveux, de plus en plus inquiet.
« J'ai voulu vous avertir.
-Oui, vous avez bien fait. Je vais parler avec Lacey. Merci Regina. »
Regina lui dit au revoir et partit en direction de la mairie, un immense sourire au lèvres.
~00~
Lacey ouvrit la porte de chez elle et entra. Elle venait de passer une nouvelle après-midi dans la boutique de monsieur Gold à l'aider. À part Emma, personne ne semblait au courant de ce qu'il se passait. Et à vrai dire, elle préférait que cela reste ainsi. Elle n'avait aucune envie d'inquiéter son père pour quelque chose qui avait si peu d'importance et elle n'avait aucune envie non plus que les habitant de la ville se mêle de sa vie. Elle alla monter dans sa chambre quand son père l'appela.
« Lacey. »
La jeune femme se retourna et le vit arriver du salon. C'était étrange, il lui avait dit qu'il allait rentrer plus tard.
« Papa, je ne t'avais pas vu. Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je t'attendais. Viens avec moi s'il te plait. »
Il se dirigea vers le salon et Lacey le suivit. Il lui fit signe de s'asseoir sur le canapé. Elle s'exécuta, se demanda pourquoi son père arborait cette expression aussi grave.
« Papa, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Moe resta silencieux quelques secondes, faisant les cents pas. Il se plaça devant sa fille et finit par lui dire :
« J'ai appris que tu passais beaucoup de temps dans la boutique de Gold. Est-ce que c'est vrai ? »
Lacey écarquilla les yeux. Comment pouvait-il être au courant ? Elle décida de lui dire la vérité, cela ne savait plus à rien de lui mentir, en plus, elle n'avait jamais était très douée.
« C'est vrai. »
Moe soupira et la regarda inquiet.
« Est-ce qu'il t'oblige à faire quoi que se soit ? Tu peux tout me dire, on ira parler au shérif, ne t'inquiète pas, il ne pourra rien te faire.
-Il ne m'oblige à rien. J'aime passer du temps là-bas. »
Le visage de Moe se décomposa.
« As-tu perdu la tête. Il est dangereux Lacey, il est hors de question que tu continues à aller là-bas.
-Comment peux-tu le juger ainsi, tu ne le connais pas.
-Crois-moi, j'en connais suffisamment pour savoir que tu ne dois pas t'approcher de lui. »
Lacey se leva d'un bond du canapé. Pourquoi son père refusait de voir la vérité sur monsieur Gold. Qu'il n'était pas le monstre que la ville décrivait.
« Qu'est- ce qu'il s'est passé pour que tu le détestes à ce point ? Demanda-t-elle. »
Moe se figea et fixa Lacey.
« Il m'a agressé. Si le shérif Swan n'était pas arrivée à temps, il m'aurait tué. À cause de lui, je suis resté plusieurs semaines à l'hôpital. »
Le visage de Lacey se décomposa, ses mains se mirent à trembler. Ce n'était pas possible, il n'aurait jamais fait ça. Ce n'était pas l'homme qu'elle avait appris à connaître.
« Pourquoi ? Demanda-t-elle d'une voix faible. Pourquoi a-t-il fait ça ?
-Parce qu'il est dangereux. »
Moe s'approcha de sa fille et lui prit les mains.
« Tu comprends maintenant ? »
Mais Lacey ne l'écoutait plus. Elle retira ses mains et se dirigea vers la porte.
« Il faut que je lui parle, dit Lacey.
-Lacey, qu'est-ce que tu fais ? Lacey ! »
Elle ouvrit la porte et sortit de chez elle. Une fois dehors, elle se mit à courir aussi vite qu'elle pouvait jusqu'à la boutique de Monsieur Gold. Il fallait qu'elle sache. Qu'elle sache si son père disait la vérité. Et si c'était vrai, pourquoi il avait fait ça ? Il ne pouvait pas s'être adonné à un tel acte de violence gratuitement. Elle ne s'arrêta pas de courir, ses jambes commençaient à lui faire mal. Elle arriva enfin devant la boutique de monsieur Gold et ouvrit violemment la porte. Comme à son habitude, la boutique était vide. Monsieur Gold arriva de l'arrière boutique et semblait surpris de la voir.
« Lacey ?
-Est-ce que c'est vrai ? Demanda-t-elle à bout de souffle. »
Le visage de Monsieur Gold se referma. Il ne montrait plus aucune émotion.
« Quoi donc très chère ? Demanda-t-il.
-Vous avez agressé mon père. »
Les yeux de monsieur Gold se plissèrent. Ses mains serraient sa cane de plus en plus fort.
« Alors ? Insista Lacey.
-Il me semble que vous connaissez déjà la réponse. »
Lacey avait l'impression que son cœur allait s'arrêter. Comment avait-il pu faire ça ? Elle avait refusé de croire ce que les habitants de la ville pouvaient dire sur lui. Elle avait même pris sa défense face à son père. Elle avait l'impression d'avoir été trompée, qu'il s'était moqué d'elle depuis le début. Elle sentait une immense colère.
« Pourquoi ? Pourquoi avez-vous fait ça ? »
Monsieur Gold était de plus en plus furieux. Il n'avait pas bougé d'un centimètre, mais son regard devint noir.
« Parce qu'il m'a volé.
-Et pour ça, vous l'avez envoyé à l'hôpital ?
-Il m'a volé ce que j'ai de plus précieux. »
Lacey ferma les yeux et secoua la tête, ne voulant plus l'écouter.
« Je ne veux plus vous revoir ! Hurla-t-elle. »
Elle quitta la boutique aussi vite qu'elle était arrivée. Monsieur Gold était furieux. Il leva sa cane et détruisit toutes les vitrines de sa boutique. Il frappa encore et encore jusqu'à ce que la colère diminue. Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre ? Belle, elle, l'aurait écouté. Elle ne l'aurait pas jugé comme venait de le faire Lacey. Il s'arrêta de frapper, à bout de force. Des morceaux de verres étaient éparpillés partout autour de lui.
~00~
Une semaine s'était écoulée et Lacey avait passé ses derniers jours à éviter monsieur Gold. Elle se trouvait dans la boutique de son père, préparant un bouquet que Ruby avait commandé pour l'anniversaire de sa grand-mère. Mais elle n'arrivait pas à oublier ce que lui avait dit monsieur Gold. « Il m'a volé ce que j'ai de plus précieux. » Qu'est-ce que son père avait bien pu lui voler pour que monsieur Gold soit furieux à ce point ? Moe sortit de l'arrière boutique, un immense bouquet dans les mains, une commande qu'il devait livrer.
« Tout va bien ? Demanda Moe. »
Lacey sortit de ses pensées. Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle était entrain de fixer son père.
« Est-ce que je peux te poser une question ? »
Moe acquiesça. Lacey se tut quelques secondes, hésitante, avant de se lancer.
« Qu'est-ce que tu as volé à monsieur Gold ? »
Moe posa le bouquet sur le comptoir et perdit son sourire.
« Je croyais que la question était réglée. Pourquoi veux-tu savoir ça ?
-S'il te plait, réponds-moi. »
Moe se passa les mains sur le visage et était de plus en plus nerveux.
« C'est le maire Mills. Elle voulait que je rentre chez lui et que je lui vole quelque chose. »
Un frisson d'angoisse traversa Lacey lorsqu'elle entendit le nom du maire.
« J'étais désespéré. Gold m'avait tout pris, je ne pouvais plus travailler. Alors je lui ai ramené plusieurs objets, mais elle ne voulait en garder qu'un. C'était une tasse blanche cassée. »
Une tasse blanche cassée. Une image passa alors dans l'esprit de Lacey. Elle se voyait dans une magnifique robe jaune, ramassant une tasse blanche sur laquelle un morceau venait de se casser. Elle leva les yeux vert un homme à la peau dorée et verte. Il l'observait, assis au bout d'une grande table.
« Je suis désolée, je l'ai ébréchée. Mais c'est à peine si ça se voit, lui avait-elle dit en espérant qu'il ne se mette pas en colère.
-Ce n'est qu'une simple tasse. »
Cette image n'avait duré qu'une seconde, mais cela la perturbait. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
« Maintenant cette histoire est close, dit Moe. »
Il attrapa le bouquet et sortit de la boutique pour commencer ses livraisons. Lacey resta un moment sans bouger, réfléchissant à cette image qui lui restait en mémoire. Elle ne comprenait pas, mais tout ce qu'elle savait, c'était que cet homme était monsieur Gold. Elle en était sûre. Elle sortit, ferma la boutique et se dirigea vers celle de monsieur Gold. Il fallait qu'elle le voit. Lui seul avait les réponses à ses questions. Elle arriva devant sa boutique et y entra. Il se trouvait derrière le comptoir et réparait une vieille horloge. Il leva les yeux vers elle.
« Lacey. Je ne pensais pas vous revoir. »
Lacey s'approcha de lui et le regarda droit dans les yeux.
« J'ai parlé avec mon père du cambriolage. Il m'a dit pour la tasse cassée. »
Monsieur Gold resta impassible, ce qui rendit Lacey un peu plus nerveuse.
« Je voudrais voir cette tasse.
-Et pourquoi ça très chère ?
-Quand mon père m'a parlé de cette tasse, j'ai... J'ai eu une sorte de flash. C'était comme un souvenir. »
Monsieur Gold écarquilla les yeux. Il devait probablement la prendre pour une folle maintenant, pensa-t-elle, comme la plupart des habitants de la ville. Mais il lui demanda d'attendre et alla dans l'arrière boutique. Il revint quelques secondes plus tard, une tasse blanche à laquelle il manquait un morceau, à la main. Il la lui tendit et la regarda comme s'il espérait quelque chose. Elle prit délicatement la tasse dans ses mains et passa son pouce sur la partie cassée. C'est alors que cette étrange sensation recommença. Mais cette fois-ci, plusieurs images défilèrent dans son esprit.
Lacey se trouvait dans une grande salle. Le genre de salle que l'on pouvait trouver dans un château. Avec elle se trouvait son père, un autre homme brun et une créature à la peau doré et habillée de cuire. La créature s'adressa à elle avec un sourire.
