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When The Lights Fade
Genre : Idol AU, angst, fluff, romance, pregnant.
Pairings : Idol! San X OC (or Reader).
Words : 4270.
[ Hi, I finally decided to post. I've always written for myself, but this is my first shared writing. English is not my native language, so here is the French version. I'll try to post the English version as soon as possible! I hope that despite this, I'll get some readers, lmao. Any constructive criticism is welcome as long as it's nice. <3 ]
If you like this story, I will probably continue the sequel. Good Reading ^^
C’était il y a deux mois. Sous l’ordre de son agence, Halisa fut contrainte de quitter l’homme qu’elle aimait plus que tout, celui qui lui faisait oublier tous ses problèmes, son rayon de soleil… Choi San.
Leur relation avait duré à peu près deux ans, deux années de bonheur vécues dans le secret. Personne n’était au courant de leur liaison, à part les membres de leurs groupes respectifs. Mais cela n’avait pas duré.
Un membre du personnel les avait surpris en flagrant délit dans le parc où ils avaient l’habitude de se retrouver. C’était dans ce parc, sous les cerisiers, que leur histoire avait commencé, et c’est là qu’un chapitre prit fin.
Ce serait mentir de dire que leurs vies reprennent normalement leur cours.
Halisa fut obligée de mettre en pause ses activités pour des problèmes de santé ; son état était si lamentable que son agence avait insisté.
Cette pause dura plusieurs jours, puis plusieurs semaines ; elle ne faisait plus attention au temps. Les membres de son groupe venait lui rendre visite mais la solitude était malgré ça présente...
Sous sa couette, enroulée dans un sweatshirt appartenant évidemment à San, les souvenirs de leurs doux moments partagés, tristes ou heureux, se rejouaient dans sa tête, enfonçant le couteau plus profondément dans la plaie. Les repas étaient devenus trop compliqués à avaler sans en vomir le contenu. Elle se disait que c'était probablement la déprime.
Mais alors qu’elle croyait ne pas pouvoir tomber plus bas, son monde s’écroula.
En fouillant dans sa commode, elle tomba sur une petite boîte rose. Un test de grossesse. C’était étrange… comme si le destin lui envoyait un signe. Quelque chose, au fond d’elle, lui soufflait de le faire.
Elle hésita. Longuement. Assise contre le mur, elle fixait le carton posé sur le sol.
Pourquoi hésitait-elle ? Ce n’était qu’un simple hasard, non ? Ils s’étaient toujours protégés. Et puis… leur vie était déjà bien trop compliquée.
Un long soupir s’échappa de ses lèvres. D’un geste las, elle se releva, attrapa le test, puis se dirigea lentement vers la salle de bain.
Quelques secondes, puis des minutes passèrent. Elle fixait de nouveau le bâton rose comme s’il s’agissait d’un compte à rebours suspendu, prêt à faire exploser son monde.
Sans même s’en rendre compte, ses mains s’étaient mises à trembler. Le minuteur retentit dans la pièce en marbre, froid et brutal.
La brunette déglutit. À pas lents, plus hésitants encore qu’auparavant, elle s’approcha. Son souffle se coupa net au moment où ses doigts effleurèrent l’objet.
Positif.
Les deux barres suffirent à lui ôter les mots de la bouche. Un poids immense s’abattit sur elle, l’écrasant de l’intérieur. Son corps céda, glissant jusqu’au sol lisse et froid de la salle de bain, le bâton fermement serré entre ses doigts.
Jusqu’à présent, toutes les pièces du puzzle s’étaient lentement assemblées. Elle aurait dû le voir venir. Elle était passée à côté… mais comment ? Comment avait-elle pu être aussi aveugle ?
Et surtout, comment cela a-t-il pu arriver ?
Techniquement, elle le savait. Mais à quel moment tout a-t-il dérapé ?
Cela faisait un moment que ses menstruations étaient irrégulières. Elle avait mis ça sur le compte de la pression, de sa carrière, ou même de cet épisode dramatique qu’elle avait vécu. Tout semblait avoir une explication logique. Jusqu’à aujourd’hui.
Quoi qu’il en soit, c’était trop tard.
Qu’allait-elle devenir ?
Qu’allaient-ils devenir ?
Ce n’était sans aucun doute une situation qui concernait aussi San. Mais comment allait-elle le lui dire… ?
