#CE maud
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nihoniums-oc-emporium · 7 months ago
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The gang!!!
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princessesaphi · 3 months ago
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Au revoir et merci, Mme Lyfoung.
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jamie-007 · 4 months ago
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Je te souhaite assez....! 🙏✨
Récemment, j'ai entendu une mère et sa fille converser dans leurs derniers moments ensemble à l'aéroport alors que le départ de la fille avait été annoncé.
Debout près de la porte de sécurité, elles se sont embrassées et la Mère a dit :
"Je t'aime et je te souhaite assez. "
La fille a répondu : "Maman, notre vie ensemble a été plus que suffisante. Ton amour est tout ce dont j'ai toujours eu besoin. Je te souhaite assez aussi, maman." Elles se sont embrassées et la fille est partie.
La mère s'est approchée de la fenêtre où je m'étais assise. Debout là, je pouvais voir qu'elle voulait et avait besoin de pleurer.
J'ai essayé de ne pas m'immiscer dans sa vie privée, mais elle m'a approchée en me demandant : « Avez-vous déjà dit au revoir à quelqu'un sachant que ce serait pour toujours ?
"Oui, je l'ai fait", répondis-je. "Pardonnez-moi de demander, mais pourquoi est-ce un au revoir pour toujours ? "
"Je suis vieille et elle vit si loin. J'ai des défis à relever et la réalité est que le prochain retour sera pour mes funérailles », a-t-elle déclaré.
Quand vous lui disiez au revoir, je vous ai entendu dire : "Je te souhaite assez. " Puis-je demander ce que cela signifie ? "
Elle commença à sourire. « C'est un vœu qui a été transmis par d'autres générations. Mes parents le disaient à tout le monde. "
Elle s'est arrêtée un moment et a levé les yeux comme si elle essayait de s'en souvenir en détail et elle a souri encore plus.
« Quand nous avons dit « Je te souhaite assez », nous voulions que l'autre personne ait une vie remplie de juste assez de bonnes choses pour la soutenir ». Puis se tournant vers moi, elle a partagé ce qui suit, en le récitant de mémoire,
« Je vous souhaite assez de soleil pour garder votre attitude lumineuse.
Je vous souhaite assez de pluie pour apprécier davantage le soleil.
Je te souhaite assez de bonheur pour garder ton esprit vivant.
Je vous souhaite assez de douleur pour que les plus petites joies de la vie paraissent beaucoup plus grandes.
Je vous souhaite assez de gains pour satisfaire votre désir.
Je vous souhaite assez de perte pour apprécier tout ce que vous possédez.
Je vous souhaite assez de bonjour pour vous faire passer le dernier au revoir. "
Elle s'est alors mise à pleurer et s'est éloignée.
Ils disent qu'il faut une minute pour trouver une personne spéciale. Une heure pour l'apprécier, Une journée pour l'aimer et toute une vie pour l'oublier. ✨🌟💝
Bob Perks
La Numérologie de Maud
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ernestinee · 9 months ago
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Je viens de terminer "Mon mari" de Maud Ventura et omg men are trash mais ohhhhhh j'ai eu envie de lancer le bouquin à la fin comme une grande claque dans la tronche de son débile de mari.
Cette femme est amoureuse, passionnée, obnubilée par son mari, au point de tout consigner. Comment l'aimer mieux, comment être désirable, comment être mystérieuse, mais aussi toutes les fautes qu'il commet et sa façon de le punir. Genre : Il a enlevé sa main de la mienne et ne l'a pas remise alors que j'ai essayé trois fois, je vais éviter de répondre à ses appels téléphoniques plusieurs fois. Elle pense à lui constamment comme si la période passionnelle n'était pas encore terminée, alors qu'il est bien ancré dans sa routine rassurante de material husband. Je l'ai trouvée folle, puis touchante, puis folle, puis touchante. Elle détecte et interprète de façon intense le moindre signe, le ton de la voix, les mots utilisés, la musique qu'il écoute. Elle doute de chaque moment et se rassure comme elle peut, jusqu'au jour où ça va trop loin.
⭐⭐⭐⭐⭐ j'aurais mis 4 étoiles pendant tout le livre mais le dénouement ajoute une étoile et me fait comprendre pourquoi Amélie Nothomb en parle comme d'un "délice irrésistible"
J'ai maintenant envie de le relire par le prisme de ce que j'ai appris à la fin.
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twistedamoureux · 2 months ago
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Pourquoi expédions-nous toujours Lucille x Francœur si durement dans le fandom Un Monstre á Paris... ? ? ?
JE COMPRENDS, NON ? DANS UNE CERTAINE MESURE
Quand je l'ai regardé pour la première fois, je pensais qu'ils seraient ensemble aussi
Je suis juste surprise que ce soit le seul couple dont on ait parlé ici
J'ai besoin de faire de l'art avec les autres, comme Maud et Emile MDRRRR
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redlabopedagogique · 2 months ago
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#La Petite école : ouvrir le voir
On a souvent entendu à propos des œuvres d’Ann V. qu’elles font « apparaître l’invisible ». Mais de quel invisible parle-t-on ? Si on prend l’idée au sérieux, on doit accepter que l’invisible ne désigne pas ici ce qui ne se verrait pas (du tout), ce dont on ne ferait aucune expérience par le regard. Au contraire, les yeux sont archi-mobilisés. Cependant, il y a bien là quelque chose qui s’affranchit du « visible », une dimension de l’expérience qui échappe à nos velléités de reconnaissance, et favorise la perte de repères. L’artiste essaie de donner à voir la couleur pour elle-même, comme pur événement, la couleur comme sensation, indépendante de tous les « clichés », de toutes les démonstrations de la représentation. Au sens imaginé par Deleuze, Ann V. Janssens veut trouver pour la couleur une manière de s’élever au statut de « fait » (il y a une « montée en couleur »), sans être neutralisée dans des missions de représentation. Comment en parler alors ? Didi-Huberman propose d’utiliser le concept de « visuel », pour désigner ce plan d’expérience de l’œuvre qui n’est ni invisible (il y a bien perception par le regard) ni vraiment visible (au sens de : reconnaissable, identifiable avec certitude, ou lisible)[1].
Revenons à la catastrophe de la couleur. Quand elle me reparle de son travail récent sur les couleurs structurelles (et des recherches scientifiques réalisées par Maria Boto Ordonez dans un projet commun), Ann V. Janssens utilise à plusieurs reprises la même formule : « j’essaie de créer de petits accidents ». À partir de mélanges mijotés sur des plaques de verre et siphonnés à la seringue, un film coloré très fin se crée progressivement sur le support. Au cours du processus de séchage, ce film est susceptible de se rompre par endroits. L’artiste intervient volontairement pour optimiser l’intérêt de ces fêlures lumineuses (car aux abords de l’accident, sur ces lignes de vulnérabilité, la couleur est plus riche, le regard plus sollicité). « Je travaille la plaque » m’explique Ann V. Janssens, et puis.. « c’est ce que c’est ». Ni invisible (il n’y a pas « rien »), ni visible (il n’y a pas « quelque chose »), la plaque ouvre une expérience visuelle inédite. Selon l’angle d’approche, les couleurs varient, ne nous offrent aucun confort de stabilité, ne se fixent pas pour notre œil. On pense peut-être pouvoir identifier une sorte de « base » colorée, en réalité elle-même instable (ocre, moutarde, or, parfois vert vaseux ou vert mastic), mais la lumière change sans cesse, et si l’on s’écarte, ou si l’on pivote pour la prendre de biais, la plaque offre et avance des mauves, des bleus, des roses, dans des nuances infinies que les mots échouent à saisir définitivement.