« C'est pour toujours, très chère. »
C'est alors que tout lui revint. Il s'agissait de Rumplestiltskin, le Ténébreux, l'être le plus craint au monde et elle avait promis de le suivre pour toujours pour sauver son village. Dans ce monde ci, elle n'était plus Lacey French, mais Belle, fille du Seigneur Maurice.
Elle se revoyait au château des ténèbres, agenouillée, ramassant la tasse qu'elle venait de faire tomber, effrayée pour la première fois de ce que Rumplestiltskin pouvait lui faire.
« Je suis désolée, je l'ai ébréchée. Mais c'est à peine si ça se voit.
-Ce n'est qu'une simple tasse. »
Il avait l'air surpris de sa réaction, comme si elle n'aurait pas dû avoir peur pour quelque chose qui avait si peu d'importance. Mais depuis ce jour, Rumplestiltskin insistait pour boire son thé dans cette tasse ébréchée.
Les images défilèrent de plus en plus vite. Elle revivait toute sa vie en à peine quelques secondes.
« Dîtes, pourquoi passez-vous tant de temps sur votre rouet ?
-J'aime faire tourner la roue, ça m'aide à oublier.
-Oubliez quoi ?
-Je crois que ça a marché. »
« Je crois que vous vous sentiez seul. N'importe quel homme se sentirait seul.
-Mais je ne suis pas un homme. »
« C'est un amour véritable ! Pourquoi ne me croyez-vous pas ?
-Parce que personne ne pourra jamais m'aimer ! »
« Tout ce qu'il vous restera, c'est un grand vide dans votre cœur et une tasse ébréchée. »
Elle regarda l'homme devant elle. C'était bien lui. Un immense sourire se dessina sur son visage.
«  Rumplestiltskin. Je me souviens.
-Belle. »
Il mit plusieurs secondes à réaliser que c'était réelle. Belle était bien là et elle se souvenait de lui, de ce qu'ils avaient vécu. Elle ne le regardait plus comme un étranger. Il s'approcha et la serra dans ses bras, aussi fort qu'il pouvait, de peur qu'elle ne disparaisse à nouveau.
« Je t'aime, dit-elle. »
Rumplestiltskin s'écarta un peu et lui caressa la joue.
« Je t'aime aussi. Belle, je suis désolé pour se qu'il s'est passé. »
Il était tellement désolé. Si seulement il l'avait écouté, s'il n'avait pas laissé la colère l'envahir, il aurait pu la protéger de Regina.
« Je sais Rumplestiltskin. Je sais. »
Il approcha ses lèvres des siennes et tous deux s'embrassèrent. Plus rien maintenant ne pourra les empêcher d'être ensemble, ni la magie, ni Regina. Et bientôt, le sort sera rompu et il pourra enfin retrouver Baelfire avec Belle à ses côté. Il avait enfin sa fin heureuse.
Fin
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lossinvivo · 4 years ago
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LOVICIDE / 4
Maman me coiffe tout en enviant mes cheveux. Selon elle, ils sont blonds vénitiens. Elle nie leur penchant pour le roux. La brosse les tire, les démêle avec une prenante difficulté. C'est cette difficulté qui assure une croissante satisfaction. « Tu es belle », murmure ma mère à mon oreille. Sa paume épouse mon épaule ; elle le dit si bas qu'elle semble me confier un secret, alors je fuis mon reflet dans la glace. J'ai l'impression qu'elle évite ce vertigineux portrait, ces reflets montagneux, rocheux, sur mon faciès. Les petites croûtes marquent la fin du processus de guérison. Mes lèvres sont décousues, figées par la douleur de prononcer des mots se coinçant toujours entre mes dents. Le ruban glisse, serre, resserre, puis soutient une couette. Papa pénètre dans la pièce, Armand dans les bras. Il est imprévisible, ne toque pas à la porte et la pousse du pied. Il ne connaît pas les poignées, les serrures, l'intimité. Il viole du regard. Iceberg blotti dans l'océanique obscurité de la chambre, oppressante comme la menace d'un requin, sa présence éveille mon instinct de survie. Il prend du territoire bien que silencieux, discret et dispersé dans l'horizon céruléen. — Je t'échange Armand contre la gamine. Armand, c'est Armand. Moi, c'est la gamine. Devant maman, il dit « la » en insinuant qu'il en a d'autres, des comme ça. En réalité, je suis « sa » gamine – la seule et l'unique. — Je finis de la préparer, répond-elle. — Quoi ? Vous comptez aller où ? Maman est horrifiée par son mari. Ce qu'il fait avec sa langue, ce n'est pas parler mais lécher les abyssales parois de la malséance, cracher sur la pudeur de leur couple. Elle essaie de me retenir avec elle – de me protéger du grand méchant loup. C'est rare, qu'elle le fasse. Etant donné qu'elle me coiffe, elle n'est pas obligée de fuir l'absurde expression que prend mon père quand il la surprend en train de prendre mes mesures ou de m'habiller. Son halètement et la distorsion de ses muscles, de ses traits, rend même Armand perplexe. Même à trois ans, il sent qu'il y a un truc qui ne va pas chez celui qui lui donne des cuillères de purée et des biberons mal chauffés. — On va aller acheter de quoi cuisiner le repas de ce soir. Qu'est-ce que tu aimerais ? — Moi je m'en fous, du putain de dîner. Ouvre une boîte de conserve, j'en sais rien, mais laisse-nous tranquilles. Sors ton fils, il a besoin d'air. Je lance un regard désespéré à maman à l'aide du miroir nous faisant face. Il coupe la tête de mon père et montre sa fille, au physique d'enfant, paniquée. La prestance de papa est similaire à celle que dégagent les cavaliers d'armures sans corps, sans un brin de peau pour laisser deviner le visage. Même si papa n'avait pas tête, je le reconnaîtrais dans le vent, qui prend d'assaut les territoires paisibles. — D'accord. Armand, on y va. Je m'apprête à crier au scandale, à pleurer en m'arrachant les cheveux quitte à gâcher le travail de ma mère pour manifester ma peur, mais garde mon calme. Elle ne m'adresse pas la moindre excuse, ce petit sourire de secours consolateur, n'affiche pas d'empathie ou de remords, puis quitte la chambre avec mon petit frère. On l'entend mettre ses chaussures, ouvrir le placard, en sortir un vieux manteau, un second pour Armand, et quitter les lieux. La poussette se situe juste devant la porte. J'entends la boucle de la ceinture de sécurité, ce qui étrangement me rassure. Ensuite, je compte. Sans prier, ni respirer. Un, deux, trois, quatre... Ça ne passe pas. Une boule au ventre. J'ai quinze ans, on croit que j'en ai douze tant je suis menue. On me reproche d'être timide à l'école, de ne pas répondre vite et d'avoir la tête dans les nuages. Apparemment, je flotte, ce qui ferait de moi une rebelle. Les professeurs de sport disent que j'ai le réflexe lent. Mes performances sont limitées, ça déplaît, et la compassion ne suffit pas à alléger le poids des reproches. Ils n'ont pas idée de ma souffrance, du tiraillement ancré en mes os. Mes muscles sont déchirés, pas aussi lestes que ceux de mes jeunes camarades. Eux sont capables de bondir, courir,
bouger. Ils vibrent avec le vent, profitent de sa fraîcheur, se drapent de soleil et de sueur. Ils peuvent bronzer, soulever leurs tee-shirts et essuyer les traces de sudation leur conférant le pimpant éclat de la candeur. Ils sont innocents, probablement plus que moi. Les cours de SVT les font rire, ils se demandent comment les humains peuvent s'adonner aussi consciencieusement à la recherche du plaisir. Pourquoi l'amour s'y loge, pourquoi les hommes le puisent des tréfonds de leurs partenaires. Certains disent l'avoir déjà fait, plusieurs fois même. Les garçons se sentent grands quand ils ont passé ce « cap », que ça y est, un autre esprit s'est intéressé à leur gland – c'est une preuve d'intelligence et de considération pour eux. Le dessous des jupes les attire, l'odeur des culottes les inspire. Leurs mains se baladent, libidineuses et prétentieuses, mais ne vont jamais plus loin que les coups d'œil glissés à la montée des escaliers ou en croisant les vestiaires des filles, à la piscine. Les poitrines poussent, pareilles à des fleurs, voire des fruits. Juteuses et délicatement sucrées. L'adolescence en fera des bonbons, des chocolats pleins de liqueur, alcoolisés de manière à plus tard affoler les sens, les exciter. Il y a des adultes qui trouvent ça excitant, les bourgeons. Les jeunes filles, tout comme les jeunes garçons, se façonnent chacun un monde. Ils se construisent un cocon, d'abord chenilles, attendant le jour où ils en sortiront, alors papillons prêts à répandre la poussière de leur envol. Pour certains, ça n'aura pas lieu. Des mains les priveront de cette étape, vicieuses, et les embourberont dans la graisse, la sudation, les poils, les parfums que l'instinct trouve sales. Elles leur cacheront la vue, les rendront aveugles et accroîtront leur sensibilité. Autour des poitrines prostrées, des oesophages dont on condamne la gloutonnerie ou force à l'insatiabilité, des lèvres scellées, a ainsi rôdé le fascinant interdit de l'infantile sexualité, dérobée par les inconcevables amours des pédophiles. Et papa, c'est un pédophile parce qu'il n'aime pas sa fille de la bonne façon. Il parle la bouche pleine, laisse traîner des miettes de pain dans sa barbe, cogne du poing sur la table. Ses baisers sont piquants, si goulus qu'ils en deviennent éhontés, et ses coups durs comme de la roche. Quand on le regarde, on croit aux enfances difficiles ; à ses dégâts ou encore à la malchance. On hérite de beaucoup de ses parents, y compris leur désarroi et leur ineptie. Armand est un garçon. Plus tard, il deviendra comme papa. Moi, j'ai pris de maman – de son silence. Armand sera colérique et instable tandis qu'à côté, je serai toujours tendre, docile, simple à comprendre. Papa dénoue le ruban soutenant mes cheveux. Cette fois, il ne tire pas d'un coup sec mais l'enlève lentement, presque avec affection – la lenteur, ici, c'est l'affection. Le zip de ma jupe chemine le long de ma cuisse. Il la saisit soudain et la crasse de ses ongles s'enfonce en elle. Papa me griffe, bandant tel un taureau son arc afin de viser mon plein centre. — Tu es mouillée. Ce doit être de la pourriture, me dis-je, voire les défécations d'un cadavre en état de décomposition. Le sang glacé, je deviens poupée : je ne suis que de la porcelaine, luisante et douce au toucher. Rien ne peut passer à travers moi tant je suis creuse, mon entièreté n'étant qu'une robe d'agonie dont jamais je ne me délivre. J'inspire, j'expire, expiant le péché prenant place en moi. Solide, maîtresse de moi-même, je ne fléchis pas. Je ravale les larmes, qui ont cette fois le même goût que la salive : un goût de rien, de ce dont la bouche est remplie. Le mal est pareil, il n'a aucune saveur hormis celle de l'habitude. Papa affiche une expression désintéressée. Sa respiration est calme et, en le voyant accomplir sa tâche avec minutie, détenir le pouvoir de le soulager de ses tracas ordinaires semble tout posséder d'un honneur. Il requiert mon sourire d'enfant, de baby doll. « Ma petite », je l'entends murmurer sur un fredonnement me rappelant la résonance des coups. Le terme
possède la même distorsion sonore me braquant les os. Lorsque le glaive s'insère entre mes parois, le mécanisme s'active. Ce qui avait autrefois été de la glaise, matériau promettant des miracles à l'artiste, a durci : mes intérieurs sont d'une anormale sécheresse. Aucun ruisseau ne surgit d'entre eux et il n'y a que les assoiffés, victimes d'un mirage, pour songer à s'y abreuver. Il faut alors creuser, faire jaillir le point d'eau même si nul élément n'en indique l'existence. Il faut cultiver l'espoir, douloureusement et difficilement. Je sens l'arme du crime pénétrer mes entrailles et leur voler toute dignité. On m'épie. L'épine s'ancre en mes profondeurs. Papa creuse, à la recherche d'un trésor.