Ils n’avaient encore jamais abordé ce sujet. Leur situation actuelle était déjà compliquée, et ne parlons même pas de leur carrière… Qu’allaient penser les fans ? Leurs agences ? Leurs familles ? Leurs amis ? Ils n’étaient même pas mariés. Ils étaient sans arrêt séparés. Elle ne pouvait pas élever un enfant seule.
Le statut du groupe commençait tout juste à monter en popularité.
Elle ne pouvait ruiner un tel accomplissement mérité.
Mais... elle devait le lui dire.
Les jours passèrent, sa pause prit fin et ses activités reprirent petit à petit leur cours.
Malgré la complexité de sa situation, elle parvenait, jusqu’à présent, à ne rien laisser paraître. À l’extérieur, tout semblait normal. Elle souriait, parlait, agissait comme si de rien n’était.
Tout le monde pensait qu’elle allait bien..
Aujourd’hui, son groupe se produisait à Inkigayo, une émission diffusée sur SBS, la célèbre chaîne musicale sud-coréenne, pour promouvoir leur dernier album avec leur chanson "Velvet Sin", qui parle d’un amour interdit.
La performance se déroula bien pour un retour de Myst6. Les cris du public lui faisaient presque oublier sa triste situation. À certains moments, de vrais sourires s’affichaient sur ses lèvres.
À la toute fin, une remise de prix eut lieu.
Plusieurs groupes ayant fait leur retour récemment étaient présents. Au plus grand malheur d’Halisa, ATEEZ faisait également partie des invités.
Ce qui signifiait que San était lui aussi là.
À cette pensée, son cœur s'emballe, battant la chamade.
Non pas d’excitation.
Non pas d’amour.
Mais de peur.
Elle avait l'impression que quiconque autour pouvait l'entendre.
Comment était-elle censée l’affronter alors que cela faisait deux mois qu’elle n’avait donné aucun signe de vie à qui que ce soit ?
Une boule se formait dans son ventre, l’empêchant de se concentrer sur quoi que ce soit. Elle n’avait même pas remarqué la présence de San, à quelques mètres d’elle malgré sa carrure imposante. Pourtant, lui, si. Il lui jeta quelques coups d’œil, ne prêtant, lui aussi, plus attention au reste.
Mais leurs regards finirent par se croiser.
Ils se fixèrent, comme si plus rien d’autre n’existait autour d’eux. À cet instant, il n’y avait plus qu’eux sur scène, les autres groupes avaient disparu de leur imagination. Ce contact semblait ne jamais devoir se terminer ; tant d’émotions émanaient d’eux qu’on aurait pu jurer qu’ils se parlaient par télépathie.
Mais cette sorte de transe fut finalement coupée par un Wooyoung rayonnant qui secouait légèrement l’épaule de San, l’entraînant vers l’avant, brisant ainsi leur échange silencieux.
Ils furent, malgré eux, séparés sous les lumières colorées et les acclamations.
Halisa dut quitter la scène pour aller se changer avec son groupe, laissant les heureux gagnants chanter une dernière fois. Au fond d'elle, elle était contente qu'il ait gagné. Il le méritait...
Un sentiment de soulagement l’envahit, mais il ne fut que passager.
Cette victoire repoussait leur échange verbal, mais elle savait que cela ne ferait qu’aggraver l’impact de la bombe qui l’attendait.
Le couloir était silencieux, personne n'était aux alentours laissant Halisa, seule face à ses pensées, alors qu’elle croyait être seule une main vint soudainement agripper la sienne, coupant sa marche fatiguée et lente.
Elle se retourna, hésitante, sachant déjà qui était le propriétaire de cette main, de ce toucher... Une seule personne pouvait en être l'auteur.
L’homme qui occupait sans relâche son esprit se tenait devant elle, son regard, amoureux. Ce regard qu'elle redoutait tant.
Un instant qui parut de nouveau une éternité s’écoula, plongé dans un silence écrasant. Aucun mot ne fut échangé. Seuls les échos lointains des festivités brisent l’atmosphère pesante.
Finalement, ce fut Halisa qui rompit le silence.
— "Félicitations, San..."
Son regard tentait, en vain, de fuir le sien. Maintenant face à lui, elle se sentait intimidée, et son corps tremblait faiblement. La carrure de l'homme la surplombait de toutes les manières
— "Halisa, j'ai cru ne jamais te revoir.."