Maud Hagelstein, La catastrophe de la couleur, in Ann Veronica Janssens, Grand Bal, pp. 282-288
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aurevoirmonty · 11 months ago
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"Un fasciste ne doute de rien et surtout pas de lui. Ce qu'il veut, il l'obtient."
Maud de Belleroche, Le Ballet des crabes (1975)
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ladyniniane · 3 months ago
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Hello ! 3, 4, 17 ? (Pour le questionnaire sur les livres lus cette année.)
End of year book asks
Salut et merci pour les questions :D
3) What were your top five books of the year?
Sans ordre de préférence :
-Emily de New Moon, Lucy Maude Montgomery. J'aime beaucoup les descriptions de la nature de cette autrice, ses histoires à la fois lumineuses et sombres. Si j'ai lu les 5 premiers tomes d'Anne, j'ai adoré Emily pour son désir de vivre de l'écriture.
-Les bergères de l'Apocalypse, Françoise d'Eaubonne. J'ai aimé ce texte qui laisse les femmes répliquer et prendre les armes face aux injustices qu'elles subissent. Ce n'est pas un texte tiède et sans épines. J'ai lu quelques textes de ce genre cette année (les écrits de Joanna Russ, Phallers, Houston, Houston, do you read?...) et j'ai beaucoup apprécié.
-La librairie ambulante, Christopher Morley. J'ai adoré le parcours d'émancipation de cette femme et le message sur le fait qu'il n'est jamais trop tard pour commencer une nouvelle vie.
-A l'ombre de Winnicott, Christian Niemec, Ludovic Manchette. J'ai été séduite par l'écriture et le mystère paranormal. On évite de plus un dénouement convenu.
-The teller of small fortunes, Julie Leong. Une cozy fantasy très bien menée, une atmosphère chaleureuse, des enjeux à taille humaine...Si je n'ai rien contre une romance, j'ai apprécié qu'il n'y en ait pas ici car cela aurait été trop forcé (et puis les romances de fantasy actuelles se ressemblent beaucoup trop, on pourrait remplir un bingo...)
4) Did you discover any new authors that you love this year?
Je garde un bon souvenir de ma (re)découverte de Joanna Russ, ce qui me donne envie de relire L'autre moitié de l'homme et The Adventures of Alyx.
J'ai également découvert avec intérêt des autrices "oubliées" comme Rachilde et Jane de La Vaudère.
Je continuerai aussi à lire les prochains livres de Tasha Suri !
17) Did any books surprise you with how good they were?
Le bracelet de jade de Mu Ming. C'est court mais le propos est bien pensé, le cadre change... Bref c'est de la fantasy qui fait plaisir à lire.
Sinon, il y a l'anthologie Warrior Enchantresses. Je n'en attendais pas grand chose, mais ces aventures dans différents cadres historiques m'ont bien plu (et puis bon ça commence avec une nouvelle de Tanith Lee sur Cléopâtre VII. A partir de là...)
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jpbjazz · 2 months ago
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LÉGENDES DU JAZZ
BESSIE SMITH, IMPÉRATRICE DU BLUES
"Bessie Smith was a fabulous deal to watch. She was a large, pretty woman and she dominated the stage. You didn't turn your head when she went on. You just watched Bessie. If you had any church background like people who came from the South as I did, you would recognize a similarity between what she was doing and what those preachers and evangelists from there did, and how they moved people. She could bring about mass hypnotism."
- Danny Barker
Née probablement le 15 avril 1894 à Chattanooga, au Tennessee (le recensement de 1900 prétendait qu'elle était née en juillet 1892), Elizabeth ‘’Bessie’’ Smith était la fille de William Smith, un agriculteur et prédicateur baptiste à temps partiel, et de Laura Smith, une blanchisseuse. En 1900, le père de Bessie ayant péri à la suite d’un accident de travail, sa mère avait dû subvenir seule aux besoins de sa famille. Lorsque Laura était décédée à son tour six ans plus tard, Bessie avait été élevée avec le reste de ses frères et soeurs par sa soeur aînée Viola. Bessie n’était jamais allée à l’école.
Afin d’assurer sa subsistance et celle de sa famille, Bessie avait commencé à chanter et à danser sur la 9e rue, accompagnée par son frère Andrew à la guitare. Le duo se produisait habituellement devant le White Elephant Saloon situé à l’intersection de la 13e rue et de la rue Elm, au coeur de la communauté noire. La soeur aînée de Bessie, Viola, avait même été contrainte de travailler comme blanchisseuse afin de nourrir sa famille. Malgré tout, Viola ne considérait pas le fait de chanter dans les rues comme un métier très respectable. Elle avait donc souvent réprimandé Bessie afin de l’inciter à gagner sa vie autrement. Mais Bessie savait qu’elle avait du talent, et elle avait refusé d’abandonner.
Bessie aurait fait sa première apparition sur scène à l’âge de huit ou neuf ans au Ivory Theatre de Chattanooga. La première référence publiée à une performance de Smith date du 8 mai 1909, alors le Freedman, un journal d’Indianapolis, avait commenté une performance de Smith (elle avait quatorze ans à l’époque) au 81 Theater d’Atlanta, en Georgie.
En 1904, le frère aîné de Bessie, Clarence, avait quitté la maison et s’était joint à une petite troupe de tournée appelée le Moses Stokes Traveling Show. "If Bessie had been old enough, she would have gone with him", avait expliqué plus tard la veuve de Clarence, Maud, qui avait ajouté: "That's why he left without telling her, but Clarence told me she was ready, even then. Of course, she was only a child." Mais ce n’était que partie remise.
DÉBUTS DE CARRIERE
En 1912, Clarence était retourné à Chattanooga et avait organisé une audition pour Bessie avec les directeurs du Moses Stokes Traveling Show, Lonnie et Cora Fisher. Bessie avait éventuellement été engagée comme danseuse, car la troupe avait déjà à son emploi la populaire chanteuse de blues Ma Rainey, qui était connue sous le surnom de ‘’Mother of the Blues’’. Bessie avait d’ailleurs quitté la troupe peu après pour se joindre avec Rainey aux Rabbit Foot Minstrels.
Mais même si Rainey avait enseigné à Bessie comment se débrouiller dans une industrie majoritairement dominée par les hommes, elle ne n’avait jamais eu besoin de lui enseigner à chanter pas plus qu’elle n’avait été forcée de participer à ses tournées. En fait, Rainey n’avait eu son propre spectacle qu’en 1916, des années après que Bessie ait remporté ses premiers succès. Ce qu’on sait de façon certaine, c’est que Smith et Rainey s’étaient liées d’amitié à partir de 1912. Plusieurs historiens croient même que les deux femmes avaient eu une liaison homosexuelle. Même s’il est généralement admis que Rainey était lesbienne, il est difficile de déterminer avec exactitude quelle était la nature de sa relation avec Bessie.
Même si Rainey n’avait pas enseigné à Bessie à chanter, elle l’avait aidé à améliorer sa présence sur scène. Dès le départ, Smith s’était d’ailleurs rapidement fait remarquer pour ses talents de ‘’showoman’’ et pour son don pour la comédie. La puissance de sa voix était également exceptionnelle.
Bessie s’était par la suite jointe aux choristes du "81" Theatre d’Atlanta dont elle avait fait la base de ses opérations. Elle s’était également produite sur le circuit de la Theater Owners Booking Association (T.O.B.A.), une organisation dirigée par des promoteurs afro-américains et dont elle était devenue une des attractions majeures. Ironiquement, la Theater Owners Booking Association, qui avait la réputation de payer très mal ses artistes, avait été rebaptisée par ceux-ci ‘’Tough On Black Asses’’ (textuellement ‘’Dur pour ces cons de Noirs’’).  