Il creuse, creuse, et continue de creuser. Je creuse ma tombe, et papa continue. Je suis un temple profané et lui le purgeur des fanatiques. Il creuse pour m'enterrer et me délivrer du mal que je porte en moi, alors j'accepte ce qui m'est dû en silence.
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syruppawnao · 5 years ago
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Story Obey me FR 5-14 suite
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Beel - Même si tu détestes les démons? Luke - Et bien, quel choix ai-je ? … C'est le seul endroit auquel je pourrais aller. MC - Je pense que nous devrions le laisser rester ici / Trouve un autre endroit où t'écraser, Luke / Beel, je te laisse ça. Luke - Oh MC… Je savais que je pouvais compter sur toi ! Tu est vraiment un ange ! Beel -… D'accord, Luke peut rester ici. Il m’a donné un gâteau, après tout. Luke -…! Vraiment ? Je peux rester ? Beel – Assure-toi simplement que mes frères ne te découvrent pas. S'ils savaient que j'abritais un ange, ils me chasseraient du dortoir. Luke - Très bien, compris ! Laisse moi ! Je veillerai à ce que personne ne le découvre jamais ! Tu penses que je vais laisser des démons me trouver ? Je ne PENSE pas ! Beel - Dans ce cas, rends nous service à tous et tais-toi.
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Mammon -… Hé. Quel est le problème, MC ? C'est tout ce que tu vas manger ? Si tu n’avales pas un petit-déjeuner convenable, tu vas manquer d’énergie avant le déjeuner. Luke - Alors tu es vraiment prêt à me ramener quelque chose à manger pour que je puisse prendre mon petit-déjeuner aussi ? Ce serait incroyable, merci… ! Wow, tu es si gentil, MC ! Oh, mais je ne peux pas manger ces trucs bizarres comme les démons. Comme des chauves-souris frites, des cerveaux de singe ... ce genre de trucs. De plus, je déteste tout ce qui est parfumé à la tomate. Je ne peux pas non plus gérer le ketchup. Et il y a des fromages que je n'aime pas… Cela dépend de la variété. Oh et aussi… Mammon - Tu as mal au ventre ? Est-ce que c'est ça ? MC – Est-tu inquiet pour moi, Mammon ? / Ouais, quelque chose comme ça / Laisse-moi tranquille, Mammon. Mammon - Qu…! N-non ! Pourquoi serais-je inquiet de savoir si tu as mal à l’estomac ? Pff. Tu pourrais avoir un extra-terrestre qui sortirait de ton ventre, que je m’en ficherais ! Si ton estomac te fait mal, va en pleurer chez quelqu'un d'autre! Pff quel idiot ! Asmo - Wow, tu es tellement désespéré de nier que tu t’en soucies en fait. C’est embarrassant de t’écouter quand tu es comme ça…
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Beel - Welp, je pense que j'en ai assez pour le moment. Mammon - Qu…?! Asmo - Hein ? Satan -… Mammon - Beel ! Tu vas vraiment… Laisser la NOURRITURE dans ton assiette ? Nourriture non consommée ? Tu dois te moquer de moi… ! Asmo – Je ne me souviens t’avoir déjà vu faire ça, et ma mémoire remonte à au moins 5000 ans ! Beel - Je n’ai pas dit que je n’allais pas en manger. Je vais la ramener à ma chambre et la terminer là-bas. C'est tout. Mammon - Est-ce la fin du monde ? Sommes-nous sur le point d'être envahis par l'armée des anges ? Asmo – Peut tu vraiment être appelé l’avatar de la gourmandise si tu n’a même pas fini toute la nourriture de ton assiette? Si ce n’est pas le cas, tu n’es qu’un démon ordinaire, n’est-ce pas ? Satan – Tu a ramassé un chat dans la rue et tu l’as ramené dans ta chambre, n'est-ce pas? C’est de cela qu’il s’agit. Beel, une fois que tu t’es assez amusé avec cet animal, tu devrais le remettre là où vous l'as trouver. Beel - En fait, c'est plus un chien qu'un chat… Satan - Hm ? Tu as dit quelque chose ? Beel - Non, rien. …
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Luke - Hmph. Considérant qu'ils appellent cet endroit la House of Lamentation, je m'attendais à ce qu'elle soit plus impressionnante. Mais c’est juste grand… c’est tout. À part ça, ce n’est pas si différent du Purgatory Hall. Hey ! MC, Beelzebub ! Qu'y a-t-il dans cette pièce ici ? Beel - Luke, tu ne peux pas quitter ma chambre quand tu en as envie. Mes frères le sauront. Luke - Mais tout le monde est en classe en ce moment, non ? Je ne peux pas rester enfermé dans cette pièce pour toujours. Je vais devenir fou ! Whooa ! Que se passe-t-il avec cette pièce ici ? Elle est bourrée de livres ! Et tous ont à voir avec des démons ! Beel - Ugh, il continue à courir partout. Je n'arrive pas à l'attraper… Luke - Wow ! La vue d'ici est incroyable ! Je parie que vous pouvez voir l'ensemble du Devildom ! Ohh, je vois le Purgatory Hall ! Regardez ! Cette fenêtre près de la flèche est ma chambre ! Mc, Beelzebub… Regarde ! Beel - *soupire*
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Luke -… Alors, tu as entendu l'histoire de Lucifer et de ses frères, n'est-ce pas? Ils étaient des anges… Enfaite, tous sauf Satan. C'était, il y a très, très longtemps. Il y a si longtemps que vous, les humains, ne pouvaient même pas imaginer à quel point. À l'époque, Lucifer était le plus fort et le plus beau de tous les anges. Il avait six ailes d'un blanc pur, et la lumière rayonnait d'elles… Maintenant, garde cela entre nous, ok. Vous ne pouvez absolument le dire à personne d'autre, compris ? Pas Beelzebub ni aucun de ces frères non plus. Mais à l'époque, j'admirais Lucifer encore plus que Michael. Et ce n’était pas que moi. D'autres anges ont ressenti la même chose. Je pense que tout le monde l’était enfait. Hehe, souviens-toi… c'est notre petit secret, d'accord ? Luke - D’AAAAAAAAAAAAAh! T-tu m'as fait peur ! Beelzebub ! Au moins, frappe avant d'entrer ! Bien sûr, c'est ta chambre, mais pour le moment, c'est aussi ma chambre ! Beel - Nous avons un problème. Tu es sur le point d’être découvert. Luke - ... Hein ? Beel - Nous avons une inspection surprise. Maintenant.
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histoiredelasociologie · 5 years ago
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Quand on vous présente une réforme économique il faut toujours se poser une question qu’on ne se pose plus : à qui cela profite ? Comme ailleurs, les préjugés sont dangereux amenant le débat public à des considérations étriquées vers des solutions uniques et réduisant le champ démocratique. Aucune mesure publique ne devrait échapper au débat sous prétexte qu’on ne débat pas d’une soi-disant vérité.
"Traité d'économie hérétique" de #ThomasPorcher (extrait avant sortie)
Il nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.