Pour la première fois depuis longtemps, sa voix rassurante, légèrement rauque, atteignit ses oreilles.
Visiblement, cela la détendit un peu, mais en aucun cas elle ne croisa son regard.
Jusqu’à ce qu’une emprise délicate sur son menton l’oblige à lever la tête pour enfin rencontrer le sien.
Les sourcils de San étaient légèrement froncés.
La revoir ainsi, tentant de l’ignorer après deux mois d’absence et une inquiétude dévorante, fit naître en lui un sentiment qu’il n’avait jamais pensé ressentir. Ce n’était pas aussi douloureux que leurs derniers mots échangés, mais c’était
suffisamment puissant pour lui faire mal.
Pendant son absence, il s’était posé d’innombrables questions.
Allait-il la revoir un jour ?
Était-elle seulement encore en vie ?
Et maintenant, elle était là, devant lui.
Son teint pâle, ses yeux cernés, fatigués par le trop-plein d’émotions et le manque de sommeil… Tout en elle ne faisait qu’accroître son inquiétude. Quelque chose la rongeait.
Mais malgré son regard intense scrutant ses traits délicats pour la énième fois, cherchant désespérément une réponse, il n’y parvenait pas.
Dans ses yeux vitreux, il ne voyait rien d’autre que son propre reflet.
— "Sannie... Je dois te parler de quelque chose..."
La main, autrefois posée sur son menton, vint délicatement épouser sa joue, comme pour tenter d’atténuer ne serait-ce qu’une miette de chagrin.
Sous ce contact chaud et rassurant, sa joue fondit légèrement, et dans un geste, sa propre main vint recouvrir la sienne.
Le temps était figé.
Jusqu’à ce qu’une voix grave résonne dans le couloir, brisant ce fragile moment suspendu.
C’était Mingi. Il était à la recherche de son ami.
La mâchoire de l’homme au regard félin se serra légèrement, trahissant son hésitation.
Un court silence s’installa.Puis, dans un geste à peine perceptible, sa douce Juliette hocha lentement la tête, un signe d’approbation silencieux.
Elle lui donnait la permission de partir.
À contrecœur, il se retira.
La soirée continua, mais Halisa ne trouva pas le sommeil.
Une fois de plus.
Allongée dans l’obscurité de sa chambre, elle repensa à sa rencontre avec San. Elle avait été tellement submergée par l’émotion qu’elle n’avait même pas réussi à lui en parler.
Le temps pressait.
Elle se sentait si seule pour traverser cette épreuve. Les membres de son groupe étaient comme des sœurs pour elle, mais elle n’arrivait pas à leur dire ce qui la tracassait.
Et si... Elles la jugeaient ? Leur relation serait-elle différente ? La dénonceraient-elles au personnel ?
Sous le poids de ses questions incessantes et après quelques roulades sur les draps doux, ses yeux finirent par se fermer, à son plus grand soulagement.
Le lendemain, un grand soleil illuminait le ciel, comme pour l’encourager à affronter une nouvelle journée. Celle-ci s’annonça d’ailleurs éprouvante.
Son entraînement lui semblait étrangement plus fatiguant que d’habitude. Était-ce dû à son inactivité récente ou à sa nouvelle condition physique ? Elle n’en savait rien.
À cela s’ajoutait son esprit tourmenté.
Son regard ne cessait de dériver vers son téléphone, fixant la page de contact de San.
Un long soupir s’échappa de ses lèvres, attirant les regards inquiets et curieux de ses amies.
Après leur rupture, elle l'avait retirée de partout. Pourquoi ? Elle pensait qu'elle réussirait à tourner la page mais ce ne fut pas le cas.
D’un geste hésitant, elle tapota l’écran, concentrée. Oh mon dieu… Elle jurait vouloir balancer son téléphone à l’autre bout de la pièce. Cela faisait la dixième fois qu’elle recommençait son message, incapable de décider ce qu’elle voulait vraiment lui dire.
Après une longue inspiration, son doigt trembla légèrement avant de se poser sur le bouton « Envoyer ».
+82 ** **** ****
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Vendredi ** mai
San, c'est Halisa :) Retrouvons nous, au parc à 20h ? Je pense que nous devrions parler rapidement...