Vers 1913, Smith avait présenté son propre spectacle au "81" Theater. En 1920, Smith était devenue très populaire dans le Sud (plus particulièrement à Birmingham, en Alabama, à Memphis, au Tennessee, et à Atlanta et Savannah, en Georgie) et sur la Côte est. La même année, la chanteuse de blues Mamie Smith (sans lien de parenté) avait enregistré le premier blues vocal de l’histoire: ‘’Crazy Blues". La chanson, qui avait remporté un énorme succès, s’était vendue à plus de 100 000 copies en un mois, ce qui avait ouvert un tout nouveau marché. Si l’industrie du disque ne s’était pas encore intéressée aux goûts musicaux la population de couleur, le succès du disque de Mamie Smith avait accru la demande pour les chanteuses de blues.
Tentant de profiter de ces nouveaux débouchés, Bessie avait enregistré pour la première fois en 1923. Sur l’insistance du dépisteur de talents Frank Walker (ce dernier l’avait vu se produire sur scène quelques années auparavant), Bessie s’était rendue à New York où elle avait passé une audition pour Columbia. À l’époque, plusieurs compagnies de disques publiaient ce qu’ils appelaient des “race records’’, des enregistrements qui étaient exclusivement destinés aux gens de couleur. L’audition s’étant bien déroulée, Bessie avait signé un contrat avec Columbia qui lui garantissait la somme de 1500$ (soit environ 125$ par enregistrement) en échange de douze chansons. En réalité, le contrat n’était pas très avantageux - même si Smith avait vendu des millions de disques, Columbia ne l’avait jamais payée plus de 200$ par enregistrement, et ne lui avait jamais versé aucun droit d’auteur (‘’royalties’’) -. Mais même si les artistes blancs étaient beaucoup mieux payés, Bessie était consciente qu’elle ne pourrait obtenir une meilleure entente, et elle avait donné son accord. Malgré tout, la faible valeur du contrat de Smith reste assez paradoxale si l’on considère que Smith (avec des artistes blancs comme Eddie Cantor, Ted Lewis et Bert Williams), avait pratiquement sauvé les disques Columbia de la banqueroute. En effet, seulement dix mois après avoir signé son contrat, Smith avait vendu deux millions de disques (ce chiffre avait été porté à six millions au cours des quatre années suivantes). Parmi les plus grands succès de Smith au cours de cette période, on remarquait “Tain’t Nobody’s Biz-ness If I Do”, “Careless Love Blues”, “Empty Bed Blues”, “Nobody Knows You When You’re Down and Out” et “Gimme a Pigfoot.”
Smith avait participé à sa première session d’enregistrement le 16 février 1923. Accompagnait Smith lors de la session le pianiste Clarence Williams. La session était dirigée par Dan Hornsby, un ingénieur qui avait découvert et enregistré plusieurs artistes des États du Sud de l’époque. Deux chansons avaient été enregistrées lors de la session, "Down-Hearted Blues" et "Gulf Coast Blues.’’ Le disque avait vendu 780 000 copies en six mois.
La chanson "Downhearted Blues" avait d’abord été enregistrée par Alberta Hunter sur étiquette Paramount Records et avait été reprise par la suite par de nombreux autres artistes, même si c’est surtout la version de Smith qui s’était imposée. Après le succès du premier disque de Bessie, Walker, superviserait tous les enregistrements de la chanteuse avec Columbia jusqu’en 1931, avait renégocié le contrat de Smith en lui accordant la somme de 150$ pour douze enregistrements additionnels, puis de 200$ pour les douze enregistrements suivants. Bientôt, les enregistrements de Smith étaient devenus si populaires que les théâtres et les clubs avaient commencé à lui faire des propositions. Même si elle était rapidement devenue l’artiste de couleur la mieux payée du pays, Bessie tirait la majeure partie de ses revenus de ses performances des tournées et en se produisant dans les clubs. Durant l’été, Bessie se rendait dans des endroits plus éloignés et devait souvent se produire dans des tentes.
Plus la popularité de Smith augmentait, plus elle était devenue une grande vedette sur le circuit de la Theatre Owners Booking Association (T.O.B.A.) dont elle était devenue la principale attraction dans les années 1920. Travailleuse acharnée, Smith se produisait presque sans arrêt dans les théâtres durant l’hiver et sous les tentes le reste de l’année, ce qui en avait fait l’artiste de couleur la mieux payée de l’époque, pour un salaire hebdomadaire de 2000$. Tentant de profiter du regain d’intérêt du public. Smith avait commencé à donner de plus en plus de concerts en dehors de sa base d’opérations de Philadelphie et à se produire dans de grandes villes comme Detroit, Chicago, Washington, Atlanta et New York. Smith était tellement populaire èa l’époque que les spectateurs en délire l’accueillaient à chaque nouvelle escale, obligeant souvent les policiers à intervenir pour maintenir l’ordre.
Pour faciliter ses déplacements (et aussi afin d’échapper à la discrimination en vigueur dans les États du Sud), Bessie s’était même fait fabriquer en 1925 une voiture de chemin de fer Pullman d’une longueur de 72 pieds. Elle avait aussi sa propre tente dans le cadre des tournées de Theater Owners' Booking Association (TOBA). Par la suite, Smith avait remporté un grand succès avec des spectacles comme Harlem Frolics et Mississippi Days.
Même si le département de publicité des disques Columbia avait qualifié Smith de ‘’reine du blues’’, la presse nationale lui avait bientôt attribué le surnom d’’’impératrice du blues.’’ Smith avait effectué un total de 160 enregistrements pour Columbia, souvent accompagnée par les meilleurs musiciens de l’époque, dont Louis Armstrong, Coleman Hawkins, Fletcher Henderson, James P. Johnson, Joe Smith et Charlie Green. Plusieurs enregistrements de Smith - comme "Alexander's Ragtime Band" en 1927 - s’étaient rapidement hissés parmi les meilleurs vendeurs. Armstrong avait raconté un jour qu’il avait déjà demandé à Bessie si elle avait de la monnaie pour un billet de cent dollars. Armstrong expliquait: "I say, 'Look here Bessie, you got change for a hundred?'" And she say, 'Sure my man.' She raised up her dress standing and there was, like, [you know,] how a carpenter keeps his nails? Man, so much money [in the apron under her skirt] — that killed me."
Mais malgré sa célébrité, Smith n’avait jamais rien changé à son train de vie. Elle continuait de préférer la limonade (évidemment abondamment arrosée d’alcool !) et la nourriture faite maison et sortait rarement dans les ‘’speakeasies’’ et les restaurants. Toujours très proche de sa famille, elle continuait aussi d’envoyer de l’argent à ses frères et soeurs afin de les aider à survivre. Plus tard, Bessie avait fait venir sa soeur aînée et d’autres memres de sa famille à Philadelphie afin qu’ils puissent vivre auprès d’elle. Elle avait même engagé son frère Clarence comme directeur de tournée.
Mais la musique de Smith n’avait pas été acceptée dans tous les milieux. Par exemple, Smith avait déjà passé une audition pour les disques Black Swan et avait vu sa candidature rejetée parce que son style avait été jugé trop vulgaire et trop ‘’rugueux.’’ Les directeurs de la compagnie (dont faisait partie le théoricien afro-américain W. E. B. Du Bois) avaient été surpris d’apprendre plus tard que Smith était devenue la diva la plus populaire des États-Unis même si son style était plus rude et plus vulgaire que celui de son homonyme Mamie Smith. Même ses admirateurs (noirs et blancs confondus) avaient toujours considéré Bessie comme une artiste de la classe ouvrière ou de la ‘’basse classe.’’