′′ Le succès de l'iPhone ne s'explique pas seulement par le talent de  Steve Jobs, mais grâce aux années de recherche et aux investissements  publics effectués en… amont. Une version de  l'histoire d'Apple trop peu racontée, trop souvent remplacée par le  fabuleux destin et les qualités extraordinaires de son fondateur. Ce  type de narration, qui abstrait les patrimoines accumulés dans leur  contexte, est un pilier important pour légitimer des politiques fiscales  accommodantes avec les plus riches ou même pour une certaine dose de  laxisme, qui justifie l'évasion fiscale. [...]  La force de volonté n'a pas beaucoup de poids par rapport à la reproduction sociale et faire croire aux gens que ′′ vouloir c'est pouvoir ′′ est principalement une manœuvre subtile de domination, qui permet aux classes sociales confortables de justifier leur statut. Et cela peut contribuer le moins possible au fonctionnement du reste de la société... L'individualisation des succès et des échecs est un leurre. Dans les faits, 75 % du statut socio-économique d'un individu est expliqué par l'origine sociale. Certes il y a des exceptions, des parcours personnels impressionnants, bien mis en avant par les groupes sociaux supérieurs pour entretenir le mythe du super-héros, maître de son destin. Mais, en réalité, le volontarisme ne pèse pas grand-chose face à la reproduction sociale et faire croire que "vouloir, c'est pouvoir" est avant tout une subtile manœuvre de domination permettant aux classes sociales supérieures de justifier leur statut. Et de s'arranger pour contribuer le moins possible au fonctionnement du reste de la société. Pourquoi payer des impôts quand on ne doit tout qu'à soi-même ? De l'autre côté, les chômeurs sont rendus responsables de leur statut pour éviter de désigner d'autres coupables comme la politique budgétaire européenne, l'euro, la financiarisation de l'économie ou le libre-échange. Tant de totems auxquels sont soumis nos dirigeants préférant sacrifier des vies au nom d'un catéchisme économique appris sur les bancs des grandes écoles... On mesure aisément qu'avec ce type de raisonnement les lignes du cadre  de pensée sont loin de bouger. Il y a également ce jeune entrepreneur,  diplômé d'une grande école, qui, plutôt que de combattre les causes de  la pollution, préfère créer une application qui identifie les rues les  moins polluées pour pouvoir faire son jogging. Ou cette étudiante de  Sciences-Po Paris qui lors d'une conférence sur le réchauffement  climatique où je débattais avec la sénatrice Fabienne Keller m'avait  lancé du haut de ses 23 ans : "Monsieur, votre exposé est intéressant  mais je suis en stage chez Total et vous devez comprendre que derrière  le développement des énergies renouvelables, il y a une question de  rentabilité et des enjeux financiers importants." Comment peut-on être  si jeune, si diplômée et d'un tel conformisme ? Le problème, c'est qu'en  acceptant ces règles du jeu viciées nous devenons, nous aussi,  coresponsables de la situation dans laquelle nous sommes. C'est pourquoi  il est urgent de sortir de ce cadre. Car le décalage entre les faits et  les actes - quelle qu'en soit la raison - est une nouvelle forme, plus  discrète et insidieuse de climato-scepticisme...  Quand il s'agit d'augmenter leur profit en rendant les législations  moins contraignantes, les multinationales, qu'elles soient concurrentes,  européennes ou non, parlent généralement d'une même voix.” #norme #libreéchange “En économie, le libre-échange ne signifie que l'interdiction de  protection : interdiction pour un État de protéger sa production, ses  emplois, ses habitants, ses normes de consommation, sa sécurité, sa  culture. Initiée par Adam Smith au XVIIIè siècle, la théorie du  libre-échange est apprise par tous les étudiants d'économie (dès la  terminale) et justifie les politiques économiques mises en place depuis  la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans "Recherches sur la nature et  les causes de la richesse des nations" (1776), Smith expliquait que  chaque pays a intérêt à importer un produit s'il est obtenu à un coût  plus faible que son coût de production. Pour utiliser au mieux  l'ensemble des ressources disponibles, il prône que chaque pays se  spécialise dans la production où il a un avantage absolu (donc un coût  de production d'un bien plus faible que ses voisins). [...] Dès lors, pour obtenir des financements, notamment via le FMI, il est  demandé aux pays les plus pauvres de se spécialiser dans une production  où ils ont un avantage (le pétrole pour le Congo, le cacao pour la Côte  d'Ivoire, etc.) et d'ouvrir leurs économies au commerce international.  Pourtant, l'histoire montre que la plupart des pays riches ont joué du  protectionnisme quand cela les arrangeait et qu'ils n'ont été des  fervents défenseurs du libre-échange que lorsqu'ils se trouvaient en  position de force.”
"Pour dominer un esprit libre, il faut lui imposer un cadre de réflexion... Or, c'est bien le but d'un cadre : fixer des limites au débat de sorte que ceux qui le respectent soient considérés comme des "gens sérieux" et que ceux qui cherchent à s'en affranchir, à proposer une alternative, soient disqualifiés d'emblée, classés comme "utopistes", "doux rêveurs" ou "dangereux irrationnels"... L'économie est-elle une science exacte capable d'établir des vérités  objectives et de faire preuve de neutralité dans l'établissement des  faits et des analyses ? Le débat ne date pas d'hier, mais il a enflammé  le monde des économistes il y a deux ans quand Pierre Cahuc et André  Zylberberg ont fait paraître un essai intitulé "Le négationnisme  économique. Et comment s'en débarrasser !". Dans ce livre, ils accusent  une partie de la communauté des économistes, notamment ceux du collectif  Les économistes atterrés, de faire de la politique et défendent l'idée  que, depuis plus de trois décennies, l'économie est devenue une science  expérimentale comparable à la médecine ou à la biologie. Les  controverses en économie n'auraient donc plus lieu d'être [...] Pour eux, certains sujets n'avaient plus lieu d'être débattus car la  science économique avait tranché, établi des "vérités" et permis de  dégager un consensus scientifique. Or il n'y a rien de plus stupide. D'une part, parce qu'un consensus n'est pas synonyme de vérité et,  d'autre part, parce qu'il peut évoluer justement en débattant. Pis,  certains consensus peuvent se révéler dangereux. Souvenez-vous, avant la  crise des subprimes, tous les économistes ou presque s'accordaient sur  le fait que les marchés financiers étaient efficients et stables, les  banques solides et une dépression totalement inimaginable. En réalité,  en économie, le consensus est plus l'exception que la règle, et les  économistes ne sont que très rarement d'accord entre eux."
La science économique a travaillé dur pour légitimer l'idée que l'individu est seul responsable de son propre destin. Mais ce n'est pas toujours ainsi ; ce choix est le résultat de longs affrontements sur 2 siècles entre différents courants de pensée.Le faible pourcentage d'individus qui saisissent l'essentiel de la richesse a tout intérêt à faire croire aux gens qu'ils le méritent. Il n'y a pas de meilleur moyen, pour l'emporter sur les autres, que de transmettre comme une vérité irréfutable l'idée que l'individu est le seul architecte de son propre destin et que le succès ou l'échec ne dépend que de son comportement. Cette narration se retrouve dans toutes les biographies ou programmes dédiés aux politiques, patrons, artistes ou sportifs. Tous placent leur personnalité à la base de leur succès plutôt que les institutions qui l'ont rendu possible; avec des politiques fiscales facilitées pour les gros revenus, légitimées en considérant l'accumulation d'immenses richesses comme provenant exclusivement de son talent et dont la taxation entraînerait donc le vol;avec des politiques humiliantes envers les chômeurs qui, à en juger par les parasites, doivent accepter d'être systématiquement contrôlés s'ils veulent éviter une baisse de l'allocation chômage. C'est ainsi que se manifeste concrètement la parabole de l'homme qui a créé le destin. Pourtant, la réalité est très différente et les faits montrent que la volonté individuelle ne peut pas faire grand-chose contre la "reproduction sociale".Science économique et individu La science économique a travaillé dur pour légitimer l'idée que l'individu est seul responsable de son propre destin. Mais ce n'était pas toujours comme ça; ce choix est le résultat de longs affrontements sur deux siècles entre différents courants de pensée. Au XVIIIe siècle, l'économiste #AdamSmith, considéré comme le fondateur de l'économie politique, a publié son livre intitulé Survey on the nature and causes of the wealth of nations. Dans son travail, Smith entreprend une véritable enquête sur la genèse de la richesse des nations. Son idée découle des prémisses de la révolution industrielle en Angleterre, mais aussi du fait que légitime idéologiquement l'ordre économique existant. Smith place les problèmes de répartition des richesses produites par les trois classes sociales au centre de son analyse: capitalistes, propriétaires terriens et ouvriers. À l'époque, il n'était pas fait mention de l'individu en tant que tel, mais plutôt de la classe à laquelle il faisait référence. Pour Adam Smith, le profit est le moteur de l'économie. Ou plutôt, les capitalistes avaient un rôle de premier plan: compresser autant que possible les salaires des travailleurs. Le concept de salaire de subsistance est alors apparu, l'ancêtre du salaire minimum, qui permettait au travailleur de se nourrir,lui et sa famille (pour que les enfants puissent devenir de futurs travailleurs), et d'être en mesure de travailler dans l'usine. Fondamentalement, cependant, le salaire n'aurait pas dû permettre au travailleur d'économiser de l'argent, afin de ne pas lui donner une chance de devenir lui-même un jour capitaliste. Selon Smith, il y avait donc une nette opposition entre deux classes sociales: les travailleurs et les capitalistes. D'autre part, il a reconnu la nature inégale de l'économie, mais l'a jugée nécessaire et a fait valoir qu'en fin de compte, grâce à l'accumulation de richesses - et ce que certains appellent plus tard pour ne pas lui donner une chance de devenir un jour capitaliste. Selon Smith, il y avait donc une nette opposition entre deux classes sociales: les travailleurs et les capitalistes. D'autre part, il a reconnu la nature inégale de l'économie, mais l'a jugée nécessaire et a fait valoir qu'en fin de compte, grâce à l'accumulation de richesses - et ce que certains appellent plus tard pour ne pas lui donner une chance de devenir un jour capitaliste. Selon Smith, il y avait donc une nette opposition entre deux classes sociales: les travailleurs et les capitalistes. D'autre part, il a reconnu la nature inégale de l'économie, mais l'a jugée nécessaire et a soutenu qu'en fin de compte, grâce à l'accumulation de richesses - et ce que certains appellent plus tard trinkle down, "Le travailleur anglais le plus pauvre sera toujours plus riche qu'un prince indien." La dynamique de l'économie capitaliste défendue par Smith est donc basée sur l'inégalité entre les classes sociales, mais de