Vu. 17:46
Salut Halisa, d'accord, je ferai mon possible pour être à l'heure. Je pense aussi...
17:59
Au diable son agence, personne ne l'empêchera de le revoir.
Son entraînement se déroula comme prévu : fatiguant et interminable. Pire encore, il dure plus longtemps que d’habitude, au grand désarroi d’Halisa.
A la hate, elle enfila des vêtements propres et confortables, un long haut blanc ample et un jogging large bleu foncé.
Puis, elle prit la direction du parc à un rythme effréné.
Quelle ironie.
Ce lieu avait été le témoin de leur histoire, de leurs débuts, et finalement, de leur rupture.
Aujourd’hui, il s’apprêtait à être une fois de plus le témoin d'une nouvelle révélation.
En marchant, les pétales de cerisiers parsemaient le sol, apportant une touche de douceur à cette journée pesante. Le soleil se couchait, éclairant vaguement le chemin face à elle.
Mais plus elle approchait du parc, plus l'angoisse, qu’elle avait momentanément oubliée, refit surface.
Une pression désagréable noua son estomac, elle crut que dans quelques minutes, elle allait vomir.
Au loin, une silhouette familière rentrait dans le champ de vision de Halisa.
Adossé à un arbre, il l’attendait sagement, malgré son léger retard, vêtu d'un simple haut noir qui paraissait drôlement serré à cause de sa masse musculaire et d'un jogging gris. Sur sa tête, une casquette noire le rendait mystérieux.
Son regard, jusqu’alors rivé sur son téléphone, se leva au son des pas précipités et du souffle irrégulier de la jeune femme.
Dans ses yeux brillait une lueur, semblable à celle d’un chat ayant retrouvé son compagnon après une longue absence.
— "Mon entraînement a duré plus longtemps… J’ai fait mon possible pour être à l’heure—" dit-elle, essoufflée.
— "C’est bon, ce n’est pas comme si tu étais en retard d’une heure. Ne t’en fais pas."
Un sourire, faible mais sincère et rassurant, effleura ses lèvres. Cela faisait seulement quelques minutes qu'il était là mais cet homme était beaucoup trop gentil pour le dire.
Lui aussi ressentait quelque chose d’étrange.
Se retrouver ici, après tout ce qu’ils avaient traversé, lui semblait à la fois familier et douloureusement irréel, redoutant meme de ce que la jeune femme allait lui dire.
Halisa serra la bandoulière de son sac, incapable de trouver les bons mots.
Seule une brise légère vient effleurer sa peau, provoquant un faible frisson. Comme des bras invisibles la poussant doucement vers lui, l’incitant à parler.
— "Alors... je.. je ne sais vraiment pas comment t'annoncer ça.."
Sa petite voix tremblotante trahissait sa fragilité.
Ce n’était pas un sujet facile à aborder.
Et si… il partait définitivement ?
Certes, ils n’étaient plus ensemble. Enfin… techniquement.
Mais et si ces mots étaient les ciseaux qui allaient trancher le dernier fil les reliant encore l’un à l’autre ?
Son cœur se serra.
Après cette annonce, plus rien ne sera comme avant.
Mais... elle devait le faire, pour le bien des deux.
— "Je suis enceinte, San."
Le silence autrefois paisible devint assourdissant. Les mots résonnaient dans le petit parc vide.
Jusqu’à présent, aucune larme ne menaçait de couler.
Mais ces simples mots suffirent à en faire naître une.
Puis une autre.
Puis encore une.
Aucun mot ne fut échangé.
San était là, figée devant elle, les yeux écarquillés, visiblement sous le choc.
Après tout, qui ne le serait pas ?
Ses bras, autrefois croisés contre son torse, se détendirent, retombant le long de son corps.
Il n’en revenait pas.
C’était comme si, pendant un court instant sa vision s'était brouiller, le monde entier s’était arrêté.
Un tourbillon d’émotions s'entrechoquent en lui.
Que devait-il ressentir ?
Que devait-il dire ?
Peut-être avait-il mal entendu ?
— "H... Hein ?"
Halisa hocha difficilement la tête.
Ce serait mentir de dire qu'elle ne fut pas blessée par sa réaction. Mais elle s’attendait à ce qu’il se fâche. Elle s’était préparée à recevoir une quelconque agressivité, à le voir la repousser violemment, à entendre des mots qu’elle redoutait.