Dotée d’une forte voix de contralto, Bessie avait fait d’excellents enregistrements dès le début de sa carrière, à une époque où les enregistrements étaient toujours réalisés de façon acoustique. En 1925, Bessie avait enregistré les pièces "St. Louis Blues" et "Cold In Hand Blues" avec Louis Armstrong. Par la suite, Smith avait enregistré d’autres chansons avec Armstrong, dont "Careless Love Blues", "Nashville Woman's Blues" et "I Ain't Gonna Play No Second Fiddle." En 1927, Smith avait également collaboré avec James P. Johnson dans le cadre des pièces "Preachin' the Blues" et "Back Water Blues.’’ Le duo avait récidivé deux ans plus tard avec "He's Got Me Goin'", "Worn Out Papa Blues" et "You Don't Understand.’’
L’apparition de l’enregistrement électrique avait d’ailleurs contribué à mettre en évidence encore davantage la puissance de la voix de Smith, même si elle n’avait jamais vraiment apprécié de se servir d’un microphone. Le premier enregistrement électrique de Smith était la pièce "Cake Walking Babies [From Home]", qui avait été enregistrée le 6 mai 1925.
Smith avait également bénéficié du développement de la radio, même dans le Sud où prévalait la ségrégation. Après avoir présenté un concert destiné exclusivement aux Blancs dans un théâtre de Memphis, au Tennessee, en octobre 1923, Smith s’était produite à l’antenne de la station WMC, dans le cadre d’une prestation qui avait été très bien accueillie par les auditeurs. Des musiciens et des compositeurs comme Danny Barker et Tommy Dorsey avaient comparé la présence et la performance de Smith à celle d’un prédicateur en raison de son habileté à capturer l’attention des spectateurs. Barker avait commenté: "Bessie Smith was a fabulous deal to watch. She was a large, pretty woman and she dominated the stage. You didn't turn your head when she went on. You just watched Bessie. If you had any church background like people who came from the South as I did, you would recognize a similarity between what she was doing and what those preachers and evangelists from there did, and how they moved people. She could bring about mass hypnotism."
LE DÉBUT DE LA FIN
Durant la Grande Dépression des années 1930, Smith avait dû ralentir le rythme de ses activités, la crise ayant gravement frappé l’industrie du disque qui avait commencé à se concentrer sur la clientèle blanche qui préférait le jazz. Même si Bessie avait tenté de s’adapter au goût du jour en enregistrant des chansons populaires et en adoptant un son moins ‘’bluesy’’ et moins identifié aux États du Sud, son style était devenu beaucoup moins attractif. Ses concerts étant devenus moins lucratifs, Bessie avait commencé à porter des costumes moins élaborés et avait même dû se résigner à assurer les premières parties des artistes de l’heure, quand elle ne devait pas travailler comme ‘’cigarette girl’’ durant les entractes. Elle avait même du vendre sa voiture de chemin de fer adoréé. L’avènement des films parlants avait également marqué la fin de l’ère du vaudeville, sur laquelle Smith avait concentré une grande partie de sa carrière sur scène. Mais même si les beaux jours du vaudeville étaient révolus, Smith n’avait jamais cessé de se produire sur scène, de faire des tournées et de chanter occasionnellement dans les clubs. En 1929, Smith avait même fait une apparition dans une comédie musicale de Broadway intitulée Pansy. Même si la revue avait été un échec, les critiques avaient qualifié la performance de Smith d’un des rares bons moments du spectacle.
En novembre 1929, Smith avait fait sa seule apparition au cinéma dans le film St. Louis Blues. Le film, qui était largement autobiographique, était basé sur la célèbre composition du même titre de W. C. Handy. Dans le film, qui était dirigé par Dudley Murphy et qui avait été tourné à Astoria, dans le Queens, Smith avait interprété la chanson-titre accompagnée par les membres de l’orchestre de Fletcher Henderson, la Hall Johnson Choir, le pianiste James P. Johnson et une section de cordes, ce qui représentait un environnement musical radicalement différent de ses enregistrements habituels réalisés avec de petites formations. Le film, qui avait connu un grand succès jusqu’en 1932, a été admis en 2006 au sein du National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès.
En 1933, le producteur John Henry Hammond, qui avait également pris Billie Holiday sous son aile, avait proposé à Smith d’enregistrer quatre chansons pour les disques Okeh (la compagnie avait été acquise par Columbia en 1925). Par la suite, Hammond, qui était reconnu pour sa mémoire sélective et pour sa tendance à embellir la réalité, avait faussement prétendu avoir sorti Smith d’une sorte de semi-obscurité, alors qu’elle travaillait comme hôtesse ‘’in a speakeasy on Ridge Avenue in Philadelphia." En réalité, Smith avait travaillé au Art's Cafe de Ridge Avenue, mais non comme hôtesse et seulement à partir de l’été 1936.
En 1933, lorsque Smith avait enregistré pour Okeh, elle était au milieu d’une tournée. Smith avait reçu la somme de 37,50$ pour chacune des quatre chansons qu’elle avait enregistrées pour les disques Okeh. Enregistrées le 14 novembre 1933, les pièces constituaient les derniers enregistrements de la carrière de Smith. Ces enregistrements avaient représenté une étape importante dans le cheminement de la chanteuse, en ce sens qu’ils avaient marqué le passage d’une carrière majoritairement dominée par le blues vers une orientation plus swing. Il faut fire qu’à l’époque, le swing était à son apogée. Les musiciens qui avaient accompagné Smith dans le cadre de ces enregistrements étaient aussi caractérisés par un son plus ‘’moderne’’: Jack Teagarden au trombone, Frankie Newton à la trompette, Chu Berry au saxophone ténor, Buck Washington au piano, Bobby Johnson à la guitare et Billy Taylor à la contrebasse... Le clarinettiste Benny Goodman, qui enregistrait au même moment dans un studio voisin avec la chanteuse Ethel Waters peut discrètement être entendu sur une des pièces. Insatisfait des résultats, Hammond avait finalement demandé à Smith de retourner à son ancien style. Les chansons "Take Me for a Buggy Ride" et "Gimme a Pigfoot", qui avaient toutes les deux écrites par Wesley Wilson, avaient éventuellement fait partie des meilleurs enregistrements de la carrière de Smith.
Au milieu des années 1930, Smith avait commencé à trouver du travail sur une base plus régulière à New York, se produisant notamment dans des salles prestigieuses comme l’Apollo, le Cotton Club, le Harlem Opera House et dans d’autres hauts-lieux de la renaissance de Harlem. Elle avait aussi fait à l’occasion des tournées dans le Sud. Mais même si Bessie avait continué de se trouver du travail, ce n’était rien en comparaison de la popularité qu’elle avait connue dans les années 1920.
UNE MORT TRAGIQUE
À l’été 1937, les plus beaux jours de la carrière de Smith se trouvaient derrière elle. À l’époque, le swing était au sommet de sa popularité, particulièrement à la suite du succès des grands orchestres de Benny Goodman et d’Artie Shaw. Même si le blues connaissait un regain de popularité et même si Smith avait réussi à adapter sa musique en accompagnant des artistes de swing comme Bunny Berigan et Joe Bushkin, elle n’avait fait qu’une apparition sur la 52e rue (au célèbre club Famous Door) en février 1936. Malgré tout, la musique de Smith avait toujours autant d’impact. En fait, la performance de Smith avait été si remarquable ce jour-là que la chanteuse Mildred Bailey, qui devait la suivre sur scène, avait refusé de se présenter. Le producteur John Hammond avait même planifié une nouvelle session d’enregistrement mettant en vedette Bessie avec l’orchestre de Count Basie. Quant à Lionel Hampton, il avait témoigné de l’impatience de Goodman d’enregistrer avec la chanteuse. Un nouveau film aurait également été dans les cartons.