telle sorte qu'au final, la création de richesse profitera à tous. C'est à partir de cette vision présumée d'un affrontement «gagnant contre vainqueur» entre les classes sociales que #KarlMarx développa au XIXe siècle dans son livre Capital, la théorie de l'exploitation, point de départ de la lutte des classes. Pour Marx, les capitalistes peuvent exercer leur pouvoir sur les travailleurs parce qu'ils détiennent les moyens de production alors que les travailleurs ne peuvent vendre leur travail et sont donc obligés de compter sur les capitalistes. Cette asymétrie, générée par la possession de capital, permet au capitaliste d'exploiter surtout ses travailleurs en les faisant travailler plus longtemps que ne le justifie la rémunération. Marx souligne un point important: si les travailleurs étaient payés pour ce qu'ils produisent, le capitaliste n'obtiendrait aucun profit, donc payer les salaires moins que ce qu'il fait est la logique du capitalisme. Dans la capitale, révèle la violence de l'hostilité entre les classes sociales et la prévalence de l'une sur l'autre. En même temps, il explique que plus les travailleurs sont exploités, plus leur opposition au capitalisme augmentera. La logique économique d'Adam Smith et des économistes classiques est ainsi exposée. Face à ces révélations et au succès qu'elles ont obtenu, l'économie classique a forcément dû argumenter. Le fardeau reposera sur un courant de pensée né à la fin du XIXe siècle : celui du soi-disant "néoclassique", qui s'est efforcé de discréditer l'influence de l'équilibre des pouvoirs entre les classes sociales, en focalisant plutôt l'analyse sur l'individu et sur le fonctionnement. du marché. Les tenants de cette théorie chercheront également à faire prendre à l'économie l'apparence d'une science neutre, en formulant des modèles de plus en plus sophistiqués sur la base d'hypothèses de moins en moins réalistes. John Bates Clark, pionnier du courant néoclassique, expliquera que les agents économiques sont rémunérés en fonction de leur productivité marginale, c'est-à-dire que chacun reçoit en fonction de ce qu'il a produit.Le salaire des penseurs néoclassiques ne dépend donc plus du rapport de force entre capitalistes et salariés, mais des compétences du travailleur; s'il est doué, alors il sera bien payé et vice versa. Pour Marx, les théoriciens classiques n'avaient pas réussi à décrire la base de la logique capitaliste de l'accumulation de richesses, c'est-à-dire l'exploitation de la classe ouvrière par les capitalistes. Ceux qui appartiennent au courant néoclassique diminuent la question de l'exploitation en posant les bases de la microéconomie, c'est-à-dire en focalisant l'étude de l'économie sur l'individu. A partir de ce moment, les salaires ne dépendront plus des relations de pouvoir ou de l'exploitation, mais dépendront de la valeur du travailleur (ou de sa productivité).Un tel raisonnement nous permettra de nous éloigner de l'idée de relation exploiteur-exploitée mise en évidence dans l'analyse de Marx. L'individu, parfois appelé Homo œconomicus ou agent représentatif, assume donc progressivement un rôle crucial dans l'analyse économique. Les économistes du courant néoclassique ont donné une validité théorique à l'ordre économique existant et nombre de leurs théories ont été utilisées par la bourgeoisie contre les revendications des travailleurs découlant de l'analyse marxiste. De cette façon, leur succès à partir de 1900 peut également s'expliquer à la lumière de la crainte d'une révolution imminente. Les économistes nous montrent donc qu'un individu est un être «rationnel», libre de tout conditionnement social et motivé par les objectifs qu'il se fixe. Au cours de son existence, l'agent économique devra donc faire les bons compromis pour atteindre ses objectifs: temps consacré au travail et aux études,augmenter la valeur de son capital humain et donc de ses futurs salaires sur le marché; choix entre travail et loisirs, pouvoir se permettre de consommer, etc. Dans cette vision du monde, le sort d'un individu ne dépend que de ses choix et c'est donc à lui de décider sagement. S'il obtient son bon plan d'études, il aura un emploi bien rémunéré. Si vous préférez le travail aux loisirs, vous pouvez en consommer plus. Finalement, s'il est productif, son salaire augmentera. Bien sûr, il y a du bon sens dans ces déclarations, mais les choix individuels sont souvent influencés par l'extraction sociale, le grand absent de l'analyse économique.le sort d'un individu ne dépend que de ses propres choix et c'est donc à lui de décider sagement. S'il obtient son bon plan d'études, il aura un emploi bien rémunéré. Si vous préférez le travail aux loisirs, vous pouvez en consommer plus. Finalement, s'il est productif, son salaire augmentera. Bien sûr, il y a du bon sens dans ces déclarations, mais les choix individuels sont souvent influencés par l'extraction sociale, le grand absent de l'analyse économique.le sort d'un individu ne dépend que de ses propres choix et c'est donc à lui de décider sagement. S'il obtient son bon plan d'études, il aura un emploi bien rémunéré. Si vous préférez le travail aux loisirs, vous pouvez en consommer plus. Finalement, s'il est productif, son salaire augmentera. Bien sûr, il y a du bon sens dans ces déclarations, mais les choix individuels sont souvent influencés par l'extraction sociale, le grand absent de l'analyse économique. Elon Musk, #SteveJobs ou #MarkZuckerberg, pourquoi les Américains réussissent-ils (toujours!)? Toutes les biographies de ces jeunes entrepreneurs milliardaires racontent la même histoire: la montée rapide comme l'éclair d'une personnalité extraordinaire. Les premiers signes d'un caractère exceptionnel sont perceptibles dès l'enfance; un vieux professeur se souvient d'un étudiant turbulent qu'il est urgent de faire; plus tard, le groupe de camarades de classe universitaire témoigne des qualités de leadership du futur milliardaire qui s'est déjà affirmé pendant les années d'études; et enfin la compagne raconte l'amour et le soutien indispensable qu'elle lui a dédié, facteurs essentiels à toute ascension. C'est, dans la plupart des cas, la présentation à l'eau de rose du parcours de ces jeunes entrepreneurs, qui ne dépasse guère la sphère personnelle et celle de ses proches.Les raisons du succès résideraient dans les caractéristiques de l'individu - en particulier le célèbre esprit d'entreprise - plutôt que dans les circonstances qui lui ont permis d'y parvenir. Si l'esprit d'entreprise était la seule caractéristique nécessaire au succès, les pays en développement seraient les plus riches du monde. Les habitants de ces pays n'ont pas de grandes entreprises nationales qui peuvent les employer (ils travaillent souvent pour des multinationales avec des rôles qualifiés et peu rémunérés). Ils n'ont pas accès au financement pour démarrer leur propre entreprise (à l'exception du microcrédit avec des taux d'intérêt très élevés, qui ne permettent de mettre en œuvre que des microprojets). S'ils sont fonctionnaires, les salaires sont souvent bas et payés tardivement. Ainsi, pour combler les lacunes institutionnelles, ils développent l'entrepreneuriat de survie en parallèle avec une ingéniosité impressionnante. Gestion du stationnement et surveillance des véhicules, réparation de nombreux objets différents,chaque type de service personnalisé… Comme il n'y a plus de place dans l'économie, tout ce qui peut rapporter quelques dollars est subordonné à la création d'un service. L'esprit d'entreprise est exaspéré, mais malheureusement aucun des entrepreneurs de ces pays ne deviendra le nouvel #ElonMusk. Et pourquoi? Non pas parce qu'il est moins intelligent, mais pour le simple fait qu'il n'a pas les mêmes organisations et institutions qui lui permettraient d'avoir accès à la formation, aux ressources financières nécessaires et à un environnement économique adéquat. Warren Buffett, un homme d'affaires milliardaire américain, a souligné à cet égard: «Personnellement, je pense que l'entreprise est responsable d'un pourcentage important de ce que j'ai gagné. Place-moi au milieu du Bangladesh,du Pérou ou d'ailleurs, et vous verrez de quoi mon talent est vraiment capable quand il se retrouve dans un territoire défavorable! Dans trente ans, je lutterais encore! ". La réussite individuelle est avant tout collective car elle dépend des politiques mises en œuvre par les institutions et du capital productif, humain et social d'un pays. Prenons le cas de Steve Jobs. Outre les qualités indéniables de l'homme, le succès de l'iPhone n'aurait pas été possible sans Internet, sans écran tactile , sans GPS ou sans reconnaissance vocale. Cependant, toutes ces innovations proviennent du secteur public américain: Internet, GPS et reconnaissance vocale ont été développés dans le cadre des programmes de recherche du Département de la Défense et l' écran tactile a été inventé par un professeur d'université et son doctorant grâce à un financement public . Le succès de l'iPhone ne s'explique donc pas seulement par le talent de Steve Jobs, mais grâce à des années de recherche et d'investissements publics réalisés en amont. Une version de l'histoire d'Apple trop peu racontée, trop souvent remplacée par le destin fabuleux et les qualités extraordinaires de son fondateur. Ce type de narration, qui fait abstraction des actifs accumulés de leur contexte, est un pilier important pour légitimer les politiques fiscales accommodantes auprès des plus riches ou même pour un certain laxisme, ce qui vient justifier l'évasion fiscale. Mais la réalité est que, même avec l'identification de gestionnaires tout aussi brillants comme Steve Jobs, le succès d'Apple ne peut être reproduit dans aucun autre pays en dehors des États-Unis. Le succès n'est pas une simple question de qualités individuelles.Si les Américains excellent dans le domaine des nouvelles technologies, c'est parce qu'il y a eu des investissements publics au sommet de la chaîne de l'innovation et un État qui a créé et façonné ces marchés du futur, laissant aux entrepreneurs la tâche d'intercepter les innovations et de les commercialiser. Les impôts, si détestés par la classe entrepreneuriale, sont précieux car ils alimentent leur propre prospérité à tous égards. C'est l'État, à travers des interventions minutieuses, qui crée le contexte nécessaire à leur succès.très détestés par la classe entrepreneuriale, ils sont précieux car ils nourrissent à tous égards leur propre prospérité. C'est l'État, à travers des interventions minutieuses, qui crée le contexte nécessaire à leur succès.très détestés par la classe entrepreneuriale, ils sont précieux car ils nourrissent à tous égards leur propre prospérité. C'est l'État, à travers des interventions minutieuses, qui crée le contexte nécessaire à leur succès.Comment nous avons rendu les chômeurs responsables de leur situation À l'extrême opposé du succès, l'échec est également considéré comme un processus individuel. L'origine du chômage doit être recherchée dans le comportement de l'individu, qui doit être plus stimulé (par exemple en réduisant les allocations de chômage), donc mieux canalisé (lui interdisant de refuser plus de deux offres d'emploi) et, enfin, plus formé (pour satisfaire les secteurs en croissance, peu importe que