Mais... rien.
Juste le chant des oiseaux, indifférents de ce qu'il venait de se passer, qui dans un autre scénario aurait apaisé quelconque atmosphère.
À la place, une étreinte hésitante, empreinte d’une maladresse délicate, vint l’entourer.
À quoi s’attendait-elle réellement ?
Même elle ne le savait pas.
Elle était tout aussi perdue que sa moitié.
— "Pardonne-moi... Je suis si désolée..."
Une seconde, deux secondes... puis une avalanche de sanglots incontrôlables et silencieux déferla, trempant le tissu du t-shirt de San.
Au-dessus d’elle, elle pouvait sentir sa mâchoire se serrer puis se relâcher, comme s’il cherchait ses mots. Compréhensible.
— "De... Combien de mois ?" demanda-t-il, la voix tremblante, sur le moment c'était la seule chose qui lui venait à l'esprit même si cela était maladroit.
— "Je... Je n’en sais rien... Je ne l’ai su qu’il y a deux jours... Je n'ai pas eu le courage..."
Les sanglots lui coupaient presque la voix, rendant ses phrases saccadées, brisées par l’émotion.
Sa prise se resserra autour d’elle. Son visage s’enfouit un peu plus dans ses cheveux foncés, cachant son expression.
Mais Halisa pouvait facilement deviner.
Maintenant il partageait le même choque qu’elle.
Il hocha faiblement la tête.
— "Qui est au courant...?"
— "Seulement toi..."
Un silence s’installa.
Puis, d’une voix posée, presque murmurée :
— "C'est mieux comme ça... Attendons de savoir quoi faire avant d’en parler à qui que ce soit..."
Un simple hochement de tête confirma ses dires.
La nuit était déjà tombée depuis un moment.
Les lumières tamisées des lampadaires étaient leur seul repère dans cette nuit printanière.
L’annonce, chargée d’émotions, avait refroidi l’atmosphère, les poussant à rentrer.
Sans un mot de plus, ils prirent le chemin du domicile le plus proche, plongés dans leurs pensées.
Sous la couverture chaude et propre, imprégnée d’une douce odeur de lessive, Halisa était blottie contre San.
De lents mouvements sur son bras tentaient de l’apaiser, de l’aider à trouver le sommeil, bien que l’auteur de ces gestes lui-même en soit incapable.
Les yeux rivés sur le plafond plongé dans l’obscurité, San réfléchissait, perdu dans un flot incessant de pensées. Les mêmes que celles de Halisa quelques nuits auparavant.
Que devaient-ils faire maintenant ?
Était-il prêt à s'occuper d'un enfant ?
Le fait d'être peut-être bientôt père, d'avoir créé une vie, suffisait à lui réchauffer le cœur mais ne cessait de l'angoisser. Ce n'était pas le moment pour ça...
Un étrange sentiment envahissait son esprit, un mélange de joie et d’angoisse. Il avait du mal à réaliser pleinement ce qui se passait.
Mais une question lui vint... et son groupe ?
Il était prêt à assumer les conséquences de ses actes, mais comment l'annoncer à son entourage...?
Le réveil piqua légèrement. Halisa avait les yeux gonflés par les nombreuses larmes versées la veille. Elle dormait encore, blottie contre la couverture, tandis que San, lui, était réveillé depuis un moment déjà. Il avait peu dormi, trop absorbé par ses pensées.
Une heure plus tard, Halisa se réveilla enfin, mais une nausée bien trop familière la prit. Forcée de courir vers les toilettes, elle laissa derrière elle un San perplexe dans la cuisine qui faisait le petit déjeuner.
Au bruit sourd du vomissement, il la suivit instinctivement. Comme le gentleman qu’il était, il attrapa ses cheveux en une queue de cheval pour les dégager de son visage, ses doigts effleurant doucement son dos chaud alors qu’elle était penchée au-dessus de la cuvette.
Cela dura quelques minutes. Les deux adultes se retrouvaient ensuite dans la cuisine. San avait déjà préparé un bon petit déjeuner pour la femme qui en avait tant besoin. C'était son préféré dans ses souvenirs : un bol de framboises et du pain grillé. Il avait même fait une petite soupe chaude pour la réchauffer.