Le matin du 26 septembre 1937, Smith avait été gravement blessée dans un accident d’automobile survenu sur la Route 61 entre Memphis, au Tennessee, et Clarksdale, au Mississippi. Au moment du drame, Bessie venait de présenter un concert à Darling, au Mississippi, et se dirigeait vers le lieu de son prochain concert. C’est l’ami de coeur de Smith, Richard Morgan, qui se trouvait au volant. La voiture se trouvait près de Clarksdale, au Mississippi, lorsque Morgan aurait mal évalué la vitesse du camion qui se trouvait devant lui. Les marques de pneus sur la route laissaient suggérer que Morgan avait tenté d’éviter le camion en se plaçant à sa gauche, mais qu’il avait frappé l’arrière du camion en se déplaçant à toute vitesse. La plateforme du camion avait finalement heurté le dessus de la Packard de Morgan. Smith, qui se trouvait sur le siège du passager, aurait absorbé la majeure partie du choc lorsque son bras droit ou son coude était passé à travers la fenêtre. Morgan s’en était tiré sans la moindre égratignure.
La première personne à être arrivée sur la scène de l’incident était un chirurgien de Memphis, le Dr Hugh Smith (sans lien de parenté avec la chanteuse). Des années après le drame, au début des années 1970, le Dr Smith avait livré un compte rendu détaillé des événements au biographe de Bessie, Chris Albertson. Encore aujourd’hui, Smith est considéré comme le témoin oculaire le plus fiable des circonstances entourant la mort de la chanteuse.
À son arrivée sur place, Smith avait examiné le corps de Bessie, qui reposait au milieu de la route avec des blessures sérieuses. Selon le témoignage du médecin, Bessie avait perdu environ une demi-pinte de sang. Smith avait également constaté que la chanteuse avait subi une blessure majeure: son bras droit était presque complètement sectionné au niveau du coude. Le médecin avait cependant tenu à préciser que cette blessure seule n’avait pu occasionner sa mort. Même si la scène était faiblement éclarée, Smith n’avait pu identifier que des blessures mineures à la tête. Le médecin avait éventuellement attribué le décès de Bessie à une accumulation de blessures sévères sur l’ensemble de son corps.
Au moment de sa présence sur les lieux, le Dr Smith était accompagné d’un ami pêcheur, Henry Broughton, qui l’avait aidé à déplacer le corps de Bessie sur le côté de la route. Le Dr Smith avait enveloppé le bras blessé de Bessie dans un mouchoir propre et avait demandé à Broughton de se rendre jusqu’à une maison qui se trouvait à 500 pieds en bas de la route afin d’appeler une ambulance. Lorsque Broughton était revenu sur les lieux environ vingt-cinq minutes plus tard, Bessie se trouvait en état de choc.
Plusieurs minutes plus tard, l’ambulance n’étant toujours pas arrivée, le Dr Smith avait proposé à Broughton de mettre le corps de Bessie dans son automobile et de le transporter jusqu’à l’hôpital. Smith et Broughton venaient tout juste de faire de la place sur le siège arrière afin d’y déposer le corps de la chanteuse lorsqu’ils avaient entendu une voiture arriver à toute vitesse. L’automobile avait frappé la Packard de plein fouet, évitant de justesse Broughton et Bessie Smith. Le jeune couple qui se trouvait dans la voiture n’avait pas été blessé gravement. Deux ambulances étaient arrivées peu après, la première en provenance de l’hôpital pour gens de couleur qui avait été demandée par Broughton, et l’autre en provenance de l’hôpital blanc qui avaient répondu à l’appel du conducteur de camion qui avait été impliqué dans l’accident avec Smith. Elle avait seulement quarante-trois ans.
Le corps de Bessie avait finalement été conduit au G.T. Thomas Afro-American Hospital de Clarksdale, où on avait procédé à l’amputation de son bras droit. Bessie Smith est morte le même jour avant d’avoir pu retrouver conscience. Après la mort de Smith, une légende tenace avait laissé entendre qu’elle était décédée parce que l’hôpital blanc de la ville avait refusé de la soigner. C’est le producteur John Hammond qui avait propagé la rumeur dans un article publié par le magazine Down Beat en novembre 1937. Les circonstances de la mort de Smith ainsi que l’interprétation véhiculée par Hammond avaient éventuellement servi de base à la pièce de théâtre en un acte d’Edward Albee intitulée The Death of Bessie Smith (1959). Mais comme le Dr Smith l’avait déclaré au biographe de la chanteuse, Chris Albertson: "The Bessie Smith ambulance would not have gone to a white hospital; you can forget that. Down in the Deep South Cotton Belt, no ambulance driver, or white driver, would even have thought of putting a colored person off in a hospital for white folks." En 1970, Albertson avait remporté un prix Grammy pour le livret qu’il avait rédigé pour la réédition des oeuvres complètes de Smith par les disques Columbia. Albertson avait par la suite décidé de pousser ses recherches plus loin, ce qui avait donné lieu à la publication de sa biographie de la chanteuse simplement intitulée Bessie, en 1972.
Les funérailles de Smith avaient eu lieu à Philadelphie un peu plus d’une semaine plus tard, le 4 octobre. La dépouille de Smith avait d’abord été déposée à la maison funéraire Upshur, mais lorsque la nouvelle de sa mort s’était répandue jusqu’à la communauté noire de Philadelphie, le corps avait dû être transporté jusqu’à la O. V. Catto Elks Lodge afin de permettre à plus de gens possible de lui rendre hommage. Environ 10 000 personnes avaient défilé devant le cerceuil de Smith le 3 octobre. Même si elle n’avait pas enregistré depuis 1933, environ 7000 personnes avaient assisté aux funérailles de la chanteuse qui avaient eu lieu le lendemain. Dans sa description de la cérémonie, Chris Albertson écrivait:
"On Monday, October 4, 1937, Philadelphia witnessed one of the most spectacular funerals in its history. Bessie Smith, a black super-star of the previous decade--a 'has been,' fatally injured on a dark Mississippi road eight days earlier--was given a send-off befitting the star she had never really ceased to be.... When word of her death reached the black community, the body had to be moved [to another location] which more readily accommodated the estimated ten thousand admirers who filed past her bier on Sunday, October 3... The crowd outside was now seven thousand strong, and policemen were having a hard time holding it back. To those who had known Bessie in her better days, the sight was familiar."
L’enterrement de Smith avait eu lieu au Mount Lawn Cemetery, dans le quartier voisin de Sharon Hill. Même si une collecte avait permis d’amasser de l’argent pour acheter une pierre tombale en l’honneur de la chanteuse, le second mari de Smith, Jack Gee, avait plutôt décidé de mettre l’argent dans ses poches. La tombe de Smith était demeurée sans inscription jusqu’à ce qu’une pierre tombale soit érigée en son honneur le 7 août 1970. Le coût de la pierre avait été financée par la chanteuse Janis Joplin, qui était une des plus grandes admiratrices de Smith, ainsi que par Juanita Green Smith. Cette dernière, qui avait travaillé comme domestique pour la chanteuse lorsqu’elle était enfant, était devenue infirmière et militante de la NAACP. Sur la pierre tombale, on pouvait lire l’inscription: “The greatest blues singer in the world will never stop singing.” L’autrice-compositrice Dory Previn avait immortalisé l’épisode dans le cadre de sa pièce "Stone for Bessie Smith", qui faisait partie de son album Mythical Kings and Iguanas publié en 1971. Le site du Afro-American Hospital (aujourd’hui l’Hôtel Riverside) où Smith avait été soignée a fait l’objet de l’installation d’une plaque de la Mississippi Blues Trail.