les chômeurs aient d'autres aspirations). En outre, cette individualisation du problème du chômage dans la représentation théorique fournie par l'économie devrait être étudiée. Le courant de pensée dominant (celui des néoclassiques) explique qu'un individu choisit entre travail et temps libre en fonction de la rémunération proposée par le marché du travail. Si vous considérez le salaire comme satisfaisant,puis il accepte de sacrifier son temps libre au travail. Au contraire, s'il considère que les salaires ne sont pas adéquats, il choisit le temps libre et devient un "chômeur volontaire". Dans cette perspective, le chômage serait donc le résultat d'un choix individuel et souhaité entre loisirs et travail. La théorie, en réalité, cache le désir de transmettre des valeurs morales. D'un côté il y a les "braves travailleurs" qui acceptent un bas salaire et de l'autre les "slackers" qui, pour les mêmes salaires, préfèrent le temps libre. La légitimité de l'individu comme responsable de son propre destin et la stigmatisation des chômeurs qui en découle reposent sur cette représentation de la doctrine économique. Dans l'économie traditionnelle, la question du chômage cache essentiellement un préjugé moral qui reproche aux chômeurs d'être des paresseux. Ils devraient être encouragés par des sanctions et des obligations. Cette façon de peindre les chômeurs trouve un écho retentissant dans nos préjugés les plus fondamentaux: après tout, le taux de chômage de la Grèce de 21% ne s'explique pas seulement par le fait que le peuple grec est considéré comme oisif (et tricheur, car a falsifié ses bilans pour entrer dans la zone euro)? Le soleil et la mer ne le pousseraient-ils pas à privilégier les loisirs plutôt que le travail? Au contraire, le faible taux de chômage allemand ne pourrait-il pas être justifié par le caractère strictement teutonique et le souci de toujours faire du bon travail? N'est-ce pas, d'une manière résolument plus technocratique, la représentation fournie par la Commission européenne,ce qui oblige les Grecs à travailler plus longtemps et réduit les allocations de chômage et les pensions de retraite? Ce n'est pas ce que le nôtre fait élite tissant les éloges du modèle allemand, que nous devrions tous copier de haut en bas? Interdire de facto toute critique? Les préjugés et la volonté de blâmer sont réels, à peine cachés par le jargon théorique. Mais cette représentation des chômeurs ne tient pas. Hormis le fait qu'il peut y avoir des périodes où les «épidémies de paresse» tombent, presque par accident, comme en 1929 et 2008, les années des deux crises économiques les plus importantes. Pourquoi des millions de personnes ont-elles préféré leur temps libre pour travailler pendant ces deux années? Pourquoi un million et demi de personnes en France ont préféré le chômage à l'emploi depuis 2008? Pourquoi, en même temps, 3,3 millions d'Espagnols ont-ils fait le même choix que les Français, pour s'amuser? Qu'est-ce qui justifie le choix de ces individus? Ceux qui connaissent ou ont connu le chômage dans leur vie savent que ce sont des théories hallucinantes et que le chômage n'est pas le résultat d'un choix individuel, mais le plus souvent d'une tragédie subie. Et la politique économique est souvent le principal coupable. Ainsi, choisissant de réduire rapidement leurs déficits à partir de 2011, les pays de la zone euro ont clairement pris des décisions défavorables en matière d'emploi. Avec la mise en œuvre de politiques d' austérité , les dirigeants européens ont provoqué une contraction de l'activité économique qui a aggravé le chômage. Pendant la même période, les États-Unis faisaient exactement le contraire, augmentant leurs déficits pour soutenir la croissance économique. Le pire, c'est qu'en 2011, avant ces choix de politique économique absurdes, le PIB était presque revenu à son niveau d'avant la crise (en 2007). Les dirigeants européens ont pratiquement étouffé la reprise et provoqué une crise ad hoc dans la zone euro. Il faudra attendre 2016 pour que la zone euro retrouve son niveau d'avant crise du PIB. Ce sont surtout ces décisions de politique économique catastrophiques qui expliquent la montée du chômage, certainement pas le manque de motivation ou de formation des chômeurs. Le problème est macroéconomique (au niveau des politiques économiques), pas microéconomique (au niveau des chômeurs). Les dirigeants de la zone euro sont les responsables et les chômeurs victimes de ces politiques. Les politiques macroéconomiques paraissent abstraites aux yeux des citoyens, si sournoises que les co-gestionnaires de ces échecs, les politiques au pouvoir (Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en premier lieu, puis tous les autres qui ont suivi sans jamais remettre en cause ces traités), n'ont jamais eu à se justifier. Interroger les responsables de l'une des plus grandes catastrophes économiques - la gestion catastrophique de la zone euro - semble anormal. Au contraire, dire à un chômeur qu'il doit prendre en main sa propre vie, faire preuve de bonne foi, accepter des offres d'emploi qui ne correspondent pas à ses qualifications, ne pas faire le difficile, consentir à une formation même s'il n'est pas intéressé, accepter divers emplois précaires, semble-t-il être du pur bon sens. L'économie a les outils pour mettre en œuvre de bonnes politiques économiques qui pourraient créer des emplois, initier la transition énergétique ou réduire la dette.Les politiciens qui refusent d'utiliser ces outils ou qui les ont mal utilisés sont très heureux de ne pas avoir à se justifier. Personne ne choisit le chômage. Ceux qui soutiennent ces politiques humiliantes ne l'ont probablement jamais vécu. Sinon, il saurait que cela brise des vies entières; qui est souvent vécu comme un échec personnel; ce qui déstabilise la cellule familiale et conduit au divorce; ce qui provoque l'isolement et conduit souvent au suicide; et cette honte grandit chaque jour parce que la pensée dominante tend à dépeindre les chômeurs comme responsables de son statut . Cependant, attribuer la responsabilité de cette situation à un individu est un non - sens pas cher. Un chômeur, aussi courageux soit-il, ne trouvera guère de travail dans une situation économique négative et, au contraire, un "mou" en trouvera rapidement un dans une phase de croissance. Par conséquent, un individu n'a aucune influence (ou absolument minime) sur l'économie, par définition instable et cyclique, mais subit ses caprices économiques. Il appartient à nos élus d'utiliser des outils de politique économique pour tenter de stabiliser l'économie. Lorsqu'ils font de mauvais choix - comme cela est souvent le cas depuis plus de trente ans - les chômeurs en paient les conséquences. Il est nécessaire d'inverser le lien de causalité; les chômeurs sont victimes, subissent la crise, martyrs des dérives économiques des politiques. L'individualisation des succès et des échecs est une illusion. Avec le recul, 75% du statut socio-économique d'un individu provient de son milieu social. Certes il y a des exceptions, il y a des parcours personnels impressionnants, toujours mis en valeur par les classes sociales les plus élevées pour faire vivre le mythe du super-héros, architecte de son destin. Mais, en fait, la volonté n'a pas beaucoup de poids en ce qui concerne la reproduction sociale et faire croire aux gens que «vouloir est pouvoir» est principalement une manœuvre subtile de domination, qui permet aux classes sociales riches de justifier leur statut.Et de pouvoir contribuer le moins possible au fonctionnement du reste de la société. Pourquoi payer des impôts quand vous vous devez tout? En revanche, les chômeurs sont rendus responsables de leur condition pour éviter de désigner d'autres coupables, comme la politique budgétaire européenne, l'euro, la financiarisation de l'économie ou le libre-échange. Autant de dogmes auxquels sont soumis nos dirigeants, qui choisissent de sacrifier des vies au nom d'un catéchisme économique appris sur les rives des Grandes Écoles.
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lavegetarienne · 5 years ago
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je me tâtais à faire ce billet... 
je vais avoir l'air de dispenser des conseils "lifestyle" (faut dire comme ça maintenant), et je suppose que ça en regorge partout; d'une, je n'ai aucune envie de parler comme un magazine féminin, de deux, je n'aime pas faire dans la "tendance", de trois, ce genre de conseils enfonce des portes déjà grandes ouvertes 
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(de ma vie, je n'ai lu qu'un seul conseil qui m'ait vraiment appris quelque chose dans un magazine, et c'était un magazine... pour homme lol. bwef.)
je tiens quand même à faire cette démarche, aussi petite soit-elle dans l'océan que représente l'internet, et aussi dispensable soit-elle car je pense que si vous lisez ce blog, vous êtes déjà sensibilisé/es à la planète, à l'écologie en plus des animaux, mais... ben on sait jamais, voilà. 
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    Idées de cadeaux écolo
le meilleur cadeau est celui que l'on n'achète pas, c'est bien connu 
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dans cette optique, on peut faire des "cadeaux du placard". j'adore cette idée, je la fais souvent! ça permet de faire du vide chez nous et d'encombrer les étagères de quelqu'un d'autre! héhé! non, j'déconne.
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  enfin, oui, mais c'est pas ça l'esprit hein. c'est Noël, pour rappel, le partage, la chaleur humaine, tout ça...il y a peut être des choses que vous n'utilisez plus vraiment, qui démarreront une seconde vie géniale auprès de quelqu'un d'autre.  regardez du côté de votre vaisselle, de vos livres, de vos objets de décoration, de vos enfants, de vos bijoux ou sacs à main...  il y a peut être aussi une personne de votre entourage qui surkiffe un truc chez vous... pourquoi ne pas considérer lui en faire cadeau? (bon, ptêt pas votre chien ou votre mari, mais vous voyez le genre?) ce cadeau n'en aura que plus de valeur.
si vous êtes dans la mouvance minimaliste et/ou qu'il n'y ait rien chez vous qui puisse être offert, vous pouvez toujours aller vider les placards des autres sur le bon coin et les vide-greniers! tableaux, vaisselle, livres, bougeoirs, objets de collection, vases, vieilles boîtes en fer (qui peuvent être remplies de biscuits!!) ça ne pollue pas (c'est déjà fabriqué), ça ne nécessite pas (ou peu) de transport, ça n'enrichit pas amazon, et ça a aussi une aura bien plus belle qu'un produit manufacturé.
il y a aussi les cadeaux que l'on fabrique soi-même (quand on a dépassé le niveau de l'étron en pâte à sel ou du pot à crayons en rouleau de PQ de l'école maternelle, tout de même, sinon, abstenez-vous
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) quelques idées en vrac, à cliquer: - pour faire quelques produits de bôté: sels de bain et gommage au sucre , chantilly de karité et beurre de cacao anti peau sèche, gommage hydratant à la noix de coco , baume à lèvres - pour faire des tructrucs et autres zigouigouis  au crochet: allez voir chez Karine - pour faire des cadeaux mangeables, bah venez voir votre Valkyrie préférée (comment ça Valky qui? ben moi!!!