Halisa accepta avec un faible sourire aux lèvres. Ce geste lui avait manqué.
L’appartement était silencieux.
En buvant sa tasse, les yeux de San se dirigeaient sur Halisa, regardant de près sa silhouette.
Elle était habillée d'un t-shirt accrochant légèrement ses courbes et d'un short, probablement à lui, qui faisait office de pyjama. Son regard s'arrêta brièvement sur son ventre, légèrement apparent.
Halisa n'avait même pas remarqué son regard qui la relookait de la tête aux pieds. Comment n'avait-elle pas remarqué les changements dans son corps ? Son ventre était légèrement rond, rien de très choquant, mais assez pour se demander si elle avait des ballonnements.
Ce regard de prédateur que San lui jetait finit par lui provoquer un frisson qu'elle chassa rapidement.
— "Tu as... dormis ?" dit-elle d'une voix timide et douce.
En sirotant sa tasse, il hocha la tête un petit sourire aux lèvres.
— "Pas beaucoup mais ce n'est pas grave... Tu avais l'air de bien dormir."
Elle laissa échapper un faible et silencieux rire. C'est vrai qu'elle avait drôlement bien dormi. Quand était la dernière fois qu'elle a eu le droit à ça ?
Un silence suivit, plus confortable que les autres, mais San semblait vouloir dire quelque chose, son silence était le signe qu'il cherchait ses mots.
— "J'y ai réfléchi, hier... Je serais prêt à accepter n'importe quel choix."
Sa voix était douce, profondément sincère. Son regard s'était lui aussi adouci, reflétant une grande compréhension. Il y avait longuement réfléchi la veille.
Halisa hésita et croisa son regard en reposant sa tasse.
— "San, je ne veux pas... entraver tes rêves. Tu es occupé, tu n'ai pas souvent la. Mon agence me virera sans aucun doute dès qu'ils le sauront, je me retrouverais sans travail... Je ne pourrais pas y arriver seule... Si nous le pouvons, je déciderai probablement de..."
Elle s'arrêta, refusant d'employer ce mot. D'ordinaire, cela ne l'aurait pas dérangée, mais maintenant qu'elle était face à cette réalité et cette situation, elle réalisait le poids qu'il portait.
— "Halisa... Si tu décides de le garder, je ne te laisserai pas gérer ça toute seule. Je serai prêt à être là, malgré mon travail, je te le promets... Tout ce qui compte, c'est... toi. Réfléchis-y."
San s'approcha d'elle et caressa doucement sa joue du bout des doigts, un regard rassurant dans les yeux. Son ton était rempli d'un faible espoir. La brunette, visiblement touchée par ses paroles, détourna le regard, ses yeux maintenant recouverts d’un voile.
Apres cette conversation profonde l'homme debarassa la table sous le regard tendre et perdu de la femme.
Les rayons du soleil traversaient la grande fenêtre du salon, inondant la pièce d'une lumière douce et chaleureuse. À travers l’ouverture, on pouvait entendre le gazouillis lointain des oiseaux et le son faible du trafic.
— "Tu devrais prendre rendez-vous cette après-midi. Je dirais aux garcons que je suis malade."
Halisa haussa un sourcil, le regardant amusé.
— "Au printemps ?"
— "Oui, ils ne m'en voudront pas de toute façon."
Un doux rire s’échappa de leurs lèvres.
Son regard se posa alors sur le dos proéminent de San, occupé à faire la vaisselle. Sans hésiter, elle s'approcha et l'enlaça doucement par derrière, posant sa tête contre ses omoplates. Ses yeux fixaient le paysage extérieur, puis, dans un faible murmure, elle souffla reconnaissante :
— "Merci, San.."
Il ne se retourna pas, mais sourit, appréciant cette étreinte silencieusement.
Après avoir pris rendez-vous, le reste de la matinée passa rapidement aux yeux de Halisa. Elle était un peu angoissée, ne sachant pas ce qui allait lui être révélé. San était parti faire une course juste avant, prévoyant de la rejoindre là-bas.
Sur le chemin, elle s'était pincée plusieurs fois, espérant que tout cela n'était qu'un rêve. Emmitouflée dans son sweat à capuche, elle resta silencieuse pendant tout le trajet, déjà nerveuse à l'idée qu'une quelconque personne puisse les reconnaître. Elle prit une porte arrière, réservée aux personnes ayant une image à protéger, puis fut rapidement rejointe par San.