Smith s’était mariée à deux reprises. En 1920, elle avait d’abord épousé Earl Love, mais ce dernier était décédé mystérieusement deux ans plus tard. Le 7 juin 1923, juste après s’être installée à Philadelphie et avoir publié son premier disque, Bessie s’était remariée avec Jack Gee, un gardien de sécurité qui travaillait dans le club où elle se produisait. Le couple avait adopté un garçon en 1926 (Jack Gee Jr.). Durant son mariage, Bessie était devenue l’artiste de couleur la mieux payée de l’époque. Ses spectacles donnaient du travail à environ quarante artistes. Le mariage de Smith et de Gee avait été plutôt tumultueux et avait été marqué par des infidélités des deux côtés. Très libérée sexuellement, Smith avait même eu de nombreux partenaires féminins. Gee n’avait jamais vraiment pu s’adapter à la réalité du showbusiness ni à la bisexualité de Smith (elle était aussi reconnue pour son alcoolisme). Après avoir appris en 1929 que Smith avait eu une liaison avec la chanteuse Gertrude Saunders, Gee avait décidé de rompre (il avait même empêché Smith de voir son fils pendant des années), mais aucun des deux partenaires n’avait jamais demandé le divorce. Le clarinettiste et saxophoniste Sidney Bechet, qui avait eu une aventure avec Smith peu avant qu’elle ne signe son contrat avec Columbia et qu’il ne décide ne s’installer en Europe, écrivait dans son autobiographie intitulée Treat It Gentle publiée en 1960: "She had this trouble in her, this thing that wouldn't let her rest sometimes, a meanness that came and took her over [...]. But what she had was alive. If you understand it, it's there and if you don't understand it, it's not for you. Bessie, she was great."
À la fin de sa vie, Smith avait vécu en concubinage avec son vieil ami, Richard Morgan, qui était demeuré avec elle jusqu’à sa mort. Morgan était aussi l’oncle du chef d’orchestre et vibraphoniste Lionel Hampton.
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Très en avance sur son temps, la musique de Smith faisait la promotion de l’indépendance, de l’audace et de la liberté sexuelle, ce qui laissait entendre implicitement que les femmes des classes laborieuses ne devaient ne devaient pas modifier leur comportement pour être traitées avec respect. Très proche du milieu des travailleurs afro-américains pauvres, Smith incorporait aussi souvent dans ses chansons des commentaires sur des problèmes sociaux comme la pauvreté, la lutte contre l’oppression et la discrimination raciale.
Dotées d’une très grande portée sociale, des chansons de Smith comme "Jail House Blues", "Work House Blues", "Prison Blues", "Sing Sing Prison Blues" et "Send Me to the 'Lectric Chair" abordaient des enjeux comme les gangs de rue, le système de location des condamnés et la peine de mort. Les chansons "Poor Man's Blues" et "Washwoman's Blues" sont également considérées par certains chercheurs comme une des premières formes de ‘’protest songs’’, un peu comme l’avait été la chanson ‘’Strange Fruit’’ pour Billie Holiday à la fin des années 1930.
La sincérité et le comportement public de Smith n’étant pas toujours considérés comme acceptables pour les femmes afro-américaines de l’époque, son travail était souvent décrit avec dégoût et comme étant non représentatif de la réalité de la communauté noire. Très en avance sur son temps, l’oeuvre de Smith avait souvent défié les normes restrictives de l’époque en encourageant les femmes de la classe ouvrière à revendiquer leurs droits de boire de l’alcool, de faire la fête et de satisfaire leurs besoins sexuels sans entraves, qui étaient considérés comme autant de moyens de faire face au stress et d’exprimer leur aliénation et leur insatisfaction face à leur vie quotidienne.
Mais même si Smith avait donné une voix aux groupes minoritaires et marginalisés, les th��mes qu’elle avait abordé dans ses chansons étaient trop avant-gardistes pour la mentalité souvent contraignante de l’époque et en avaient incité plusieurs à conclure que son travail ne méritait pas d’être reconnu publiquement. Il faut dire que certaines chansons comme "Prove it On Me" (chantée en duo avec Ma Rainey) faisaient ouvertement la promotion de l’homosexualité. Ce passage de la chanson est explicite: "Went out last night with a crowd of my friends. They must've been women, 'cause I don't like no mens.. they say I do it, ain't nobody caught me. Sure got to prove it on me." Dans ce contexte, il n’est pas vraiment étonnant que les activistes et les adeptes de la théorie des genres aient souvent considéré Smith et Rainey comme des modèles.
Bessie Smith a enregistré 160 chansons au cours de sa carrière, un total remarquable si l’on considère que l’enregistrement en était alors à ses débuts et que la carrière de Smith n’avait duré que dix ans. Même si elle ne s’était jamais rendue en Europe, et même si elle ne s’était jamais produite de l’autre côté des montagnes Rocheuses, Smith avait joué avec les plus grands noms du jazz de l’époque, dont Fred Longshaw, Porter Grainger, Fletcher Henderson, Coleman Hawkins, Sidney Bechet, Charlie Green, Buster Bailey, Don Redman, James P. Johnson, Louis Armstrong et Joe Smith. Rendant hommage à Smith, le critique et producteur John Hammond écrivait en 1937: "[. . .] Bessie Smith was the greatest artist American jazz ever produced; in fact, I'm not sure that her art did not reach beyond the limits of the term 'jazz.' She was one of those rare beings, a completely integrated artist capable of projecting her whole personality into music. She was blessed not only with great emotion but with a tremendous voice that could penetrate the inner recesses of the listener."
Décrivant Smith comme "the first complete jazz singer’’, l’historien et chef d’orchestre Gunther Schuller avait énuméré les principaux ingrédients du style de Smith dans son ouvrage Early Jazz publié en 1968:
"[...] a remarkable ear for and control of intonation, in all its subtlest functions; a perfectly centered, naturally produced voice (in her prime); an extreme sensitivity to word meaning and the sensory, almost physical, feeling of a word; and, related to this, superb diction and what singers call projection. She was certainly the first singer on jazz records to value diction, not for itself, but as a vehicle for conveying emotional states [...]. Perhaps even more remarkable was her pitch control. She handled this with such ease and naturalness that one is apt to take it for granted. Bessie's fine microtonal shadings . . . are all part of a personal, masterful technique of great subtlety, despite the frequently boisterous mood or language."
Selon le clarinettiste Mezz Mezzrow, qui avait souvent accompagné Smith en concert, la chanteuse croyait d’abord et avant tout en l’authenticité. Il précisait: "The melody meant nothing to her. She made up her own melody to fit the poetry of her story, phrasing all around the original tune if it wasn't just right."
Même si l’alcoolisme croissant de Smith à la fin de sa carrière l’avait souvent empêchée de décrocher des contrats (c’était sans doute une des raisons pour lesquels contrat avec Columbia n’avait pas été renouvelé en 1931), il ne semble pas avoir affecté sa voix et sa capacité de se produire sur scène. Plusieurs chansons de Smith témoignaient de sa profonde connaissance du blues, dont "Backwater Blues", "St. Louis Blues", "Careless Love Blues", "Young Woman's Blues" (une de ses propres compositions), "Baby Won't You Please Come Home", "You've Been a Good Ole Wagon" (une autre de ses compositions), "Nobody Knows You When You're Down and Out", "'T'aint Nobody's Biz-Ness If I Do" et "Send Me to the 'Lectric Chair".
Trois enregistrements de Smith ont été admis au Grammy Hall of Fame: ‘’Downhearted Blues’’ (1923), ‘’St. Louis Blues’’ (1925) et ‘’Empty Bed Blues’’ (1928). En 2002, la pièce ‘’Downhearted Blues’’ avait également été incluse sur le National Recording Registry par le National Recording Preservation Board de la Bibliothèque du Congrès. Smith a aussi été intronisée au sein du Blues Hall of Fame (1980), du Big Band and Jazz Hall of Fame (1981), du National Women's Hall of Fame (1984), du Rock and Roll Hall of Fame (1989), du Grammy Lifetimetime Achievement Award (1989) et du Nesuhi Ertegun Jazz Hall of Fame (2008). Le Service postal des États-Unis a également rendu hommage à Smith en émettant un timbre commémoratif de vingt-neuf cents en son honneur en 1994.