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): des chocolats décadents, de la pâte à tartiner qui devrait être remboursée par la sécu, des citrons confits (ça tombe bien, c'est la saison), des orangettes (chez votre rosecitron préférée), des rochers surprise sans jouet fabriqué en Chine dedans, des ptits zigouigouis enrobés de chocolat, etc. etc.
  si vous voulez quand même dépenser des sous... dépensez-les de façon éthique!
un cadeau équitable, qui fait plaisir et permet à quelqu'un à l'autre bout du monde de vivre dignement, d'envoyer ses enfants à l'école, et de travailler dans le respect de la nature, ou éthique, qui participe à la protection de la faune et de la flore (
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voir "cadon") la Fondation Nicolas Hulot a une boutique solidaire assez variée (il y a sans doute d'autres sites, hein, vous chercherez) attention, tous les articles ne sont pas vegan, je fais confiance à votre conscience éclairée.
un autre site qui me tient vraiment à coeur, c'est la Ligue de Protection des Oiseaux: il y a une boutique de cadeaux variés, dont les bénéfices permettent à l'association de soigner des oiseaux blessés, d'ouvrir des refuges, de communiquer et d'informer sur les urgences écologiques, de lutter contre le braconnage (quelle infamie mon Jacquouille...). mes recommandations vont en premier à la boutique Jardin d'oiseaux, qui propose des nichoirs, abreuvoirs, sacs de nourriture pour oiseaux, mais aussi des articles de jardinage et décoration extérieure. cela a un triple impact: ça aide la faune locale, ça donne des sous pour les actions d'envergure, et ça offre à la personne ciblée le magnifique présent du spectacle de la nature. mais vous trouverez aussi beaucoup d'éco-produits (nourriture, habillement, décoration, entretien de la maison...), de la papèterie, des articles de randonnée, des livres et des films.
            (je précise que je ne touche aucune commission sur ces sites, ce ne sont que quelques pistes reflétant mes sensibilités personnelles)
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                                                         Planning de Noël (by Pippa Middleton) je serais bien en peine, moi, de vous aiguiller sur l'organisation parfaite de Noël...  je fais tout au dernier moment et à l'arrache lol, le tout c'est que ça ne se voie pas (trop 
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). mais si vous faites partie des gens qui ont le souci du détail et de la perfection, ben vous allez m'en vouloir, parce que c'est déjà commencé depuis fin Novembre lol.
(d'ailleurs je ne vais pas trop le suivre, parce que je ne fais pas vraiment the Noël, mais plutôt plein de petits Noëls individuels, avé des potes par ci, par là, pas vus depuis longtemps ou plus ou moins en marge de la société. les invitations sont lancées, les recettes arriveront au fur et à mesure... il y aura du Noël italien et anglais... pour changer
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)
fin Novembre: fabriquez et remplissez les calendriers de l'avent - confectionnez vos cartes et étiquettes - préparez le pudding (traditionnellement le dernier dimanche du mois
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)
4 semaines avant Noël: fabriquez des décorations de Noël, des crackers, des couronnes végétales - recensez la vaisselle et le linge de table nécessaires pour la réception
3 semaines avant Noël: écrivez et envoyez les cartes de Noël -  si vous avez prévu des corbeilles de fruits et/ou des fleurs,  passez commande à ce moment-là (fuck les huîtres et la dinde, on est d'accord? sorry Pippa)
2 semaines avant Noël: établissez votre menu - achetez les boissons et les denrées non périssables - décorez le sapin et la maison (moi je le fais à la Saint Nicolas) - préparez des minces pies.
 1 semaine avant Noël: achetez les produits frais  - cuisinez et congelez un maximum de choses - emballez les cadeaux
quelques jours avant Noël: finalisez le plan de table - prévoyez l'espace pour les enfants et des jeux - préparez les desserts 
le soir de Noël: dressez la table - emballez les petits cadeaux de dernière minute - préparez une assiette pour le Père Noël et ses rennes (ou une offrande aux esprits, selon votre spiritualité) - mettez les boissons au frais - mettez des chants de Noël avant l'arrivée des invités.
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  je serais ravie de lire vos idées, conseils et traditions personnelles et familiales, si vous voulez bien les partager en commentaires. belles préparations de fêtes à vous!! 
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eilanetranslation · 7 years ago
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Avis sur le chapitre 35 (SPOILERS)
Hier, je vous avais promis un maxi-post, et bien le voilà! Désolée, je me répète un peu d'une réponse à l'autre, et il y a pas mal de blabla hors-sujet. Mais j'avais des choses à dire :')
Bien évidemment... SPOILERS!
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@angieoups
Saluuuut~ Ça va bien, merci :)
Je préfèrerais que Koogi et Lezhin décident une bonne fois pour toutes de réduire le rythme de publication. Bien sûr, je ne peux pas en vouloir à Koogi d'avoir des soucis de santé qui l'obligent à prendre du repos, mais je commence vraiment à être agacée par ces messages de dernière minute qui nous annoncent une pause d'une semaine/deux semaines/un mois etc.
En plus, à chaque fois, j'ai l'impression que Koogi est forcée de se justifier pour ne pas se faire insulter par certains lecteurs, en donnant des détails sur sa vie privée. C'est bien si elle a envie de partager avec nous, mais j'ai plus le sentiment qu'elle se sent obligée de le faire.
Et personne ne va mourir de devoir attendre deux semaines au lieu d'une!
Concernant le chapitre, je ne l'ai pas tellement aimé. Je ne l'ai pas trouvé mauvais, comme le chapitre 33, mais c'était pas non plus la folie.
Comme tu le dis, et je vais même plus loin, c'était un final beaucoup trop facile. Le dénouement pour Seungbae est exactement celui que je prévoyais depuis une dizaine de chapitres, ce qui enlève toute utilité à l'affaire du poste de police (alors que j'espérais un minimum d'impact.)
Le retour de Sangwoo et Bum à la maison, je ne l'imaginais pas tellement différemment, et contrairement à toi, je savais que Sangwoo agirait exactement comme ça. C'est vrai que je pensais qu'il changerait de visage dès qu'ils auraient passé la porte, finalement même pas besoin.
Et puis la scène de cul/viol... bah, elle m'a pas plu, et je suis loiiiiiiin d'être prude/facile à choquer/fermée d'esprit ou quoi que ce soit, donc ce n'est pas ça le problème. Je l'ai juste trouvée de mauvais goût,avec un Bum qui prend son pied et qui gémit des "je t'aime" à en perdre haleine, alors qu'en réalité il devrait avoir tellement mal qu'il pourrait à peine parler/bouger...
J'ai rien contre le sexe irréaliste dans les BL, où les gars sont des dieux dès leur première fois, où ils peuvent jouir cinq fois d'affilé sans problème, et où ils ont jamais besoin de préliminaires (parmi des tas d'autres clichés...) Mais j'ai toujours apprécié le réalisme dans KS, et cette scène m'a déçue et énervée.
Cela dit, j'ai quand même été satisfaite que Koogi ait rappelé à tout le monde que Sangwoo est un connard manipulateur. J'en pouvais plus des fangirls qui écrivaient après chaque chapitre "Ouah, Sangwoo est génial, et Seungbae est un connard!" Parfois, j'ai l'impression qu'on lit pas la même série...
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@jeanmidepain
Salut :) Merci à toi!
Pour résumer : chapitre bof, final de saison décevant.
J'ai toujours eu une relation amour/haine avec Sangwoo. J'adore son génie du crime, ses talents de comédien, ses affrontements avec Seungbae... (et il est sexy) mais je n'oublie pas qui il est vraiment! Alors, est-ce qu'il me dégoûte? Pas plus qu’avant, parce que je le savais capable de faire ça ^^
Après, concernant Bum, j'ai eu beaucoup de mal à être désolée pour lui pendant ce chapitre (alors que depuis le début de la série, mon coeur saigne pour lui <3). Je n'aime pas ce que Koogi est en train de faire de lui, une petite chose incapable de réfléchir par elle-même qui encaisse tout ce que Sangwoo lui fait et ne remet rien en question parce que "on est amoureux, hein!"
Et puis, cette scène de sexe... hey, je veux bien que Bum endure ce que lui inflige Sangwoo par amour, mais je refuse de croire qu'il y a vraiment pris du plaisir. Le masochisme, ça veut pas dire que t'aimes te faire déchirer l'anus hein.
Oui, Seungbae était proche, et il avait quand même des preuves contre Sangwoo! J'étais certaine que ça finirait comme ça, mais quand même, les policiers qui laissent repartir le duo alors que Bum est couvert de blessures - et qu'il n'a JAMAIS dit que ça venait de "l'ex-copain" que Sangwoo a complètement inventé, ça n'a aucun sens.
Est-ce qu'on peut considérer qu'un Bum complètement soumis et dévoué à Sangwoo, c'est une forme d'évolution? Personnellement, je préfère 1000 fois le Bum qui a essayé d'empoisonner Sangwoo, qui a essayé de s'enfuir, qui s'est opposé à lui, et qui était torturé par ses sentiments pour son tortionnaire.
Parce que le Bum qui dit des trucs comme "on est trop amoureux parce qu'on vit ensemble" et "s'il m'a insulté quand je lui ai dit que je me suis fait violer, c'est parce qu'il tient à moi!", qui n'a plus aucun doute sur son bourreau, et qui gémit des "je t'aime" à Sangwoo qui vient JUSTE de lui avouer qu'il se foutait de lui -  et qui, tant qu'on y est, est en train de le violer, il ne me plaît pas du tout.
Maintenant que la saison 2 est terminée, je peux le dire : quel est l'intérêt du génialissime chapitre 27? Quel est l'intérêt de Bum qui se rebelle contre son oncle dans le chapitre 33 (même si c'était un rêve)? Quel est l'intérêt de la discussion de Bum et Seungbae à la fin du chapitre 34?
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@hopelessprod
Hello~ ça va bien merci :)
MAIS TELLEMENT, TELLEMENT, TELLEMENT D'ACCORD AVEC ÇA!
Cette fin de saison, c'est à 3000% du fanservice, y a eu aucune surprise. La fin pour Seungbae, je m'y attendais depuis un bon moment déjà (avant même qu'ils n'arrivent tous au poste de police), et cette scène de cul était juste là pour faire plaisir à celles qui ne lisent la série que pour ça.