L'attente fut courte, il n'y avait pas grand monde dans la salle d'attente. Ils furent rapidement conduits dans le bureau du médecin et parlèrent ainsi de leur situation. Elle ressentait une gêne à partager son secret. San, lui, était également angoissé, mais il gardait la tête haute, ne laissant rien transparaître... enfin, jusqu'à ce moment-là. L'échographie.
Son genou rebondissait sans répit, son regard suivant l'écran noir et l'instrument qui se déplaçait de droite à gauche, horizontalement, verticalement. Il déglutit doucement, serrant discrètement la main de la jeune femme. Puis, une tache blanche apparut. Petit à petit, une masse se forme sur l'écran. Halisa se figea, serrant instinctivement la main de San, qui, lui aussi, était figé. Un sentiment étrange envahit son corps. C’était comme si sa poitrine lui faisait mal, une sensation chaude emplissait celle-ci. Était-ce vraiment l’être qu’ils avaient créé ? Il était si... petit.
— " Eh bien, rien de très sérieux à signaler. Il a l'air en bonne santé pour son âge. Vous êtes à environ 18 semaines, ce qui est l'équivalent de 4 mois et 2 semaines. Dans ces circonstances, l'avortement reste toujours envisageable, mais il est peu conseillé."
Le médecin avait déjà vu plusieurs femmes dans des situations similaires à celle de Halisa. Il n’était ni choqué ni surpris, et comprenait que la situation était complexe.
Un regard entre les deux amants fut échangé. Quatre mois… Si longtemps ?
— "Voulez vous savoir le genre ?"
Les mots étaient bloqués dans la gorge de Halisa, refusant de sortir. San, voyant son hésitation, décide de prendre la parole pour elle, murmurant un " Oui " tremblant, bien qu’il soit encore sonné par cette nouvelle.
Le médecin hocha la tête, ajustant légèrement l’instrument qu’il tenait. Une fois qu’il sembla avoir trouvé ce qu’il cherchait, il montra l'écran du doigt.
— "C’est une petite fille. "
Un silence suivit cette réponse. Leurs yeux se remplissent de larmes à cette nouvelle. Surtout San. Jusqu’à présent, il n’avait laissé échapper aucune larme, gardant la tête haute, mais ce fut la goutte de trop, et le vase déborda. Le fait de savoir que c’était une petite fille l’émut profondément lui dérobant un sourire si bête. Halisa avait une main sur sa bouche, tentant de retenir ses sanglots audibles, elle croyait pouvoir arrêter cette grossesse mais savoir ces informations lui fit prendre conscience que ce n'était pas si facile.
— "Savez-vous ce que vous allez choisir ? Je peux vous laisser du temps pour réfléchir, mais cela augmentera les risques de..."
— "Je... je la garde..."
Halisa s’exprima pour la première fois. Elle avait rapidement changé d’avis, mais il n’était plus envisageable d’avorter à ce stade de grossesse. Pas après avoir vu San sourire si bêtement en voyant l'écran.
Les yeux de San s'illuminèrent, s'autorisent enfin à pleurer en se blottissant contre la brunette qui lui rend son étreinte.
Le médecin hocha la tête en ayant l'ombre d'un sourire puis rangea son matériel, les laissant seuls un instant avant de leur donner rendez-vous dans le bureau pour conclure et programmer un futur rendez-vous.
Les deux amoureux rentrèrent. Sur le chemin du retour, la tension avait fortement diminué, laissant place à quelque chose de confortable. Ils respiraient enfin et étaient comme sur un petit nuage, oubliant presque les lourdes responsabilités que cela engendrait.
Un nouveau chapitre commençait.
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Hello !!
Hello everyone!! I'm new to Tumblr from France. I've always been a spectator and never bothered to do more. :')
Not long ago, I started writing an X OC/Reader fanfiction! I thought it would be fun to share it, but I'm a little hesitant to post it because it's entirely in French, and my English is quite limited, lol… I'm afraid that if I post it in French, no one will read it, lol. I'm also a little shy because until now, I've never shared my writing with strangers…
Anyway, it was just to share my first post on Tumblr for the first time in my life. xD I need to know how it works now.
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