En 2015, le réseau de télévision HBO a publié un film biographique pour rendre hommage à Smith. Intitulé simplement Bessie, le film mettait en vedette la chanteuse Queen Latifah. Se concentrant sur les épreuves vécues par Smith et sur son difficile combat pour la liberté sexuelle, le film avait été très bien accueilli et avait remporté le prix du meilleur film de télévision dans le cadre des Primetime Emmy Awards.
Jackie Kay a publié une nouvelle biographie de Smith en 1997. Réédité en février 2021, l’ouvrage qui a remporté le prix du livre de l’année décerné par le réseau BBC Radio 4, comprend une version abrégée lue par l’auteur.
Considérée comme la plus grande chanteuse de blues de tous les temps, Bessie Smith a influencé de nombreuses chanteuses de jazz, dont Billie Holiday qui la considérait comme une de ses plus importantes inspirations. Les chanteuses Dinah Washington et LaVern Baker ont publié des albums en hommage à Smith en 1958. La chanteuse folk Hoyt Axton avait également repris plusieurs chansons associées à Smith dans le cadre de l’album Hoyt Axton Sings Bessie Smith en 1965. Le groupe The Band avait aussi enregistré une chanson en l’honneur de Smith. Intitulée ‘’Bessie Smith’’, la chanson qui avait été publiée sur l’album The Basement Tapes en 1975, datait probablement de la fin des années 1960. En effet, le musicien Artie Traum se rappelait avoir rencontré Rick Danko, le co-auteur de la chanson à Woodstock en 1969, qui lui avait chanté un couplet de "Going Down The Road to See Bessie" sur le champ. Par sa façon de chanter, Smith aurait également influencé plusieurs instrumentistes dont Louis Armstrong et été à l’origine du style ‘’Jungle’’ adopté par les joueurs de cuivre de l’orchestre de Duke Ellington, comme Bubber Miley, Cootie Williams et ‘’Tricky’’ Sam Nanton.
En juin de chaque année, le Bessie Smith Cultural Center de Chattanooga, au Tennessee, commandite le Bessie Smith Strut dans le cadre du Riverbend Festival. 
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SOURCES:
‘’Bessie Smith.’’ Wikipedia, 2023.
‘’Bessie Smith, American singer.’’ Encyclopaedia Britannica, 2023.
‘’Bessie Smith Biography.’’ Net Industries, 2023.
JACKSON, Errin. ‘’Bessie Smith (1894-1937).’’ Blackpast.org, 8 janvier 2011.
THOMPSKINS, Gwen. ‘’Forebears: Bessie Smith, The Empress Of The Blues.’’ NPR, 5 janvier 2018.
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beardedmrbean · 1 year ago
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French politicians from across the political spectrum Wednesday denounced what they called an "Islamist" attack on education after a school principal resigned following death threats over a Muslim veil. 
The headmaster at a high school and college in eastern Paris quit after receiving death threats online following an altercation with a student, officials told AFP on Tuesday.
In late February, he had asked three students to remove their headscarves on school premises, but one of them refused and an altercation ensued, according to prosecutors. He later received death threats online.
According to a school letter sent to teachers, pupils and parents on Tuesday, the principal stood down for "security reasons", while education officials said he had taken "early retirement".
"It's a disgrace," Bruno Retailleau, the head of the right-wing Republicans faction in the Senate upper house, said on X (former Twitter) on Wednesday.
Voilà à quoi aboutit le « pas de vague », voilà où nous mènent les petites lâchetés et les grands renoncements. La démission de ce proviseur est le résultat de la démission de l’éducation nationale et de l’Etat tout entier. Une honte. https://t.co/OAC8fpHDxg— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) March 27, 2024
"We can't accept it," Boris Vallaud, the head of the Socialist deputies in the National Assembly lower house, told television broadcaster France 2, calling the incident "a collective failure".
Marion Marechal, the granddaughter of far-right patriarch Jean-Marie Le Pen and a popular far-right politician herself, spoke on Sud Radio of a "defeat of the state" in the face of "the Islamist gangrene".
Maud Bregeon, a lawmaker with President Emmanuel Macron's Renaissance party, also took aim at "an Islamist movement".
"Authority lies with school heads and teachers, and we have a duty to support this educational community," Bregeon said.
A 26-year-old man has been arrested for making death threats against the principal on the internet. He is due to stand trial in April.
France is home to Europe's largest Muslim community.
In 2004, authorities banned school children from wearing "signs or outfits by which students ostensibly show a religious affiliation" such as headscarves, turbans or kippas on the basis of the country's secular laws which are meant to guarantee neutrality in state institutions.
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nihoniums-oc-emporium · 10 months ago
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Will probably write about code.ex later but I really wanted to show them off. The gang!!!! I love the gang. I miss the gang. Dripped up on a Friday night. Also they have powers now!
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jessica-lovebloom · 2 months ago
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Pensée positive du jour !
Croire en Soi est déjà un bon début.
Coloriage test à l’aquarelle en écoutant « Respire! » de Maud Ankaoua.
Tumblr est décrit, dans ce que j’ai trouvé, comme un micro blog.
C’est intéressant comme concept.
Découverte en cours ❤️🧚✨
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chic-a-gigot · 2 years ago
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Le Petit écho de la mode, no. 15, 11 avril 1897, Paris. 1. Chapeau Réjane. 2. Toquet Maud. 3. Toilette en serge. 4. Toilette en vigogne. Ville de Paris / Bibliothèque Forney
1. Chapeau Réjane à 6 fr. 95. La forme ronde et coiffante est en paille de riz très souple; sur le côté, moud formé par des coques en très beau ruban de salin ; le côté opposé est orne du géranium s’élevant en aigrette. La forme se fait eu noir seulement et le ruban est noir ou mousse. Le géranium crème ou rose teinté rouge se remplace par du lilas blanc ou mauve, des bleuets nuance naturelle, des œillets, des roses ou des pavots de nuance au choix: noir, rose, rubis, mauve, vert, crème et paille. Toutes ces fleurs sont avec feuillage.
1. Réjane hat at 6 fr. 95. The round and styling shape is made of very flexible rice straw; on the side, grinds formed by shells in a very beautiful saline ribbon; the opposite side is adorned with the geranium rising in a crest. The form is made in black only and the ribbon is black or foam. The cream or pink tinted red geranium is replaced by white or mauve lilac, natural shade cornflowers, carnations, roses or poppies in shades of your choice: black, pink, ruby, mauve, green, cream and straw. All these flowers are with foliage.
2. Toquet Maud à 4 francs pour dames et jeunes filles. La forme gracieuse, avec fond jais, est entourée de fleurs et de gaze plissée noire. Nœud formé par des coques en très beau ruban de salin noir. Nous laissons les fleurs au choix entre des roses, pavots et œillets de nuance noire, verte, crème, jaune, rose, rubis ou mauve, des violettes blanches ou naturelles et des bleuets nuance naturelle. Aucun envoi n’est fait contre remboursement; adresser mandat-poste à M. Orsoni, 3, rue de la Sablière, Paris. Ajouter 1 fr. 50 pour frais d’emballage et de port eu gare française (pour deux chapeaux 2 fr 35.) Pour l’étranger, le supplément pour les frais d’emballage et de port est de 2 fr. 25 par chapeau, lin délai de huit jours nous est nécessaire pour la bonne exécution des commandes.