Attention, je suis fan de yaoi comme la majorité d'entre nous ici, et j'apprécie les (bonnes) scènes de sexe dans les mangas. Et, comme je l'ai écrit plus haut, je suis loin d'être prude. Mais j'ai pas aimé ce passage... Je suis déçue que Bum n'ait pas réagi plus que ça, quand Sangwoo lui a avoué qu'il s'était foutu de lui, et ça m'énerve de le voir gémir comme dans un film porno alors que si c'était un minimum réaliste, il devrait à peine pouvoir bouger/parler (parce que oui, une bite dans le cul sans préparation/lubrifiant, ça fait super mal - et on le voit saigner).
(Et je me contenterai de mentionner ces fangirls qui n'auront retenu qu'une chose du chapitre... "Ils ont enfin couché ensemble omg!")
Je me doutais que la saison 2 mettrait fin à l'épisode du poste de police mais... pas comme ça. Pas en mode "nan nan, c'est bon, vous pouvez partir, y a pas de souci, on est vraiment désolés, on va juste virer Seungbae et faire comme si rien s'était passé hein". C'était décevant, y a eu aucune conséquence pour Sangwoo.
Même si Seungbae a foiré son coup, que ses preuves n'ont pas suffi, que Bum n'a rien balancé, et qu'il a pété un câble devant tout le monde... à un moment, il a quand même réussi à instaurer le doute. Les blessures aux jambes de la fille du PDG et de Bum sont les mêmes, Bum - qui vit avec Sangwoo - est couvert de bandages et n'a jamais dit d'où elles venaient, et les policiers ont douté à un moment que les deux sortaient vraiment ensemble.
Je sais pas, mais même si ça suffit pas pour dire que Sangwoo est coupable, ça mérite quand même d'enquêter un peu plus sur Bum pour découvrir ce qui lui est vraiment arrivé... non ? Ça aurait été intéressant, si les policiers avaient demandé le nom de l'ex-copain mystère pour l'interroger/l'arrêter, ou tout simplement pour ensuite demander à Bum s'il veut porter plainte contre lui. J'aurais aimé voir Sangwoo galérer pour trouver une solution.
J'ai déjà dit que les policiers étaient des incompétents dans une précédente publication, et je sais que c'est pour servir la cause de l'histoire, mais c'est un peu gros quand même... et frustrant.
Et pour mon sentiment global sur ce chapitre... ouais, à peu près comme toi. Le dernier vrai bon chapitre de cette saison a été le 31. Il y a eu quelques bons moments depuis, mais globalement, j'ai pris beaucoup moins de plaisir à lire ces derniers chapitres.
Je m'inquiète vraiment pour la suite de Killing Stalking. J'ai adoré la première saison (en tout cas, c'est le souvenir que j'en garde). Je trouve que la deuxième a mis du temps à démarrer, pour ensuite avoir de très bons chapitres, et se finit sur un arc décevant.
J'espère que la relation de Sangwoo et Bum va changer drastiquement, et j'attends ce changement de la part de Bum. J'aime beaucoup Sangwoo tel qu'il est, et si par lui-même, il venait à s'adoucir et à devenir tout gentil avec sa victime, je serais déçue. J'attends pas un Sangwoo transi d'amour et tout mignon (par contre, un Sangwoo possessif, c'est intéressant...)
Ce que j'aimerais, c'est que Bum se rebelle et amène Sangwoo à changer - ou alors, qu'il se rebelle et essaye de le quitter, parce qu'il sait que Sangwoo ne changera pas. J'adorerais que Bum prenne le dessus sur leur relation, même si ça ne dure pas.
Mais, avec cette 2nd saison, je doute que tout ça arrivera, et j'ai peur que la suite soit juste "Sangwoo et Bum tuent des gens ensemble et sont amoureux, lololol".
J'ai hâte de la saison 3 pour une seule chose : Seungbae. J'adore sa vision détraquée et absolue de la justice. Maintenant qu'il a été viré, il n'a plus rien à perdre et sera prêt à tout pour arrêter Sangwoo... et ça promet d'être intéressant. Par contre, j'annonce tout de suite : s'il en vient à tuer quelqu'un, je serai déçue de lui.  
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Merci à vous trois pour vos questions <3 Et félicitations à ceux qui liront! Si vous voulez parler de certains points plus en détails avec moi, n'hésitez pas.
17 notes · View notes
voituresetmotos · 5 years ago
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À 9 000 $, cette Acura RSX Type-S 2006 pourrait-elle être votre type de transaction?
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Rob Emslie il y a 4 minutes • p Nice Price Or Crack Pipe 109 Sauvegarder la photo: p Cette voiture d'occasion est-elle une bonne affaire? Tu décides! Précédent Suivant Tout afficher Les coupés sport à traction avant étaient autrefois monnaie courante sur les autoroutes et les routes nationales, mais leur popularité a été usurpée par les multisegments. Le Nice Price d'aujourd'hui ou le Crack Pipe Acura RSX représente l'un des meilleurs de la race, mais son prix vous fera-t-il souhaiter qu'il soit resté oublié? Hé les garçons et les filles, quelle heure est-il? Avez-vous dit «Van Time?» Vous ne l'avez pas fait? Ah d'accord. Tout le monde n'est pas dans le style de vie des fourgons. Tout comme épousé pour la première fois par le personnage immortel de SNL de Chris Farley, Matt Foley, vivre dans une camionnette au bord de la rivière - aussi bucolique que cela puisse être - est vraiment une esthétique acquise. C’est aussi un problème qui exige une application prudente des fonds disponibles et c’est probablement la raison pour laquelle la camionnette Ford E150 camper-lite 2008 d’hier n’a pas retenu votre attention. Au moins 76 pour cent d'entre vous se sentaient moins que charitables à propos de son prix de 20 000 $, ce qui a fait gagner à la camionnette une perte importante de Crack Pipe. Le nom Acura est un mot inventé, mais comme il dérive des vrais mots «précis» et «exactitude», il semble à tout le moins substantiel et ambitieux. Il sonne aussi un peu japonais, digne de sa nation d'origine. Acura était avant tout une question de noms; ils en avaient aussi de très bons. Qui ici ne voudrait pas conduire une légende? Ou peut-être faire la navette avec Vigor? Bien sûr, lorsque les études de marché ont montré que ces noms de modèles généraient une meilleure rétention des consommateurs que la marque Acura, les choses devaient changer. Cela signifiait la fin des noms et l'adoption du charabia alphabétique qui avait commencé avec le NSX et qui rend aujourd'hui presque impossible de discerner un modèle du suivant dans la gamme de la marque. L'un des premiers destinataires de ce changement de nom a été la petite ligne sportive de la marque, qui est passée d'Integra à RSX au tournant du nouveau siècle. Toujours appelée Honda Integra sur d'autres marchés, elle est devenue beaucoup moins émotive RSX lorsqu'elle a fait ses débuts ici aux États-Unis en tant qu'Acura en 2002. Vous savez quoi, peu importe comment vous l'appeliez, la plus petite Acura était toujours une putain de bonne voiture. Et, ce RSX Type-S 2006 est l'un des plus fous de ceux-là. Le Type-S était au sommet de la gamme de modèles réguliers américains du RSX et présentait des différences substantielles par rapport à sa simple sœur. Vous pouvez le considérer comme le GTI du Golf RSX de base. La plus notable des mises à jour était un quatre chevaux de 200 chevaux K20A2 i-VTEC. Cela offrait 40 poneys de plus que son petit copain. Un bâton à six rapports rapprochés a été ajouté en 2005 et la voiture pourrait être équipée de belles jantes en alliage de 17 pouces. Celui-ci est livré dans un élégant magnésium métallisé sur un intérieur en cuir ébène. La carrosserie est bien entretenue sur les photos et les phares, qui deviennent généralement troubles sur ces voitures au fil du temps, semblent remarquablement clairs et fonctionnels. Les roues sont toutes bonnes sauf une, qui montre des signes d'éruption de bordure. Je suppose que vous ne pouvez pas tous les gagner. Il y a un modeste 112 500 milles au compteur et l'intérieur, étonnamment, en montre peu de preuves. Les sièges sport en cuir semblent intacts et il n'y a pas d'usure sensible évidente sur le volant ou le pommeau de vitesses en «titane». L'annonce note qu'il s'agit d'une voiture à deux propriétaires et qu'elle est livrée avec de nombreux dossiers d'entretien. Il n'y a rien de particulièrement remarquable dans le travail qui a été fait - une nouvelle batterie, un filtre K&N, Mobil 1 à chaque changement d'huile, etc. - mais il ne semble pas non plus y avoir de signal d'alarme. C'était la dernière année pour la RSX, car Honda ne savait vraiment pas ce qu'ils voulaient d'Acura à l'époque, et le marché des coupés sport était devenu alors un simple filet. Le passage d'Integra à RSX, évitant des années d'équité des noms de modèles, n'a probablement pas beaucoup aidé non plus. Le fait est que ce sont toujours des voitures incroyablement amusantes à conduire et assez agréables à vivre avec. Ça doit faire appel à quelqu'un, non? Pour pousser cet appel par-dessus, ce RSX devrait être livré avec un prix de tueur comme sa cerise sur le dessus. Nous devrons simplement décider si c'est le cas. Cette demande est de 9 000 $ et c'est beaucoup de moolah pour une Acura de près de 15 ans. En dehors du plus rare des rares - le NSX et les Type-R - Acura n'a pas vraiment de suite. Enfer, je ne pense pas qu'il y en ait autant à l'intérieur de Honda non plus. C'est dommage car ils construisent de très belles voitures quand ils le veulent, peu importe à quel point ils sont mauvais pour les nommer. Appelons ce RSX soit un bon prix ou un Crack Pipe en fonction de son titre propre, d'une excellente description dans l'annonce et de cette demande de 9 000 $. Que pensez-vous, pourrait-il raisonnablement valoir autant? Ou, est-ce un Type-S qui est juste le type cher. Tu décides! San Diego, CA Craigslist, ou allez ici si l'annonce disparaît. H / T à Christopher Lahti pour le branchement! Aidez-moi avec NPOCP. Frappez-moi à [email protected] et envoyez-moi un pourboire à prix fixe. N'oubliez pas d'inclure votre poignée Kinja.
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