2. Toquet Maud at 4 francs for ladies and young girls. The graceful form, with a jet background, is surrounded by flowers and black pleated gauze. Knot formed by hulls in very beautiful ribbon of black saline. We leave the flowers to choose from roses, poppies and carnations in black, green, cream, yellow, pink, ruby or mauve shades, white or natural violets and natural shade cornflowers. No shipment is made COD; send money order to Mr. Orsoni, 3, rue de la Sablière, Paris. Add 1 fr. 50 for packing and postage at the French station (for two hats 2 fr 35.) For foreign countries, the supplement for packing and postage is 2 fr. 25 per hat, a period of eight days is necessary for the proper execution of orders.
3. Toilette en serge. Jupe cerclée de galons mohair, plate devant et sur les hanches et plissée derrière, haute ceinture-corselet en taffetas. Boléro croisé, à revers, orné de galons, col rabattu et petite cravate écossaise, plastron de toile à l’intérieur. Manches d’une seule pièce drapées par des points et garnies de petits jockeys ornés galon mohair. Matériaux: 8 mètres serge, 0m60 taffetas.
3. Twill ensemble. Skirt encircled with mohair braid, flat in front and on the hips and pleated in the back, high corselet belt in taffeta. Double-breasted bolero, with lapels, adorned with braid, turn-down collar and small Scottish tie, canvas plastron inside. One-piece sleeves draped with points and trimmed with small jockeys adorned with mohair braid. Materials: 8 meters serge, 0m60 taffeta.
4. Toilette en vigogne. Jupe ronde, garnie de baguettes piquées et boutons. Corsage blouse en taffetas écossais, enserré par une ceinture drapée en satin, empiècement carré formant épaulettes garni déboutons. Manches d’une seule pièce drapées par des points, petits revers au bas, cravate nouée devant et petit col rabattu. Matériaux: 6 in. vigogne, 1 m 50 taffetas écossais. Ceinture et col en satin.
4. Vicuna ensemble. Round skirt, trimmed with stitched strips and buttons. Blouse bodice in tartan taffeta, encircled by a draped satin belt, square yoke forming shoulder pads trimmed with buttons. One-piece sleeves draped by stitching, small lapels at the bottom, tie tied in front and small turn-down collar. Materials: 6 in. vicuna, 1 m 50 Scottish taffeta. Satin waistband and collar.
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ernestinee · 9 months ago
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"Sweep me off my feet. Si on fait du mot à mot, on trouve: «balaie-moi de mes pieds », mais cela ne veut rien dire. Il faut plutôt comprendre: "renverse- moi", mais on perd l'idée des pieds et de l'ancrage au sol. Autre possibilité: "fais-moi perdre pied", mais cette fois on ne voit plus le geste et la chute. Impossible de faire tout tenir en une seule formule. Sweep me off my feet: bouscule-moi. Fais-moi perdre l'équilibre et tomber. Décroche-moi du sol. Déracine- moi. Fais basculer ce qui me faisait encore tenir debout. Pousse-moi, je veux dégringoler et assister à ma propre chute. C'est une demande, formulée à l'impératif: Sweep me off my feet, please. Fais-moi tomber amoureuse de toi, s'il te plaît. Sweep me off my feet, now. Fais-moi tomber amoureuse de toi, maintenant"
Maud Ventura, Mon mari.
Je lis ça en ce moment. L'histoire d'une passion, de l'obsession maladive d'une femme pour son mari.
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redlabopedagogique · 2 months ago
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#La Petite école : faire écart
Le geste du peintre commence à dérailler superbement lorsque la peinture ne se plie plus à la seule représentation du monde qui se tient devant elle. Indocile, elle vrille et se manifeste alors pratiquement en son nom propre, assumant sa puissance à elle, non mimétique, matérielle d’abord. La catastrophe de la peinture décrit l’insoumission radicale – et en même temps toujours à recommencer – de celle-ci aux fonctions de représentation, et son écart résolu à l’égard de toutes les données représentatives auxquelles on s’attache généralement en priorité pour lire une œuvre. Pour Deleuze, la catastrophe dans l’acte de peindre est inséparable de la naissance de la couleur. La couleur, au sens fort, nait au moment de la catastrophe. Tout à coup, dans la toile, la couleur vient, la couleur « monte » dit Deleuze, et saisit l’artiste puis le spectateur. À ce moment, qu’il faudrait encore savoir décrire, la couleur devient autre chose qu’une qualité « secondaire » : elle vit pour elle-même. Tout l’effort de l’artiste consiste alors à tenter de contrôler la catastrophe pour qu’elle ne ravage pas toute la composition (l’œuvre court sinon le risque d’être consumée puis détruite par la catastrophe). La catastrophe se comprend encore comme l’éloignement des valeurs figuratives, l’éloignement dans l’œuvre – y compris dans l’œuvre figurative d’ailleurs – du monde que l’on reconnait, celui sur lequel on aurait prise, le monde-sous-la-main, prêt à être conquis, le monde qui constitue notre sol.
Maud Hagelstein, La catastrophe de la couleur, in Ann Veronica Janssens, Grand Bal, pp. 282-288
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ladyniniane · 5 months ago
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Toc ! Toc ! Toc ! Des bonbons ou un sort !
Une fanon ou une image de ton Faerghus et de tes preuses ?
Coucou :) Et voilà, les Preuses déguisées pour Halloween !
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-Gladys est un esprit renard (avec des motifs en épis de blé sur le haut de sa robe).
-Maeve est une version sombre de la carte du tarot L'Impératrice. C'est la carte qui lui convient le mieux selon moi vu qu'elle symbolise une femme rayonnante, la créativité, la plénitude, la générosité... Sa robe est sensée être rouge et noire.
-Enid est un esprit aquatique type roussalka (écailles + gouttes d'eau sur le bas de son voile). Elle et Flayn ont un costume assorti. Sa robe est blanche.
-Vigdis est un personnage de son invention : la châtelaine de l'enfer. Elle avait d'ailleurs dit à Gladys "je mettrai une robe quand tu t'y attendras le moins". Le moment est venu !
Quelques fanons et histoires de fantômes de Faerghus :
-On raconte que le fantôme de Gwendolen hante parfois l'académie de sorcellerie la nuit. Une autre légende est associée à la statue de Maude. On peut lui demander sa bénédiction avant les examens, mais il faut avoir révisé un minimum. Si l'on envisage de tricher et qu'on lui demande quand même, il faudra s'attendre à recevoir une visite effrayante dans la nuit.
-Beaucoup d'histoires ont trait aux soldats mort au combat. Ainsi, des familles restées à l'arrière prétendent avoir vu leurs proches se promener dans le voisinage alors que ceux-ci étaient loin de là et venaient en fait de décéder. On a aussi des variantes plus horrifiques où des soldats fantômes/morts-vivants retournent chez eux, dans un état reflétant leur mort, sans se rendre compte qu'ils ont péri.
-Gladys a d'ailleurs vécu dans un lieu potentiellement hanté. Beaucoup rapportaient qu'une présence demeurait dans la caserne. On entendait des bruits de pas, des portes qui s'ouvraient et se fermaient...Gladys a vécu certains de ces phénomènes mais elle n'en avait pas peur car la présence n'était pas hostile. Comme elle le résume : "c'était quelque chose qui se plaisait là et qui est resté".
-Les histoires de fantômes venues d'Albinéa ont été traduites et rencontrent un certain succès. Mercedes aime d'ailleurs beaucoup jouer à un jeu venu de ce pays. On allume des bougies. Pour chaque d'entre elles, chacun des participants doit raconter une histoire. Une fois l'histoire terminée, on éteint une flamme. Ce qui fait que l'on se retrouve progressivement dans le noir avec une ambiance qui devient de plus en plus inquiétante.
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